76 TRAITE’ DU SUBLIME.
dans l’ame de l’Auditeur, qui croit que tout ce discoursva tomber, & Tinteresse malgré luy dans le péril où ilpense voir sOrateur. Puis tout d’un coup, Sc lors qu'onne s’y attendoit plus, disant à propos ce qu’il y avoit silong-temps qu on cherçhoit ; par cette transpositionégalement hardie & dangereuse, il touche bien davan-tage que s il eust gardé un ordre dans ses paroles. II y atant d’exemples de çe que je dis, que je me diípenserayd'en rapporter,
CHAPITRE XIX.
Du changement de Nombre ,
I L n en faut pas moins dire de ce qu’on appelle Diver-sités de cas , Collections , Renversement > Gradations,Sc de toutes ces autres Figures, qui estant, comme Voussçavez , extremçment fortes Sc vehementes , peuventbeaucoup servir par conséquent à orner le discours ,Sc contribuent en toutes maniérés au Grand Sc au Pa-thétique. Que diray-je des changemens de cas, de temps,
R E M A R gJV E S.
( i ) Auffi - tôt m grand peuple > C nc. ]Quoi qu’en veuille dire AI. le Févre , il y aici deux Vers; 8c la Remarque de Langbaineest fort juste. Car je ne voi pas pourquoi enmettant àuvoy, il est absplumçnt néceílàirede mettre xci/. Boileau.
Ibid, Aujj.-tot un grand peuple accourantJítr le port. ] Voici le passage Grec : ccutíkaAetò? àtreípicV àvvav %cr iìóyíiriri S'tÏTátf.iVoixîXáSna-Aï. Langbaine corrige Sîà poúr
Svvw , 5c il fait une 6n de vers avec un versentier :
—- cuniKtt, Xalií ccTiîpav
Buvoì W ' mvírirt Siicáfavoi x.sxáí'ii^etf.
Mais M. le Févre soutient que c’est de laprose 3 qu’il n’y saut rien changer ; Sc que fil’on mettoit àvyov , il saudroit auffi ajouterun Kitj} k q J'iicá/ji.îìiot. M. Despréaux se dé-termine sur cela, Sc il luit la remarque de