TRAITE’ DU SUBLIME. 91
che à ces Traiítres. Neantmoins Aristote & Theophraste,pour excuser f audace de ces Figures, pensent qu il estbon d y apporter ces adoucissemens , pour ainsi dire; pourparler ainsi; si sosie me servir de ces termes;pour m expli-quer un peu plus hardiment . En effet, adjoustent-ils, f ex-cuse est un remede contre les hardiesses du discours ; Sc
je fuis bien de leur avis. (a) Mais je soustiens pourtanttoujours ce que j'ay desja dit, que le remede le plus na-turel contre l’abondance Sc la hardiesse - soit des Méta-phores, soit des autres Figures, c’est de ne les employerqu à propos : je veux dire, dans les grandes pallions, Scdans le Sublime. Car comme le Sublime Sc le Pathéti-que, par leur violence Sc leur impétuosité, emportentnaturellement Sc entraisnent tout avec eux ; ils deman-dent neceísairement des expressions fortes, & ne laissientpas le tems à l’Auditeur de s’amuíer à chicaner le nom-bre des Métaphores, parce qu en ce moment il est eíprisdune commune fureur avec celuy qui parle.
Et mesine pour les lieux communs Sc les descriptions,il n’y a rien quelquefois qui exprime mieux les choses ,qu une foule de Métaphores continuées. C’est par ellesque nous voyons dans Xenophon une description stpompeuse de l’edifíce du corps humain. Platon*néant- * Dans u
í Timée, pag.
REM A R QV ES. 3, i* ifi
Estienue.
propos, les pajjìons véhémentes » & le grand ,sont les plus naturels adouciffèmens du Subli-me. Longin veut dire,que pour excuser la har-diesse du diseours dans le Sublime, on n’apas besoin de ces conditions, pour ains dirt*
fi je l’ofie dire > &c. Sc qu’îl suffit que les Mé-taphores íoient fréquentes & hardies, queles figures íoient employées à propos, queles passions íoient fortes , 8c que tout enfinsoit noble Sc grand. D acier -
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