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Tome second.
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TRAITE’ DU SUBLIME. 99

ce que Demofthene a de beau , excepté pourtant dansla composition Sc l’arrangement des paroles, (i) II jointà cela les douceurs Sc les grâces de Lysias. II fçait adou-cir , où il faut, la rudesse Sc la simplicité du discours,Sc ne dit pas toutes les choies d’un mesime air , commeDemofthene. II excelle à peindre les mœurs. Son ftile a,dans fa naïveté, une certaine douceur agréable Sc fleu-rie. II y a dans ses Ouvrages un nombre infini de choiesplaisamment dites. Sa maniéré de rire Sc de fe mocquerest fine , Sc a quelque chose de noble. Il a une facilitémerveilleuse à manier f ironie. Ses railleries ne fontpoint froides ni recherchées, comme celles de ces fauximitateurs du ftile Attique , mais vives Sc pressantes. IIest adroit à éluder les objections qu on luy fait, Sc à lesrendre ridicules en les amplifiant. II a beaucoup de plai-íant Sc de comique, Sc est tout plein de jeux Sc de cer-

R E M A R QJU E S .

ar un seul endroit, celui-ci l’emportera deien loin sor le premier ; comme un Athlète?qui ne fe mêle que de la course ou de la lut-te , vient facilement à bout d’un Pentathlequi a quitté ses compagnons pour courir, oupour lutter contre lui. C’est tout ce que jepuis dire fur ce passage, qui étoit assurémenttrès-difficile , & qui n’avoit peut-être pointencore été entendu. M.leFévreavoitbienvû , que c’étoit une imitation d’un passagede Platon dans le Dialogue intitulé tfara} -mais il ne s’étoit pas donné la peine de l’ex-pliquer. Dacier.

(.1)11 joint à cela les douceurs & les grâcesde Lysias. ] Pour ne se tromper pas à ce pas-sage , il faut íçavoir qu’il y a deux sortes degrâces» les unes majestueuses Sc graves, qui

sont propres aux Poëtes : 8c les autres sim-ples , Sc semblables aux railleries de la Co-médie. Ces dernieres entrent dans la compo-sition du ftile poli, que les Rhéteurs ont ap-pelle yhaqvsov róyov ; 8c c’étoit-là les grâcesde Lysias, qui au jugement de Denys d Ha~licamasse , excelloit dans ce ftile poli ; c’estpourquoi Cicéron l’appelle VenuflìJJìmumOratorem. Voici un exemple des grâces dece charmant Orateur. En parlant un jourcontre Efchîne, qui étoit amoureux d’unevieille » H aime » dit-il, une femme , dont ilefi -plus facile de compter les dents que lesdmgts. C’est par cette raison que Démétriusa mis les grâces de Lysias dans le même rangque celles de Sophromqui faisoit des mimes.-Dacier,

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