9 8 TRAITE' DU SUBLIME.
daignait comparer tous les Ouvrages d’Ion ensemble auseul Oedipe de Sophocle ?
CHAPITRE XXVIII.
Comparaison d’Hyperìde & de Demofihene .
Q Ue st au reste l’on doit juger du mérité d’un Ou-vrage par le nombre plustost que par la qualité Scl'excellence de ses beautez ; il s’eníiiivra qu’Hyperidedoit estre entierement préféré à Demoslhene. En effet,( i ) outre qu’il est plus harmonieux, il a bien plus de par-ties d'Orateur, qu il possede presque toutes en un degrééminent ; (a) semblable à ces Athlètes , qui réussissentaux cinq sortes d’Exercices, Sc qui n estant les premiersen pas un de ces Exercices, passent en tous l’ordinaireSc le commun. En effet, il a imité Demosthene en tout
R E M A R QV E S.
(1) Outre qttìl eft plus harmonieux. ]Longin, à mon avis, n’a garde de dire d’Hy-péride qu’il possede presque toutes les par-ties d’Orateur en un degré éminent ; il ditseulement qu’il a plus de parties d’Orateurque Démosthéne; Sc que dans toutes ces par-fies M eft presque éminent'^qu’il les possede tou-tes en un degré presque éminent , Kcq a'XiíevíiTcntf©- fev or Zen, D acier.
( 2 ) Semblable à ces Athlètes. J De la ma-niéré que ce passage est traduit, Longin neplace Hypéride qu’au-dessus de l’ordinaire,& du commun : ce qui est fort éloigné de fapensée. A mon avis, M. Deípréaux & lesautres Interprètes n’ont pas bien pris ni lesens ni les paroles de ce Rhéteur, fS'ietrdjne signifie point ici des gens du vulgaire &
du commun ,comme ils ontcrS, mais des gensqui se mêlent des mêmes exercices • d’oùvient qu’Hésychius a fort bien marqué’ìJ'íá-ÔThÍTu.;. Je traduirais, Semblable à unAthlete que l on appelle Pentathle, qui véri-tablement eft vaincu par tous les autres Ath-lètes dans tous les combats qu’il entreprend ,mais qui eft au~dejsus de tous ceux qui rat-tachent comme lui à cinq sortes dl exercices.Ainsi la pensée de Longin est fort belle dedire , que si l’on doit juger du mérite par lenombre des vertus, plutôt que par leur ex-cellence , 8c que l’on commette Hypérideavec Démosthéne, comme deux Pentathles»qui combattent dans ces cinq fortes d’exer-cices, le premier fera beaucoup au-deflusde l’autre ; au lieu que si l'on juge des deux