TRAITE’ DU SUBLIME, ivz
dré d’abord en nos âmes une paíîïon invincible pour toutce qui nous paroift de plus grand & de plus divin. Auílìvoyons-nous que le monde entier ne suffit pas à la vasteestenduë de l’eíprit de l’Homme. Nos pensées vont sou-vent plus loin que les Cieux , Sc pénétrent au-delà deces bornes qui environnent Sc qui terminent touteschoses.
Et certainement st quelqu’un fait un peu de réflexioníur un Homme dont la vie n’ait rien eu dans tout soncours que de grand Sc d’illustre, il peut connoistre par-làa quoy nous sommes nez. Ainst nous n admirons pas na-turellement de petits ruisseaux , bien que seau en soitclaire & transparente, & utile mesme pour nostre usage:mais nous sommes véritablement surpris quand nousregardons le Danube, le Nil, le Rhin - Sc l’Ocean íurtout. Nous ne sommes pas fort estonnez de voir unepetite flamme, que nous avons allumée, conserver long-temps fa lumière pure : mais nous sommes frappez d'ad-miration - quand nous contemplons ces feux qui s’allu-ment quelquefois dans le Ciel, bien que pour f ordinaireils s esvanouïísent en naissant : Sc nous ne trouvons riende plus estonnant dans la Nature,que ces fournaises du
R E M A R E S.
tie fait aucun sens: 8c je croi qu'en effet Lon-gin avoir écrit ì Aovícty. Boivin.
( 2 ) Que Lyjïas efi au-deffous. ] Le juge-ment que Longin fait ici de Lysias «'accordefort bien avec ce qu’il a dit à la fin du Cha-pitre XXVI. pour faire voir que Céciliusavoit eu tort de croire que Lysias fût íâns dé-
faut ; mais il s’accorde fort bien aussi avectout ce que les Anciens ont écrit de cet Ora-teur. On n’a qu’à voir un passage remarqua-ble dans le Livre De optimo genere Orato~rum, où Cicéron parle 8c juge en même temsdes Ofateurs qu’on doit íè proposer pourmodèle, Dacier,