CRITIQUES. 175
lors quil compare lacuiíTe de Menelas blessé à de Ty voi-re teint en pourpre par une femme de Méonie Sc deCarie, &c. Cette femme de Méonie ou de Carie déplaist«1 Monsieur 1*Abbé, Sc il ne íçauroit souffrir ces fortes decomparaisons à longue queue ; mot agréable, qui est d a-bord admiré par Moniteur le Chevalier, lequel prend delà occasion de raconter quantité de jolies choses qu il distaussi à la campagne Tannée derniere à propos de ces com-paraisons à longue queue.
Ces plaisanteries estonnent un peu Monsieur le Pré-sident , qui sent bien la finesse qu il y a dans ce mot delongue queue, II fe met pourtant à la fin en devoir de ref*pondre. La chose n estoitpas fans doute fort mal-aifée ,puifqu’il n’avoit qu a dire, ce que tout homme qui fçaitles élemens de la Rhétorique auroit dit d abord : Queles comparaisons, dans les Odes Sc dans les Poèmes Epi-ques , ne font pas simplement mises pour esclaircir, Scpour orner le discours ; mais pour amuser Sc pour déc-lasser T esprit du Lecteur j en le destachant de temps entemps du principal sujet, Sc le promenant sur d’autresimages agréables à T esprit : Que c’est en cela qu a princi-palement excellé Homere, dont non seulement toutesles comparaisons, mais tous les discours font pleins d i-uiages de la nature, si vrayes Sc si variees, qu estant tous-jours le mesme,il est neantmoins tousjours diffèrent;instruisant sans cesse le Lecteur, Sc lui faisant observerdans les objets mefmes, qu il a tous les jours devant les