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Tome second.
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LETTRES. 537

Richement trahi par une ingrate qu il aime T tel que Jo-conde nous est représenté dans l’Arioste , a quelquechose de tragique , qui ne vaut rien dans un Contepour rire : au lieu que ía peinture d’un mari qui se ré-sout à souffrir discretement les plaisirs de fa Femme ?comme la dépeint M. de la Fontaine, n’a rien que deplaisant Sc dagréable, & c est le sujet ordinaire de nosComédies.

I/Arioste na pas mieux réiiíîl dans cet autre endroit,ou Joconde apprend au Roi Fabandonnement de íàfemme avec le plus laid monstre de la Cour. Il n estpas vrai-semblabié que le Roi n en témoigne rien. Quesait donc l’Arioste pour fonder cela? II dit que Joconde,avant que de découvrir ce secret au Roi, le fit jurer surle Saint Sacrement, ou sur YAgnusDeiyZt sont ses ter-mes , quil ne s en ressentiroit point. Ne voilà-t-il pasUne invention bien agréable ? Et le Saint Sacrement n’est-ìl pas là bien placé ? Il n’y a que la licence Italiennequi puiffe mettre une semblable impertinence à cou-vert, & de pareilles sottises ne se íbuffrent point en-La^dn ni en François. Mais comment est-ce que FAriostesauvera toutes les autres absurdités qui s’eníuivent delaî Où est-ce que Joconde trouve fi viste une Hostiesacrée pour faire jurer le Roi ? Et quelle apparenceSU un Roi s’engage ainfi légèrement à unfimple Gen-tilhomme, par un serment fi exécrable? Avouons queà de la Fontaine s’est bien plus sagement tiré de cepas-;

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