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ce qui a meilleure grâce que de dire: que la Lumière soit faite; dr la Lumièrefut faite ; car à lire ces dernieres paroles , on diroit que Dieu commandaà quelque autre Etre de faire la Lumière, & que cet autre Etre la fit»Ce qui a fait traduire ainsi, c’est la Vulgate qui a mis : Fiat lux dr lu*fiel a ef , par ce qu’elle fuivoit le Grec, qui dit ytvifheù cp J 'ç , ^ \ybvm *& qu’elle traduit ordinairement ymabeu par fieri ; au lieu que ce verbesignifie souvent simplement être. Si la Vulgate a fait commettre cette fauteLux Traducteurs Catholiques de la Bible ; les Traducteurs de Longin n’ydévoient pas tomber, comme ils ont fait, en Latin & en François. Maisce n’est pas fur quoi roule la dispute de M 1S Huet , & Despréaux. Le pre-mier continue ainsi.
« Dès la premiere lecture que je fis de Longin , je fus choqué de cette„ remarque, & il ne me parut pas, que le passage de Moïse fût bien choisi,« pour un exemple du Sublime. II me souvient qu’étant un jour chezî» vous , Monseigneur, long-tems avant que j’euífe ['honneur d’être chez» Monseigneur le Daufin , je vous dis mon sentiment sur cette observa-» tion , & quoique la Compagnie fût assez grande, il ne s’en trouva qu'un,> seul, qui fût d’un avis contraire. Depuis cetems-là, je me fuis trouve» obligé de rendre public ce sentiment, dans le Livre que j'ai fait, pour„ prouver la vérité de notre Religion ; Car aïant entrepris le dénombre-p ment des Auteurs profanes, qui ont rendu témoignage à l’Antiquité des93 Livres de Moïse, je trouvai Longin parmi eux, & par ce qu’il ne rap'-> portoit ce qu’il dit de lui, que fur la foi d’autrui, je me sentis oblig ep de tenir compte au public de cette conjecture, & de lui en dire la prin*p cipale raison ; qui est, que s’il avoit vû ce qui fuit & ce qui précédé I e» passage de Moïse , qu’il allègue, il auroit bien-tôt reconnu qu’il n’a rïest* Demnstr. » de sublime. Voici mes paroles : * Longin Prince des Critiques dans l’e**fîfiJv.c™'” C£ ll enî Livre qu’il a fait touchant le Sublime, donne un très-bel Eloge dù.51, ' » Moise far il dit qu’il a connu & exprimé la puissance de Dieu selon fa di'
» gnité,aïant écrit au commencement de fesLoix,que Dieu dit que làLumie-3> re soit faite,& ellefut faite;que la Terre soit faite,& elle fut ïaitc. N éanmoins,) ce que Longin rapporte ici de Moïse somme une expression sublime dr figurée 1p me semble trèsfimple. Il efi vrai que Moïse rapporte une chose , qui efigran-» de ; mais il /’ exprime d’une fa ço n qui ne l’est nullement. C 3 efi ce qui me f c f93 fuade que Longin n'avoit pas pris ces paroles dans 1 ‘ Original; car s’il eut,33 puisé à la source , dr qu il eàtcà les Livres mêmes de Moïse , il eût trouve33 par tout une grande simplicité , dr je -croi que Moïse l’a afieâèe , d cause de33 la dignité de la matière ) quife fait affez^ sentir 0 étant rapporte’e nuement ,
3> fans avoir besoin dé être relevée par des ornemens recherchés ; quoique l oïl91 connoijfe bien d’ailleurs, dr par ses Cantiques , dr par le Livre de Job ,p dont je croi qu'il efi Auteur , qu il ètoit fort entendu dans le Sublime.
« Quoique je fusse bien que M. Despréaux avoit travaillé fur Longin»
» que j'eusse même lû son Ouvrage, 8c qu’après savoir examiné soignes