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«fement, f en eusse sait le jugement qu’il mérite, je ne crus pasqu’ií eût» pris cet Auteur fous fa protection , & qu’il íè fût lié si étroitement d'inté-» rêt avec lui, que de reprendre cet Auteur ce fût lui faire une offense ;
-> non plus qu’à trois ou quatre savans Hommes ,-qui l’ont traduit avant lui.
» A Dieu ne plaise , que je voulusse épouser toutes les querelles d ’Origéne y» & prendre fait & cause pour lui, lorsqu'on le traite tous les jours d’sié-» rétique & d’idolâtre 1 Vous savez cependant, Monseigneur , que j’ai» pris des engagemens avec lui du moins aussi grands que M. Defprèaux» en a pris avec Longin. Ainsi à dire la vérité, je fus un peu surpris , lors„ qu’aïant trouvé l’autre jour fur votre table, la nouvelle édition de ses» Oeuvres, à l’ouverture du Livre, je tombai fur ces * paroles : Mais que *
3> dirons nous d*un Savant de ce Siècle y qui , éclairé des lumières de l'Evan- Longin. J-» gile , ne défipas apperfi de la beauté de cet endroits ( il parle du passage der> Moïse rapporté par Longin ) qui a osé y dis-je,, avancer dans un Livre qu' il» a f ait pour démontrer la Religion chrétienne v que Longin s’etoit trompés» lorsqu 1 il avoit cru que ces paroles étoient sublimes ? 'j’ai la fatisfaéíion a u,
» moins que des personnes , non moins considérables par leur piété , que par» leur savoir > qui nous ont donné depuis peu la Traduction du Livre de» la Genèse , n’ont pas été de l’avis de ce Savant Homme , & dans leur» Préface , entre plusieurs preuves excellentes , qu ils ont apportées T pour faire» voir que défi ÌEsprit Saint , qui a dicté ce Livre, ont allégué le passage de» Longin, pour montrer combien les Chrétiens doivent être persuadés d’une» vérité fi claire , & qidun Païen même a sentie , par les seules lumières de la» Raison. Je fus surpris, dis-je, de ce discours, Monseigneur, car nous» avons pris des routes si différentes, dans le pais des Lettres, M. Des» préaux & moi, que je ne croiois pas le rencontrer jamais dans mon,, chemin , & que je pensois être hors des atteintes de fa redoutable Cri-» tique. Je ne croiois pas non plus que tout ce qu’a dit Longin fussent» mots d’Evangile, qu’on ne pût contredire fans audace ; qu’on fût» obligé de croire comme un article de foi, que ces paroles de Moïse» sont sublimes ; & que de n’en demeurer pas d’accord , ce fût douter que» les Livres de Moïse soient l’Ouvrage du S. Esprit. Enfin je ne me serois» pas attendu à voir Longin canonizé,& moi presque excommunié,com-» me je le fuis par M. Defprèaux. Cependant, quelque bizarre que soit» cette censure, il pouvoit l'exprimer d’une maniéré moins farouche Sc» plus honnête. Pour moi, Monseigneur, je prétends vous faire voir ?
« pour ma justification, que non-seulement, il n’y a rien d'approchant» du Sublime, dans ce passage de Moïse, mais même que s’il y en avoit y» comme le veut Longin , le Sublime ferok mal emploïé , s’ïl est permis de» parier en ces termes d’un Livre Sacré.
« C’est une maxime reçue de tous ceux qui ont traité de l’Eloquence ,
» que rien ne donne plus de force au Sublime, que de lui bien choisir fa» place j & que ce n’est pas un moindre défaut d’emploïer le Sublime, là
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