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Tome second.
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P o DISSERTATION

quand elles font trop communes, & trop maniées. J’en pourrois donnermille exemples, mais il suffira d’en rapporter quelques-uns, qu’on ne peutsoupçonner d’être sublimes. Dieu dit à Moïse , dans le VIII. Chapitre del’Exode: Dites dAaron qu il étende fa verge,(fi qu'il frappe la poufjiere de laTerre , fi qu'il y ait de la vermine dans toute L'Egypte , CT ils firent ains , &Aaron étenditfa main , tenantfa verge s & frappa lapoufftere de la Terre . fiil y eut de la vermine dans les hommes fi dans les animaux. Voilà le memelangage que dans le I. Chapitre de la Genese , & ce n’est point ici lecommencement de la loi, qu t Longin a crû que Moïse avoit voulu ren-dre plus auguste par une expression sublime. Én voici une autre du Cha-pitre IX. de l’Exode, qui ne l’est pas davantage ; fi Dieu dit à Moi fi tétendes votre main vers le Ciel , afin qu'il fe fajfe de la grêle dans toutela Terre d’Egypte. Et Moïse étendit fa verge vers le Ciel , fi Dieu fit tom-ber de la grêle fur la Terre d'Egypte. Dans le XVII. Chapitre du mêmeLivre , Moïse dit à Josué : Combattez^ contre les Amalécites. Jofre fi*comme Moïse lui avoit dit , & combattit contre les Amalécites. Dans leI. Chapitre des Paralipomenes , où nous lisons que David aïant défaitles Philistins prit leurs Idoles , & les fit brûler, le Texte porte : fi Daviddit , fi elles furent brûlées dans le feu. Ceci ressemble encore mieux à duSublime, que ce qui a imposé à Longin ; & cependant tout le narré &tout le Livre des Paralipomenes font assez voir que l’Historien Sacren’a pensé à rien moins, qu’à s’expliquer, en cet endroit, par une figure*Dans l’Evangile, lors que le Centurion veut épargnera Notre Seigneurla peine de venir chez lui, pour guérir son fils : Seigneur, dit - il, sa° svous donner la peine de venir chez moi , vous n’avez qu’à dire uneparole & mon fils fera guéri ; car j’obéis à ceux qui sont au - dessus demoi, & les Soldats qui sont sous ma charge , m’obéissent, (f je dis d Fusva , fi il va} fi d F un viens , fi il vient s fi d mon valet , fais cela , &il le fait. Ce Centurion avoit-il lû les Livres des Rhéteurs &les Traitesdu Sublime, & vouloit-il faire voir à Notre Seigneur , par ce trait deRhétorique, la promptitude avec laquelle il étoit obéi; Quand S. J eanrapporte en ces termes , le miracle de la guérison del’Aveugle-né, J e fiflui dit , allez ,, laveryvous dans la Piscine de Siloé. Il s 3 y en alla & s flava} & quand l’Aveugle raconte ainsi ensuite sa guérison : il ma dit,allez^d la Piscine de Siloé fi vous y laveras fy ai ctè , je m'y fuis lave ,fi je voi s l’A veugle & l’Evangéliste usent-ils de cette expression figurée,pour faire admirer davantage lé miracle? Croient-ils qu’il ne paroitrapas assez grand, s’il n’est rehaussé par le secours du Sublime ? Est-ce danscette vûe, que le même Evangéliste rapportant la guérison du maladede trente-huit ans , s’explique ainsi : Jésus lui dit : Levez^vous y prenet^votre lit fi marchez^} A- cet homme fut aufjì-têt guéri , (fi prit fin lit Ófmarcha ì S. Matthieu prétend-il orner le récit de fa vocation , quand idit parlant desoi-même : Jésus lui dit , Suivez^moi >• (fi lui s 3 étant leve I e