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Tome second.
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D E M. L E C LE R C. Slt

grandes choses en termes simples, & l’on reconnoît que Moïse J’a fait ;mais il s’agic de savoir si Moïse a eu dessein d’exprimer d’une maniérésublime, la création de la Lumière, en parlant de la sorte , & on lui asoutenu que non ; par ce que toute la suite du discours est tournée de la ma-niéré du monde la moins sublime, comme tout le reste de la narration deMoïse. Qu’on lise de sens froid quelque peu de Chapitres de ce Prophète,

& l’on s’en convaincra. II est donc inutile de chercher des exemples, oùdes choses sublimes soient dites en termes simples.

M. Defpréaux demande ensuite à M. Huet , car enfin ce sont ses paro-les , qu'il censure, & non les miennes, s'il cslpoffible, qu’avec tout le sa-voir qu'il a , il soit encore k apprendre ce que n’ignore pas le moindre Ap-prentis Rhêtoricien , que pour bien juger du Beau , du Sublime , du Merveil-leux , il ne faut pas simplement regarder la chose que l’on dit, mais la per-sonne qui la dit , la maniéré dont on la dit , & l y occasion où on la dit.

Cette demande est ridicule, parce que M. Huet a remarqué presque toutcela dans fa Lettre, & que j’ai réfuté le préjugé populaire tiré de la per- * c;-dessussonne qui parle, * pag. 2.2,2. A- suiv. Le reste de la déclamation de M. Des- pag. 4 8 j. &préaux n’a pas besoin d’être réfuté ; il ne faut que prier le Lecteur, qui en- 4Só *tend l’Hébreu , ou qui est au moins un peu versé dans le stile de l’Ecri-ture Sainte, & qui fait ce que les Rhéteurs nomment Sublime , de lire denouveau les deux ou trois premiers Chapitres de la Genese , 8 c de dire enconscience, s’il en trouve le stile sublime. Pour bien juger de cela, il fautavoir lû avec soin l’Ecriture Sainte , en elle-même, & savoir méditée ;comme l’on fait toutes sortes d’Auteurs que l’on veut bien entendre ; &non, comme notre Poète semble l’avoir fait, n’y jetter les yeux que paroccasion ou en passant.

M. Huet avoit assuré, * page 247. que tout homme, qui saura rapporter .* ci-dessusquelque chose de grand, tel qu’il est, sans en rien dérober à la connois-^8- 4Sz- &sance de l’Auditeur, & sans y mettre du sien, quelque grossier & quel-que ignorant qu’il soit d’ailleurs ; il pourra être estimé, avec justice, vé-ritablement sublime dans son discours, non pas de ce Sublime enseignépar Longin. Notre Poète Satirique feint de ne pas entendre ce qu’il veutdire, par le Sublime de Longin s quoique son Adversaire l’explique assezclairement,dans la fuite, d’un Sublime qui dépend de l’art & qui est re-cherché par celui qui parle. Tel est le Sublime des Cantiques, mais il n’yen a point de semblable dans la Genese, ni dans la narration des LivresHistoriques. Il feint encore de croire que M. Huet a voulu dire que lesgrandes choses , pour être mises en œuvre dans un Discours , n’ont besoind'aucun génie , ni d’aucune adresse s ce qui n’est pas véritable de tout unDiscours, fur-tout s’il est un peu long; mais qui est très - vrai d’une pé-riode ou deux, où la grandeur de la chose se trouvera soutenue par desexpressions nobles ; quoique celui qui parle, ne les ait point recherchées.

Notre Poète décíamateur continue à montrer qu’un homme grossier ne