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Tome second.
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íii R E M A R Q.U E S

sauroit faire un discours d’un Sublime soutenu, & ménagé avec art ; ceque personne ne lui nie. II prétend ensuit q que l 3 Esprit de Dieu a misdansTOuvrage de Moïse, quoique le Prophète n’y ait f oint sensé , toutes lesgrandes figures de l 3 Art Oratoire , avec d’autant plus d 3 art qu 3 on ne s’apper-çoit point qu’il y ait aucun art. II semble qu’il parle de Moïse par oui dire,& sur la toi de quelque Prédicateur, ou de quelque Auteur semblable -lans savoir jamais lû. L’Esprit de Dieu n’y a point employé d’art, ni sen-sible ni caché, mais seulement de la naïveté & de la simplicité,qui doi-vent être les compagnes du Vrai 5 quand il s’agit de veritez sérieuses &importantes. C’eít par les choses & non par les mots & Parriíke de ladiction , qu’il a voulu gagner les Esprits.

11 n’y a ensuite que des répétitions de son sentiment, que M. Huct atrès-bien réfuté. Après tout, ce savant homme convenant aufsi-bien quemoi, avec M. Defipréaux, de la sublimité de la chose ; il étoit ridicule dele chicaner sur la division qu’il fait de quatre sortes de Sublimes, & furtout íur celui de la pensée ; par où il semble qu’il a voulu dire une penséerecherchée, & qui ne tombe pas d’eHe-même dans l’esprir. En effet, l’Es-prit de Dieu , ni Moïse n’ont pas voulu parler ici, comme un Rhéteur quiauroit cherché la maniéré la plus noble d’exprimer la Création ; mais feu-lement dire naïvement, selon l’usage des Hébreux,que j’ai prouvé pardes exemples dans mon Commentaire, que Dieu a créé tout, par fa vo-lonté - , car vouloir & dire font très-souvent la même chose dans la LangueHébraïque. Si Moïse avoir dit: Dieu voulut que la Lumière fust,et elle fut , la sublimité de la chose feroit trouver ce discours sublime yquoique celui qui s’en feroit servi, n’eût point pensé à parler d’une ma-niéré sublime, & il feroit plus clair que de dire que Dieu dit , &c.

M. De[préaux me querelle après cela moi-même d’une maniéré affeZ* Cï-dessus; grossière, selon sa coutume, de ce que j’ai dit page 255 # & fuiv. desp. 496. vains efforts que les hommes font pour parler de Dieu d’une maniéré su-blime ; parce qu’après tout nous ne faisons que bégaïer là-deffus. Cepen-dant il convient de la vérité de ce que je dis, & il ne saisie pas de soute-nir que les expressions des hommes font sublimes , selon la portée dés hom-mes. Je ne le nie point, mais je dis que l’on doit s’en souvenir & ne pass’écrier fur la beauté des expressions, & dire avec Longin , qui n’avoitqu’une mauvaise idée de Dieu , que les hommes expriment la puifiance &la grandeur de Dieu , dans toute fa dignité. Ce que j’ai dit là-deffus ne setrouvant pas du goût d’une imagination Poétique, qui pour l’ordinairese païe de mots, & ne pénétre point les choses, a paru à notre Poète duverbiage s je ne m’en étonne point, il falloir avoir plus de Philosophie &de Théologie qu’il n’en avoit, pour le goûter. Je m’en rapporte à ceuxqui ont étudié ces §ciences.

Enfin il m’apostrophe d’une maniéré odieuse, & en même tems M-tìueti car je n’ai paru digne à notre Poète de ressentir le venin de fa

plume