DE L’ASTRONOMIE MODERNE. l3l
§• I v.
Les effets merveilleux du nouvel instrumentfrappèrent les esprits. Ce prodige excita la curiositépublique, et la renommée en porta la nouvelle àGalilée : il sut seulement que l’on avoit trouvé unenouvelle combinaison de deux verres, par laquelleles objets paroissent agrandis ; il-nelui en fallutpas davantage ; celte étincelle embrasa son génie.II eut bientôt épuisé les combinaisons des verreset des distances; son coup d'essai fut une lunettequi donnoit des images trois fois plus grandes queles objets vus à l’oeil nu. Il parvint bientôt à en com-poser une qui les ar^plifioit trente-trois fois, etc’est à peu près la perfection de cette espèce delunette et de cette combinaison d’un verre con-vexe avec un verre concave , combinaison bornéepar sa nature. Voilà doue Galilée , et par lui l’espècehumaine, en possession de deux nouveaux organes,1 un pour mesurer les petites portions de la durée,les pas égaux du temps, l’autre pour étendre l’em-pire de l’homme, pour rapprocher de lui et ra-mener a sa portée les choses qui échappent à sonœ >l, ou par leur petitesse ou par leur distance.
Il considéra d’abord la Lune : sa surface claireet argentée , semée de taches obscures que le ,vul-gaire prend pouf les traits d'un visage, lui parut