1702.
244 LA FORTIFICATIONchassé de me en me, & de porte en porte pardifférents combats qui se succèdent pendant toutela journée, jusqu’à ce qu’enfin il se voit réduit àabandonner son entreprise. C’esl un bel exemplepour les garnisons qui n ont qu'une brèche à dé-fendre. II prouve quelles ne font pas fans ressour-ces, lorsqu’il leur reste encore toutes les rues d'uneVille à disputer. Mais quelles garnisons fontcapables d’une pareille intrépidité! L’on n’envoit que trop souvent tomber dans un excèscontraire.
Le Prince Eugène, en se retirant, emmena leMaréchal de Villeroy ; peut-être vit-il avec peinela captivité d’un adversaire aussi peu redoutable,mais on est plus certain de la joie qu'en ressen-tirent les soldats de la garnison de Crémone. Ilsfirent, sur cet événement, une chanson dontle souvenir se conservera long-tems. Elle peintsingulièrement bien l’opinion que ces troupesavoient de leur Chef. Le lendemain de cettegrande journée , ils chantoient dans les rues :
P assemble u f P aventure ejl bonne ; notre bonheur» ejlfans e'galnous avons conservé Crémone & perdu» notre Général ». Mais le Roi ne pensa pas de