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[Partie théorique.]
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(5i)

îages, pourvu que ces arbres soient grouppés comme par un hazard heureux , que le terrain aitquelques pentes peu inclinées, et que le gazon qui le couvre soit frais et toujours d’un vertégal et tendre. Cet ensemble aimable sera riant et gracieux, disposera l’âme aux douces sensa-tions, et les sens flattés jouiront avec volupté de cet assemblage où la nature elle -même sem-blera fixer son séjour : mais si l’on peut joindre à ces scènes touchantes le tableau mouvant etanimé d’ùue eau limpide et pure, c’est alors que le propriétaire d’un tel lieu sera véritablementheureux , car les eaux donnent la vie à tout ce qui les entoure ; elles protègent la végétation ,elles répandent une fraîcheur bienfaisante autour du sol qu’elles parcourent : et c’est à l’artisteà diriger adroitement sa course vagabonde, en déterminant ses limites, et en ornant les bordsdu lit qui les reçoivent déplantés amies d’un sol humide.

3> Si le ruisseau des bois emprunte sa parure,

2>Jba rivicre aime aussi que des arbres divers» Les pâles peupliers , les saules demi-vertsy » Ornent souvent sou cours,

( Les Jardins } Chant 3. )

« On aime avoir les eaux, ditM. Morel, non s’élancer avec effort, mais tomber librement)) et constamment de chûte en chute , se précipiter et rejaillir divisées par mille obstacles. On» aime à les voir fuir en murmurant dans le fond des vallons , ou couler avec une majes-)} tueuse lenteur à travers une riche vallée , et non sur le penchant d’une côte ou sur la cîme» d’une montagne. Ce n’est pas non plus renfermées entre des murs, sous des formes régu-» Itères : on aime à les voir en nappes étendues , libres dans leurs formes, entourées d’arbres

)) et de verdure ».

Ce peu de mots fera assez sentir qu’il faut avoir le plus grand soin de faire suivre aux eauxdes jardins, la marche que la nature elle-même leur aurait donnée, si aucun obstacle ne lesavait détournées $ c’est donc les pentes et les accidens du terrain, qui détermineront les sinuo-sités de sôn lit.

Nous ferons remarquer encore que l’on doit, en plantant un jardin, prévoir ce que les ar-bres et arbustes deviendront quelques années après , considérer la capacité qu’ils auront lors-qu’ils seront grossis, et faire ensorte que leurs racines ne se nuisent pas réciproquement : cetteconnaissance appartient particulièrement aux jardiniers, et nous ne l’indiquons ici que commemesure de précaution.

Si l’on fait des rochers dans un jardin, il faut toujours que l’ensemble du site se prête à cettedécoration factice , que la portion du terrain sur laquelle on les placera, soit sèche , aride , quela scène soit austère ; si on lecouvre de plantations , il faut que les arbres soient du genre deceux qui croissent sur un tel sol, comme les sapins, les cèdres ( voir la liste des arbres .)et que ces rochers soient annoncés et préparés assez naturellement pour ne point opérer unetransition trop subite, qui serait disparate avec le reste du jardin, et détruirait totalementl’illusion.

Si le sol n’offre point ces blocs majestueux,

De la nature en vain rival présomptueux ,

L’art en voudrait tenter une i^fidelle image,.