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qu’approximatifs, parce que l’eau ne court pas exactement avec la même vitesse partout, à causedes divers frottemens et des obstacles qu’elle rencontre dans son fond, et que la superficie coulequelquefois plus doucement, sur-tout lorsqu’elle est contrariée par les vents ; mais aussi necompte-t-on jamais sur la quantité bien précise que l’on possède, et ne fait-on jamais de tellesopérations sans donner un peu de latitude aux résultats.
C’est par cette même raison que l’on ne doit jamais compter que les eaux monteront aussiliaut que le réservoir ou la source qui les fournit : erreur dans laquelle tombent presque tousles jeunes gens qui jugent d’après le principe que tous les fluides tendent toujours à se mettrede niveau ; mais l’action de l’eau est affaiblie par l’air ou l’atlimosphère qui l’entoure ; et cetterésistance qu’elle éprouve l’empêche de se mettre de niveau dans un conduit quelconque,comme ici ,fig- 7 ,planche 23 (1). Cette différence, qui petit être évaluée à un douzième dela hauteur du réservoir, ne peut- être calculée d’une manière générale et uniforme, parce quela quantité des frottemens, des coudes et des jarrèts dans les conduites, des pentes et descontre-pentes que l’on nomme refoullement , paralisent plus ou moins la force de l’eau.
'Manière de conduire les Eaux .
Les manières les plus dispendieuses de conduire les eaux d’un endroit à un autre^ sont lesacqueducs : les rnoimmens de ce genre que nous ont laissé les anciens , excitent encorel’admiration, et l’on voit toujours avec un nouveau plaisir les magnifiques acqueducs de Rome ,de Vicence, de Rimini , qui portaient sur leurs arcs orgueilleux, et à triples étages, le tributdes eaux, pour aller embellir les jardins publics , les thermes et les naumacliies. Mais il nedoit point être ici question de ces grands monumens, puisque nous n’écrivons que pour lesparticuliers, qui certainement ne sont pas disposés à dépenser des millions pour se procurerquelques pouces d’eau. Ils peuvent faire, à beaucoup moins de frais, de petits acqueducssouterrains bâtis en moëlons ou pierres de taille, ou meulières , et recouverts en voûtes, oumême en pierres plattes , ou dalles, commefig. 8 et 9 , planche 23 . Les rigolles de ces acque-ducs sont faites ou en pierre taillée en caniveau, comme fig. 5 , ou simplement en cailloutiset mortier de chaux et ciment, comme fig. 9, ou quelquefois en glaise, si elle est communedans le pays : on peut encore se servir du sol, si c’est un bon gravier, ou du tuf où les eaux nege perdent pas; on peut encore les paver. Il faut donner à ces acqueducs une pente d’environune ligne par toise pour faciliter l’écoulement,- cette pente peut être ménagée par gradins dedistance en distance, alors la rigolle est conservée de niveau avec de petits ressauts.
On fait encore de simples pierrées qui se construisent ainsi : on leur donne 10 à 12 pouces delargeur, l’on étend sur la terre un lit de glaise que l’on bat, et ensuite ou prend des moëlonsou pierres de meulièreque l’on pose de cban à droite etàgauchedelapierrée,laissantl intervalleconvenable entre ces deux pierres, on continue ainsi tout le long de la pierrée : alors on posedessus une troisième pierre platte ou dalle brutte ( Vg'< fig- 10 ), de manière a ce qu’ellesportent de 3 ou 4 pouces sur les pierres de chan. On recouvre le tout avec des pièces de gazon
(1) On ne parle ici que des eaux conduites dans des tuyaux , et non pas de celles qui sont libres dans des acqueducsen pierrées.