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PRINCIPES DES OMBRES.
Les plans des édifices sont si différens entreux , la manière de les présenter dans leurs élé-vations, soit géométrales, soit en perspective , ne permettent pas de donner des exemples qu’ilfaudrait multiplier à l’infini, et qui seraient toujours insuffisans, lorsqu’on ne voudrait que co-pier , il faut donc généraliser les principes qui seront appliqués par l’élève dans toutes les occa-sions où il se trouvera. Les diverses applications qu’il pourra faire sur ces données générales ;les comparaisons, les conseils des maîties et plusque tout cela, l’étude de la nature l'habituerontà produire des effets agréables et vrais ; l’observation de la réflexion et de la réfraction de lalumière sur les monumens, soit à l’intérieur, soit à l’extérieur, et à diverses heures du jour,lui offrira sans cesse des modèles à copier ; et la juste application des principes qui suivent ,lui suffira pour ombrer les objets tels que la nature les lui présenterait.
Nous réduirons ces principes à un exposé général et succinct de la nature de l’air et des effetsde la lumière sur les corps ; cet exposé qui sera très-court servira de théorie à la piatique quedemande cet art, qui n’est autre que celui du lavis, et l’on sait que ce n’est qu’en dessinantsouvent que l’en parvient à faire des dessins exacts et purs ; le talent du dessinateur, propre-ment dit, s’acquiert plus par l’habitude et le goût que par telle lecture que ce soit.
Il faut donc se pénétrer de cette théorie générale ; en s’y conformant, jamais on ne pourras’écarter de la vérité ; le dessinateur , d’ailleurs , ne s’asservit pas rigoureusement aux principes ;souvent, et particulièrement dans des dessins d’intérieur , il suppose des jours accidentels,pour procurer des oppositions pittoresques et eclairer telle scene qui lui convient 1 il pro-jette aussi des ombres produites par des corps qu’il suppose et qui ne se voient point dansle tableau; ces moyens, quoique non avoués par le rigoriste sévère, produisent presque tou-jours un jeu piquant de jours, d’ombres, et de reflets qui répandent une variété séduisante sur lacomposition ; mais il faut être dessinateur consommé, pour savoir employer à proposées moyensfactices , qui cependant ne peuvent jamais être en contradiction avec les principes qui vontsuivre.
i°. L’air est élastique , lumineux et vaporeux ; son élasticité lui donne la propriété de pro-pager la lumière : il éclaircit les ombres puisqu’il est lumiueux ,• et vaporeux , il obscurcit lesjours directs ou indirects.
L’air est, ou plus ou moins lumineux , plus ou moins vaporeux, en raison des températuresdes saisons et des différentes heures du jour ; mais ces diverses gradations et ces modificationsqu’un peintre doit connaître, n’est point nécessaire à l’architecte qui, dans ses dessitîs, supposetoujours le ciel très-pur et par conséquent l’air très-diaphane.
Un arLÎsie ne doit point chercher l’harmonie des fonds avec les objets principaux dans lesexcès d’opposition des teintes qu’il emploie , mais seulement dans leur analogie réciproque ;car si le ciel est très - lumineux ; comme l’architecte le suppose toujours , tous les objetsqu’il éclaire le doivent être aussi ; si au contraire le ciel est obeur, les objets qu’il éclaire le sontégalement, ce qui démontre évidemment la nécessité d’une harmonie aérienne de teinteentre tous les objets qui composent les premiers plans et les fonds d’up. dessin ; or , le$