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On voit encore póur antiquité dans Alexandrie , les ma-so res-du Palais du pere de sainte Catherine, dont il reste desvestiges de quatre pieds de hauteur. Le vulgaire appelle cetendroit Le Palais du Roy Cote , quoyque l’Histoire nous ap-prenne que FEgypte en ce temps-la obéïssoit aux Romains,& quai ne pouvoit être quun Prince descendu de familleRoyale. Dans FEglise de sainte Catherine que tiennent lesGrecs, on montre la pierre fur laquelle cet-te sainte Viergefut décapitée. Cette pierre est Comme un morceau de co-lonne ronde. Elle est haute de prés de deux pieds,& percéed’un bouta Fautre, d’un trou à mettre le poing. Les Grecsdisent que ce fut justement sur ce trou qu'elle eut la têtecoupée. Le pilier de marbre qu’ils ont fait faire exprès pourmettre cette pierre dessus, est haut environ de quatre pieds.L’Eglise de saint Marc est tenue parles Coftes, & dans cetteEglise on voit la Chaire où il montoit pour prêcher. SaintMarc sut le premier Patriarche d’Alexandrie, & comme il, y souffrit le martyre, son corps y fut conservé jufqu’à ceque des Marchands Vénitiens le transportèrent à Venise.Dans la même Eglise est un tableau de saint Michel, qu’ondit avoir été fait par saint Luc. Ceux qui habitent Alexan-drie , ont tantffe marbre, de granite & de porphyre, quen’en íçachant que faire , ils en garnissent leurs portes. Cellede la marine est ornée de quatre belles pierres Thebaïques,ou de granite, une de chaque côté ; une en haut de travers,& une en bas. Cependant cette porte est fort haute & large.II se trouve encore parmi les ruines de cette ville, certainespierres fort curieuses. Ce font toutes petites pierres commedes médaillés, qui sont de corniole , agates, granats, éme-raudes , & autres semblables, gravées excellemment, l’uned’une tête , f autre d’une idole , une autre d’une bête, &ainsi toutes de differentes choses,qui ont servi de Talismansou de charmes. Quand il pleut les Maures en vont chercherparmi les ruines pour les vendre aux Francs,& ne manquentguere d’en trouver. Ceux qui veulent aller voir toutesces antiquitez,montent fur des ânes qu’on trouve tout prêtsdans les rues pour peu de chose, & qui vont fort vite , &galopent même quand on veut : car en Egypte, les Chré-tiens Francs ou non, ne peuvent aller fur des chevaux, si ceLest à la campagne.
Alexandrie que les Turcs appellent Scanderia, dépend duBeglierbey ou Bacba d’Egypte qui résidé au Caire. II y aseulement dans la ville un Aga qui represente fa personne,& qui y commande. II y a aussi un grand Cadiou Moulla ,qui a a autres Cadis sous luy, & deux Soubachis, l’un de laville , & l’autre de la Marine. Tous les Agas des châteauxd’Alexandrie dépendent aussi du Bacha d’Egypte, qui choi-sit ceux à qui il en veut donner le commandement.La mai-son où logent lesViceconsuls de France s’appelle le Foudgue,.& appartient au Grand Seigneur qui en entretient les bâti-mens.Elle est grande & spacieuse, environnée de murailles,où il y a deux portes cocberes, & au dedans de la cour quiest tres-belle est un logement semblable à un Couvent deReligieux.*Thevenot, Voyage du Levant , chap. i. & z. Cop-pin , Voyage dEgypte , cb. 4.
A.sept lieues de cette ville vers le Midy , est un grandlac, qu’on nomme Lac d’Alexandrie , én Latin Alexandrie La-cas , Marntis & Arapotes , Maria ou Marea. On Fappelle aussilac d’Autacon & de Bucbeira , du nom de deux petites villesvoisines.
La ville d’Alexandrie a été la Patrie d’Euclides & d’Ori-genes. Le premier étoit Mathématicien,& vivoit vers la 120.•Olympiade, c’est à dire environ 300. ans avant la venue deJesus-Christ , du temps que Ptolemée Lagm regnoit enEgypte. Nous avons de luy FOuvrage appellé communé-ment E lemens d’Eudules , divisé en 15. Livres. II y a quelquesSçavans qui croyent que les deux derniers sont d’Hypsicle,qui étoit aussi d’Alexandrie, & qui a écrit des Commentai’res de Géométrie.
Quant à Origenes il étoit fils deLeonides qui endura leMartyre en 202. sous la persécution de Severe. ClementAlexandrin fut son Maître, .& comme il se trouva dansFindigence, pat ce que les biens de son pere avoient été con-fisquez, les libérassiez d une Dame riche luy donnerent lesmoyens de subsistât. II ouvrit une Ecole de Grammaire,&la quitta peu de temps aprés pour en tenir une de FEcritu-re Sainte, ce qu il ssi du consentement de FEvêque Deme-trius, quoyqu il n’eût encore que dix-huit ans. II fortifia lesFidelles dans la foy, & convertit plusieurs Idolâtres,ensorteque ses Disciples furent presque autant de Martyrs. Ori-genes enscignoit la Théologie aux filles & aux femmes,
aussi bien qu’attx hommes,& pour se mettre â couvert de hmédisance il se mutila luy-même, prenant trop à la lettre ceque FEvangile dit des Eunuques volontaires pour leRoyaU'me des Cieux. II fit plusieurs voyages à Rome vers le PapeZephirin, & on tient qu’il eut des conférences fur les Mys-tères de la Foy avec Màmmea mere d’Alexandre Severe. Ufut ordonné Prêtre én 218. par Alexandre de Jérusalem , &plusieurs erreurs dontDemetrius d’Alexandrie trouva ses li-vres remplis Fayant obligé à Fexcommunier,il se retira àTyroù il travalla fur FEcriture. On l’accuse d’en avoir voulucorrompre la Doótrine, ce qui lui fit faire encore un voya-gea Rome pour presenter là confession de foy au Pape Fa-bien. Aprés qu’il fut de retour il enseigna dans Ceíàrée, &en 248. il se trouva au Concile d’Arabie, où il instruiseFEvêque Berylle.On ne fçauroit exprimer combien il souf-frit par son attachement à la foy, dans le temps que Deciu-spersecutoit les Chrétiens. Ce qui porta ceux qui étoient dansles prisons à se séparer de la Communion d’Origenes, c’estqu’effrayé des menaces que luy fit le Juge qui Finterrogeoit,de le prostituer à un Ethiopien, il se laissa mettre de l’encensà la main , selon le rapport de saint Epiphanes, & coud uiredevant une Idole, à laquelle on dit qu’il le présenta. Apréscela FEglife d’Alexandrie ne le voulut plus recevoir, & dalla mourir à Tyr. Sa mort arriva vers l’an 256. dans la 7 0-année de son âge.
Appien, Historien Grec, né aussi à Alexandrie , en a étésurnommé Alexandrin. II étoit d’une Famille tres-coníïdera-ble,& il a vécu sous l’Empire de Trajan, d’Adrien & d’An-tonin le Débonnaire. Etant venu à Rome, il se rendit si fa-meux dans le Barreau, qu’on le choisit pour être l’un desIntendans des affaires de l’Empereur. II fit une Histoire qu*contenoit vingt-quatre Livres, selon ce que rapporte Phò-tius. Elle commençoit par Fembrasement de Troye -, &finissoit à l’Empire de Trajan. Cette Histoire étoit traitéepar Provinces & par Nations, & il ne nous reste plus de cegrand ouvrage que ce qui regarde les guerres Puniques, sesSyriaques, les Parthiques, les Civiles, & celles qui ont étéentreprises contre Mithridate,contre lesEspagnols,& contreAnnibal ; celles d’Illirie, & un fragment des Celtiques.
ALEXANDRIE. Ville de Pologne , qui a été bâtie nou-vellement dans la haute Volhinie , au Palatinat de Lussic»Elle est située fur la rivière d’Horin,environ à 20. lieues deLucquo.
ALEXANDRIE de la Paille, Ville dTtalie dans le Milanez»à dix milles deTortone. Les Latins la nomment AlexandreStatteìlomm ou a Palea ; & les Italiens Alexandria délia Paghl-Quelques-uns croyent qu’elle a eu ce nom, à cause que se smurailles n’étoient que de paille & de bois, enduits de terre-Elle ne laissa pas de résister vigoureusement aux efforts del’Empereur Frideric Barberousse, qui fut obligé de se reti-rer aprés un siégé de six mois. Elle est située fur la riviere deTanaro,& voisine du Montferrat. Son Evêché est suffragantde Milan. On passe sur un pont couvert, long de trois censpas pour entrer dans cette ville, aprés avoir traversé le faux"bourg. Les Guelfes qui suivoient le parti du Pape Alexan-dre III. contre l’Empereur Frideric Barberousse,la bâtirentvers Fan 1178. On dit qu’ayant eu d’abord le nom de cefsrée , on le changea en celuy d’Alexandrie, pour faire honneútà ce Pape. D’autres prétendent que l’Empereur ayant vos-lu q u’on l’appellât César ée , les habitans s’obstinerent à ÌQconserver le nom d’Alexandrie ; ce qui obligea l’Emperesside dire par plaisanterie , que c’étoit Alexandrie de la Paille-Cette ville a été soumise aux Viseonti,auxSforces,aux Du &de Milan, aux François , & aux Espagnols, & souffrit beau-coup dans le XVI. íiecle. Elle est présentement bien munj e& forte ; ainsi le siégé que le Prince de Conti & le Duc deModeney mirent en 1657. ne fut pas heureux. * De Seine >Nouveau Voyage d’Italie. Davity , Duché de Milan. BlonduS,li. 15. cb. 1.
ALEXANDRIN. Petit Pays du Duché de Milan, ss 11prend son nom de la ville d’Alexandrie de la Paille fa ca-pitale , & que les Latins appellent Alexandrinm Tractus. Il $enfermé entre la Laúmeline, le Tortonois, & le Montferrat** Maty , Diéhonaire de Hollande 1701.
ALEXANDRIUM, Nom que les Anciens ont donné â * âforteresse de Phenicie , nommée Scandaron.
ALEXANDROPOLIS. Ville dont Plutarque fait w ca-tion dans la Vie d’Alexandre. C’étoit la ville Métropolitaindes Medares, que Xilandre en traduisent cet Auteur, 3 P~pelle Medes , Peuples de 1 a Thrace, dits par quelques-un ’
Medobitiniens. Ils étoient parmi les Pteoniens,& leur Relis’ 0 -.
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