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c I lîc du séjour à Àlep * le voyage ne se peut faire à moins de* r çnte piastres, ce qui âbsorberoit tout le profit qu’un Ma-e lot pourroit faire fur la petite somme qu’il peut employer.
ALEXÀNDRIA. Ville ancienne de Perse, qui étoit ca-pitale de 1 Arie. Quelques-uns disent que c’est celle du Co-talan , qu on appelle aujourd’huy Bu w an , & d’autres pré-tendent que ce (bit la ville d’Herat.
Les Latins ont donné ce même nom d’Àlexandriâ à diversoutres lieux. Ainsi ils appellent Derbent ,Alexandrin AÍòaniœ;
a ndahar, Álexanârìa Aratbofia, ; Heri, Akxandna Aru ; Ale-xandrie de la Paille, Alexandna St.ìtell'orum ; Âlexandretteort de Syrie, Alexandna S f ru ; Troyé ville deGrece, Ale-xandna Troadii.
b Ville d’Egypte, autrefois fameuse,
elle & riche , & présentement si ruinée, qu’elle rsest pluso * e ~niême. Ce ne font que des masures entassées les unesmes autres, & les amas de pierres & de terre q Aon y voite tous côtez, font plus hauts que.les maisons. Sa figure estei t forme de croissant , & dans le sein ou creux qUe font lesjsturailles où est la porte qui va de là ville au Port, elle s’é-oigne de la mer environ de cinq cens pas ; mais les deuxexnemitez qui font comme les córneS de ce croissant, re-,d5 nnen t jusqu’au bord du rivage. Sur celle qui regarde'-'nent, étoit situé le Palais de Cleopatre. II n'en reste plusque les ruines de quelques galeries qui s’étendoient le longEU a n Cr ' avec une tour tonde que le temps a respectée,r 6 p to ute de marbre blanc-, & sa hauteur contient plu-eurs salles. Dans ce qui est en bas, on voit une tres-bellenu^n^i vient reposer sur une masse de bâtiment solidea d' r anS ^ on milieu- ïout autour de cette épaisseur, il yâ Iver ses niches en distance égale, ornées de colomnes auíîìe marbre, fur lesquelles la voûte vient se terminer en ber-p, aUi On crúit que c’étoit dans ces niches que la Reine
eopatre avoit fait mettre les simulacres de fes fausses Di-Vimtez.
c ^ cs murailles d’Àlexandrie, tjuoyque ruinées, font en-Vist 6 * "^ a ?stifistues s qu’on est forcé d’avoiier qssaucune, e n en a jamais eu de pareilles. On en voit encore uneonne partie en leur entier ; il falloit qiselles fussent biense h S P our ^voir tant subsisté. Ces murailles ont leurs fauf-tan ra ^ s j & font flanquées de grandes tours quarrées, dif-jj es o en viron deux cens pas lune de f autre. Entre-deuxen a pste petite, & dessous font des cassemates magnifi-^ s ’ fl 11 ' peuvent servir de galeries & de promenade. Cesch Ur$ ^° nt bâties toutes âe la même forte. 11 y a en bas dansjj u L Cune une grande salle q narrée, dont la voûte est soûte-tan e P ar de grosses pierres Thebaïques. On trouve en mon-f 0r r Pmfieurs chambres, & tout au haut une grande plate-stuarrée de plus de vingt-pás. Toutes cesTourS dontdelVra Pourroit tenir deux cens hommes, étoient autantpar t aiS *- ^ eur muraille est épaisse de plusieurs pieds, &^ °ut il y a des embraseures.
n nt f f r ( e ^ es murailles la plus belle des pieces antiques qui1 “ au temps est la coldmne que Jules César fit dres-
se
; résistéT Pour
pée^"^ monument de la victoire qu’il remporta sur Pom-a deu 3 ’ stomme-t’cm la colomne de Pompée. Elle estv° ir ^ ^Ests pas de la ville fur une petite éminence ^ui la faitplstsdes 0l t îo>st, & posée fur un piédestal quârre haut destuarrée r 1 0U b riit pieds. La base de ce piédestal est auflltuais fau ;j£ c àu vingt pieds ou environ, & haute de deux ;colomn C ■ plusieurs grosses pierres. Pour le fust de lade Cenr e J - H e ft tout d’une piecc de granite, haute de plusbeau í P'eds, & grosse de vingt & un. Au haut est un fortdont j r^ teau - A quelques pas de là est le Palais de César,êe 0n V ace est encore assez entiere. Tout le reste est ruiné,leu r 7 Voit plus que quelques colomnes de porphyre endelà ^ ^ ^ur pied. A soixante ou quatre-vingt pascreufl e ^ Un can al du Nil que les anciens Egyptiens firentti’en av ' P 0ur . con duire seau de ce fleuve dans Alexandrie,de i a p ant point d’autre à boire. Ce canal qui est à peu préssix ii e ..8 eur de celuy qui passe par le Caire , commence àAl exa A s ?u environ au dessus de Rossette, & vient de là enCe cariai^' ÔìL an d I e Nil est crû, on lûy donne palìàge parfré s s 0 ’ , c ? tte eau remplit les citernes qui font faites ex-r 0u Ravilie, de grande étendue , & tres-magnifiques.pi'op re de uOus de sancienne Alexandrie est creux, & u'estde ruapgEm qu'uue citerne, dont plusieurs belles colomnes^u'étyj^^ foûtiennent les voûtes. C’étoit sur ces voûtesqu’il y a ^ bâties les maisons d Alexandrie, ce qui a fait direstu'elle ér° lt: en Alexandrie une ville auflì grande sous terremt dessus. Quelques-uns asssurent qu’on peut en-
êòre à présent aller sous toute la ville párde belles ruè's^dans lesquelles on voit des boutiques ; mais lesTurcs né per-mettent pas qu’on y descende. L'eau du Nil qui entre ducanal dans la ville, sert pour boire toute saunée , châquêmaison en faisant tirer par des pouseraques , qui la vetfenldàns la citerne particulière de la maison à mésorè qu'ils latirent. Ces pouserâques font des roue; où il y â une cóindéen chapelet fans bout, autour de laquelle sont attachez plu-sieurs pots de terre , qui remontant toujours pleins d'eau $la versent dans un canal qui la conduit où son veut. EnAoût & en Septembre , qui sont les mois où l’on emplit lesciternes , cette eau nouvelle est mal faine , & peu de ceùxqui en boivent , le sont fans tomber malade, ce qui obligeplusieurs de garder de celle de saunée précédente , pour neboire de la nouvelle qu’au mois de Novembre.
L’on trouve encore dans Alexandrie deux illustrés Mô-inumens de fes anciens Monarques. Ce sont deux Obélisquesen forme de pyramides, dont l’un est planté fur son piéde-stal , & l’autre couché par terre. Ils sont remplis de hiéro-glyphes,& celuy qui est à droite a soixante coudées de hau-teur. On dit par tradition que vingt mille personnes a voientété employées pour le mettre en place,& que le Roy qui léfaisoit d r ester, Craignant que les Maîtres de l’òuvrage n’eus-sent de la négligence à bien prendre leurs mesures en disposant les machines, fit lier son propre Fils fur la pointe jafin que les Ouvriers prissent plus de soin d’une cho-se en laquelle il reméttóit le salut dé l’Heritier de la Cou-ronne. II y avoit encore un grand nombre d’obeiiíqueS ôcde colomnes ? mais on les a transportées à Rome ou à Con-stantinople , & on en a brisé quelques-unes dans les diversfaccagemens qu’Alexandrie a foufferts. On voit encore endedans de ses murs deux petits monticules que les Romainsont fait élever de ruines & de terres rapportées. On ne sçaitsi c’étoit pour regarder dans le Faralion, ou bien à desseinde découvrir dans la haute mer ; mais aujourd’huy il y áune tour fur l’un de ces monticules pour prendre garde auxvaisseaux qui paraissent.
Ce Faralion que quelqUes-uns nomment Tandon , est unchâteau où l’on éclaire encore aujourd’huy les vaisseaux.C’est le Phare si célébré de l’antiquité qui étoit au rang dessept merveilles du monde. Sostrate Gnidien en fut l’Ar-chitecte, & Ptolomée Philadelphe employa huit cens talensà le construire. Le premier étage étoit un corps de logis demarbre blanc agréablement ouvert. Au dessus s’éJevoit unetour quarrée toute du même marbre, & d’une hauteur ex-traordinaire. C’étoit comme une quantité de galeries ba-lustrées, s une au dessus de l’autre,& soutenue; par de richescolomnes. La grosseur de cette tour, des deux tiers en haut*âlloit en diminuant jusques vers son sommet. L’on dit en-core en ce Pays-là qii’il y avoit des miroirs si ingénieuse-ment disposez dans les plus élevées de ces galeries, que l’on.y voyoitrepresentez tous les vaisseaux qui approchoient duPort. Au lieu de ce pompeux bâtiment, on voit aujoiir-d’huy le corps d’un assez grand château de figure irregulíe-re , à cause de la disposition du rocher. La place où il estassis n’est pas plus releyée que la plaine qui le regarde. II apour sapremiere enceinte une fausse-braye de sept pieds dehautj & au dedans est une muraille plus élevée, toute gar-nie de créneaux, qui environne le corps du Fort ; mais nil’une ni l’autre ne sont terrassées , elles suivent seulementl’inégalité du terrain , sans être flanquées de tours ni de bas-tions. Du milieu du bâtiment s’éleve une haute tour quisert de phare ; mais qui n’a rien des beautez de l’ancien.
Lá vifle d’Alexandrie a trois Ports, dont le premier estappellé le Port vieux, il est assez grand , mais feutrée en estfort difficile, ce qui en éloigne les vaisseaux. 11 y a deuxchâteaux qui en défendent 1 abord , un de chaque côté z 8ctous deux fort bien gardez. Les deux autres Ports sont plushauts & divisez l’un de l’autre par une petite Isle, autrefoisplus éloignée de la terre ferme,cju’elle ne l’est à présent. Ortl’appelloit anciennement le Phare.Aujourd’huy elle est join-te à la terre-ferme par un pont de pierre de quelques arches*sous lesquelles passe seau. C’est au bout de cette Isle qu estle château appellé FaralìonJLe premier des deux Ports^qu el-le divise j est celuy des galères. II n’y entre point d autresbâtimens. L’autre est le grand Port, ou le Port neuf, doníla bouche est gardée d’un côté par le Favalion , & de 1 autrecôté a son entrée par un autre petit château qui n est pas íibon. Cependant on y tient encore plusieurs Soldats, 6t cesdeux châteaux fe secourent facilement 1 un 1 autre. Les pier-res & les écuëiis rendent ces deux Ports fort dangereux-