ì’eau de dehors , que h os conserve dans des citernes. II cv ray qu au commencement du seizième Siécle, un des t au-tes chassez d J Espagne trouva moyen d y faire deux aque-ducs , qui donnent de seau à plus de cent fontaines. II y aprés de quinze mille maisons faites de brique & de pieri e ,& blanchies par dedans & par dehors. Elles font toutes ]tres-petites, & n’ont pas plus d’un étages Les chambres 1 ontpavees de carreaux de brique de difterentes couleurs en- jchassez fort proprement. Dans chaque maison demeurentordinairement cinq ou six familles. Il y a quatre galènesen haut, & autant en bas , & elles répondent toutes a unecour qui est au milieu. Les chambres ne reçoivent du jourque par la .porte, qui est si grande qu elle va jusqu au plan-cher ; niais celles qui regardent la ruë ont des fenetres. Letoit qui est plat, pavé & couvert de terre, leur sert de jar-din. II n’y a point de cheminée ; on fait du feu dans de-grands pots de terre qu òn tient à la porte. On a foin uerebìancbir les murailles à rapproche de quelque grandefête. Tous leurs meubles consistent en quelques pots &plats, en de grandes cueilleres, & en des cofres de bois -, enune nate, un tapis, un matelas , & deux couvertures éten-dues fur deux ou trois bâtons qui leur tiennent lieu de lit.La plupart couchent la nuit fur une nate qui leur sert denappe le jour. Le plus beau bâtiment d"Alger est le Palaisdu hacha, qui estau milieu de la ville,entouré de deux bel-les galeries , au dessus Tune de f autre, soutenues par deuxrangs de coîomnes de marbre. II y a àuffi deux cours. Laplus grande a trente pieds en quarté. C’est où le Divans assemble tous les Samedis, les Dimanches, les Lundis & lesMardis. Le Bacha y traite les Conseillers au temps de laFete de Pafque. Loutre cour est devant le Palais du Vice-roy. II y a neuf beaux bâtiaiens qu’on appelle Cajferies,Fun-duques ou Alòerg.i en Langue Franque. Six cens Janissairesles occupent & les font tenir fort propres à leurs esclaves.Les Turcs mettent les esclaves qu ils font fur mer dans desPrisons qu’on appelle Bagnes ou Eafios des Esclaves, II y en asix, & soixante & deux Bains, dont les deux plus beaux ontdes chambres pavées de marbre, àvec des tuyaux par ouî- on fait couler de 1*eau fraîche & de 1 eau chaude* LesMosquées y passent le nombre de cent, & la plupart fontsituées le long du rivage de la mer ; mais il n'y a dans Algerpi Auberges ni Logis publics où sc retirer , de forte que lesMaures & les Turcs qui passent pàr cette ville, font obligezd aller loger chez quelqu'un de leur connoiíïance;& si c estUN Marchand Chrétien, les juifs qui ont leur quartiei àpart, tiennent des chambres garnies où il peut sc loger. OnE trouve force cabarets & rôtisseries où des Esclaves Chrê-siens vendenq au nom de leurs Maîtres, du pain, du vin , &de toutes fortes de viandes. Les Turcs, les Maures & lesj^negats s'y vont divertir pêle-mêle ; & quoyque la loy de
Mahomet défende le vin, on ne laisse pas de s y enyvrersouvent»
x^^^uxhourgs d'Alger étoient autrefois fort grands.L
an
mille mai-
fon^" ° n ^?uaptbit hors de la ville prés de deuxF sn ' ^ lle ì on réduisit en cendre au bruit de 1 J approche desP^nols,& depiiú on ne sscst pas empressé à les rebâtir. IItiuari 1COre P re fentement. un petit fauxbourg de trente oud éeu^ nia '^ ons hors la porte de Babafon. Elles serventvision?^ 3UX àabes & aux Maures, qui apportent des pro-de la p 0 Ur ^ es chameaux. Le tombeau des Ëachas est horsniereâ»^^f^àBabaloùette,bâti en rond&vouté en ma-man & M n^ elle - Ceux ^ es Sachas Àfan, Sak,Sondo, Soli-ScpuJcr u í' a pha, s’y font remarquer parmi les autres. Lesmême r>? S - des ^"res moins considérables, font dans cetteertibell' aUle ' ^acun a sc h £ ' n à part, & tous presque sontscires & Un chaperon de pierre. On y Volt auífi des ora-v 0nt ^.des cellules pour des Marabous , que les femmesm er y itlte r par dévotion tous les Vendredis. Du côté de km ’ , 0rs .scs murailles de la ville, est un fort grand biti-Çois A ? ierre ’ a PP e Isc Meglie en Italien , & Môle en Fran-depu' ^ at * n Môles » Il est fait en demi- cercle, & s’étend
& ss J S - a í orte du Divan j u fqu'à la pointe d’une petite Isie,Port st S l autre P ointe de Pisse jusqu à la ville. L'entrée duau qu e , .f ntre deux. Hairedin Barbe rousse fit bâtir ce Môle,Wp 61 r d onna six ou sept pas de large, & plus de cent dev si(f 5 âdn - ^ CS ^ ots estent moins de violence, & que lesÀv a ^ ailx ,P u flent demeurer feurement dans son enceinte.Pa re j” stost eût été fait, le havre d’Álger avoit plutôt l’ap-fu t st une Rade que celle d’un Port. Selon Marmol, ce
^ e j e Bacha 1-st* -
Bacha Sala qui le fit bâtir, y faisant servir les malùresv ule de Metafuz. Au dessous du Môle, qui s’étend de-Tome I,
puis la porte du même nom jufqu’au château , il y à d’uti.côté un quay de pierre, & de 1 autre un rivage de sablons &de rochers. Ce Môle a pour défense un château de figurépentagone, bâti fur la pointe de Piste,& muni de quelquescanons. De f autre côté , à l’entrée du Port, font pointezd’autres canons, àvec quoy on fait feu la nuit pour dirigerles vaisseaux qui veulent entrer. Le Port que forme le Môle,peut contenir un grand nombre de vaisseaux & de galères;& les Corsaires & les Marchands y en ont toujours beau*coup.
U y à sept Forts, tànt dedans que dehors la st lace ; le pre-mier est à PO rient, situé fur le sommet d’utìe montagne,quîcommande à toute la ville, & s’appclle 1e château de PÉm-pereur, à cause que Charles-Quint en jetta les íondemenïen Ì540. lors qu’il affiegeoit Alger. Les habitans qui Pontensuite achevé, y ont mis une garnison de cent hommes. Lésccond,est 1e nouveau château. On Pappelle auífi la citadelleheptagone , pàr rapport â se figure» Cette citadelle est à centtrente pas de la ville, & du château de PEmpereur. Le troi-sième est lancier» Fort, nommé Alcassave,bâti fur une hau-teur dans l’enceinte de la ville. Le circuit en est fort grand ;& fortifié de deux tours, ou demeurent des Janissaires quiy font la garde, & qui font íçavoir par certain signal lénombre des vaisseaux qu’ils apperçoivent en mer. Du côtéqui est entre l’Ëst & le Sud, les murailles de ce Fort fontpartie, de celles d’Àlger , & il en est séparé par un mur déî’autre côté. Le quatrième est le Fort de Babaioùette, bâtiPan 155,6. sor k pointe d’une roche , proche de la mer. Lécinquième fort n’est qu’un petit boulevard prés de 1a portédu Môle, & de la grande Casserie , où sont pointées cinqpieces de campagne,qui empêchent que l’on nsentre dans léPort. Le sixième est le château du Môle,construit dans Pisteoù le Môle aboutit. II est en forme de tour pentagone, & ily à aussi cinq canons pointez. Le septième Fort est une pe-tite tour bu batterie à l’entrée du Port, où quelques Mau-res font k garde. On compte soixante & six canons de fontefur le Môle ; mais 1a plupart ne sont pas chargez. On ne lestient là que comme un trophée, & une marque de la victoi-re que les Algériens remporterent en 1617» fur les habitansde Tunis. Plusieurs boulevards défendent k ville ; fçavoicceluy de Babafon, qui est du côté de k met vers l’Oriènt *celuy des Renégats, qui est un peu plus avant vers le Midy;les deux d’Alcassave, su n fur la pointe Orientale de cetteForteresse ; Pautre fur 1 Occidentale , & sc boulevard deBabáloíìette, vers la pointe Occidentale de k ville, qui re-garde fur k mer. Avec tous ces Forts & ces boulevards,Alger est fort exposé au canon de tous côtez, à f exceptionde celuy de k mer, à cause d’un grand nombre de cô-teaux & de collines qui 1e commandent, & d’où l’on pour-tbit lé réduire en pôudre.
Les habitans nàtureîs ont le teint à peu prés blanc , & fontbien faits, & robustes. Ils font mêlez avec d’autres des di-verses Nations qui font répandues dans tout le Pays ;Janissaires, Turcs, Maures Grenadins & Andalousiens*Maures de couleur basanée, & Juifs , comme il a été dé-jà marqué. Le Viceroy & les Grands du Pays kissentcroître leur barbe. CcUx du commun se k fòht raser aufli-bien que les cheveux, & ne laissent que les moustaches& uri toupet au dessus de k tête, par lequel ils s’ima-ginent que Mahomet les prendra pour les porter dans leParadis» Ils sc baignent fort souvent, & sc lavent tous lésmatins avant que de commencer aucune chose, avant laprière qu’ils nomment Sala ,& avant 1e repas. Leurs alimensfont du ris, des couscous & de k chair cuite. Us ont aussiquelques fruits. Les Maures vivent, les uns de leurs reve-nus , les autres de leur travail, de leur negoce, & de leurspirateries. Les Janissaires vivent de k guerre, & les Arabesfont des misérables, qui demeurent fous des tentes le longdes rivières , à cause de 1a commodité de Peau , & qui netrouvent à subsister qu’à force de friponneries. Les Grena-dins s’addonnent à divers métiers, fur tout aux ouvrages enfoye. Les femmes qui n’ont rien à faire, passent tout le jouren des discours inutiles , assises fur leurs tapis, ou a visiterles hermitages, à se baigner, à faire dès prières dans les ci-metières , ou à se promener dans des jardins» 11 y en a envi-ron dix-huit mille tout autour d’Alger. Ce font comme au-tant de métairies , que les Janissaires & les Maures qui ertfont les propriétaires , louent à des Esclaves pour en labou-rer les terres , & y faire paître les ti’oupequx. Ces jardinsportent de toutes fortes de fruits, & les vignes que les Mau-res de Grenade y ont plantées, rapportent beaucoup»