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encore jeune, s’étant sauvé à O r an Vers le Marquis de Co-niarez, ce Gouverneur Espagnol s envoya en Espagne, erecommandant au Cardinal Ximenez. L année suivante quiétoit fan 1517. Une flotte montée de dix mille Espagne» s,dont François de Veto étoit Amiral, mena ce Prince devantAlger pour chasser l’Usorpateur Barberousse ; maïs a peinefurent-ils arrivez devant là ville, qu’un orage íurieux en-gloutit la plupart de leurs vaisseaux. Quelques soldats quise sauvèrent à terre furent tuez par les Turcs. La meme an-ilée Barberousse vainquit Amidalabdes Roy de Tenez, &Vempara de cette ville & de toutes ses dépendances. Dansle meme temps lés habitans de Teleníin, qui n’aimoient pasleur Roy, demanderent le secours de Barberousse , qui erendit maître de tout son Royaume. Cet Ulurpateui neJoiiit pàs long-temps de cette conquête'. ^ Le Gouverneurd’Oran ayant reçu de nouvelles troupes d’Espagne, & s e-tant joint au Roy de Telensin , rétablit ce Prince dans lesEtats, aprés avoir vaincu Barberousse, proche la riviere.d’Hocxda.Cheredìn OuHairedin Barberousse fut proclameRoy & Successeur de son frere Aruch, tout d une voix.Cependant la crainte d’avoir des ennemis trop puissans con-tre qûi il pourroit avoir peine à se défendre, lui fit envoyerdes presehs & des Députez au Grand Seigneur , pour sup-plier SaHautesse de le vouloir prendre en fa protection,luy& ses Etats, & de .les défendre contre la violence des Chré-tiens,a joûtantqu’il se soûmettoità lui comme son vasiasipouine tenir son Royaume que s 8 us la simple qualité de Bâchaoude Viceroy. Le Grand Seigneur dépêcha auffi-tôt deuxmille F ures, & permit à toutes fortes de gens d aller au se-cours d’Hairedin, leur promettant les mêmes immunisezdont les Janissaires jouissent à Conftantiftople. Cefutámlique le Royaume csAlger tomba en là puissance du Tui c,qui le fait gouverner par un Bacha de même que celui d E-gypte. Les Máure's nomment le Bacha d’Alger Sultan , e esta dire, Souverain. . -
Ce Gouvernement est aujourd’huy tout ehtiér entre lesmains dés Officiers de la Milice , quoy que du temps desBarbe rousses, fondateurs de ce Royaume , la Bourgeoisiey eut autant de part que la soldatesque. L’origine de cet^bus est, que le Grand Seigneur ayant quelquefois envoyéà Alger des Bachás, qui ne plaifoient pas aux Janiuairesjtes mutins en élifoient d’autres fans qu’il crût devoir repn-mer leu r insolence , de peur qu’ils ne secouassent tout a faitìe ípugi Ainsi il s est contenté qu il y eût quelqu’un à Algerqui représentât fa pérsoUtte, & qui prît garde qu on n y fitr ’eu contre son service ; de sorte que le Bacha n’est là qu unViccroy en peinture,- puis qu il ne peut rien faire d’impor-tmt fans le consentement du Conseil des Janissaires. C estdonc la Milice qui a tout le pouvoir en main, & cela paroitpar leurs Edits. & leurs Ordonnances qûi portent ce titre :Nous grands & Petits $ Membres de la piújfaíîte & invincible MiliteAlger, M d e tout \ e Royaume, avons conclu. & aï'ïêté , &c\ _•n' C Conseil d’Etat n’est composé que des Officiers dès Ja-nissaires,-& s’assemble dans l’Alcafseve le Samedy jour dugrand Divan. Les trois jours fuivans il s’assemble dans unegrande cour qui est au Palais du Bacha. Ce Baçha ne ssau-roit entrer dans le Divan , si le Conseil ne le fait appellerpar ses Chiaoux ou Huissiers. Les Conseillers sont rangez enbom UA ga, qui est le Chef & le Président,est au hautíìmnl’pA àiî les propositions. Le Bacha j S il est présent, ditumplement so n avis ^ & n > a pas p lu S de voix qu un autre. Laíeconde place est p our \ e Secretaire du Divan , qui enregis-re tout ce que l’on y conclut. La troisième est occupée parT , ^ ln gt-quatre Ajabáchis,les premiers Officiers après 1 Aga.1 ‘ont assis dans une galerie de la même cour, chacun íe-k n í on rang. La quatrième est pour les Bouloucbachis: Et- c,nc iniéme pour les Odabachis. Quand on a des affaires
portantes à traiter, on y appelle aussi les Manfòul-Agas,j. Agas qui sont hors de charge: Le Divan est composej ^fdipaire cie sept ou huit cens personnes, à cause que tousains t erS fini se trouvent à Alger ont soin de s’y rendre;Ay J e nombre va quelquefois jusqu’à quinze cens. LesJabachis, & l es Bouloucbachis,qui forment la plus grandeç Q J Ie du Conseil, demeurent debout au milieu de la baueijj > chacun à fa place, tenant les mains croisées surssesto-s a J'Jns chànger de postuVe , quelque tempS qu il fane ,& cjcfàife les mains,à moins cí’une nécessité tres r preílante,que J P°rter d’épée ; ni même de couteau,de peur de quel-hem H^lte. Ceux qui ont des affaires au Conseil, se tien-GhiaA Vaht k porte de la cour, où sont postez plusieurs
Uîc qui leur présentent du Café à boire-. Toutes les
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affaires s’y traitent en Langùe Turque ce qui obligé lesMaures & les Chrétiens à avoir des Truchemens pòiir expli-quer en cette Langue leurs plaintes & leurs requêtes. Voicyde quelle maniéré les voix sc recueillent. L’Ága,âpres avossfait là proposition, sc tourne vers le Bacha, s’ii a été appel-le , puis vers les vingt-quatre Ajabachis. Ensuite quatre Of-ficiers , appeliez Bachouldala , repetent la proposition.de l’A-ga à haute voix, niais fans sortir de leur rang. Les Officierssc la redisent les uns aux autres,avec force grimaces, &. untintamarre horrible , quand la chose leur déplaît. L’Àgáforme sa conclusion, selon qùe le nombre des voix sont fa-vorables ou contraires à ce qu’il a proposé: Ainsi la Justicene peut être que fort mal administrée dans cette Assembléetumultueuse, où les Conseillers, qui sont la plûpárt de mal-heureux Artisans, qui ne sçavent ni lire ni écrire, jugent détout souverainement, sons consulter fort souvent que leurpassion. Quand.les femmes ont des plaintes à porter , ellesviennent voilées j & quelquefois plus de cent ensemble,de-vant la porte du Divan, criant de toute leúr force ,char ÀMJustice de la part de Dieu. Toutes les formes qu’ils obser-vent, c’est d entendre des témoins, aprés quoy ilâ jiigetìt;Quand òn écrit les Sentences, ce qu’on fait tres-raremení $on ne les signe point ; on les marque feulement du sceau duViceroy ou du Cadis. On peut appeller du Cadis j du Bâ-cha même & de scs Officiers, à l’Aga des Janissaires, & atiDivan, qui est lá Cour Souveraine. Les femmes surprises eiiadultéré ; sont attachées à une corde qu’on tietít pár le boutavec un bâton, & on les laisse dans seau jufqu’à ce qu’elleísoient étousées. II arrive peu souvent qû’on punisse lejTurcs dé mort,si ce n’est pour sédition ou pour revolte.Oríles étrangle , où bien On les pend à un crochet. S’ils sontquelque soute plus legere ; on retient leurs gages ; & Ior£qu’ils sont Officiers, on les remet aii ráng de simples Janis-saires ; en sorte qu’il faut qu’ils montent tout de nouveàu jd’offiée ert office. On les étend quelquefois par terre * & Onleur donne deux Ou trois cens coups fur le ventre, fur l’é-chine, fur les reins, & sous h plante des pieds. Quúy qffsles Juifs áyent leurs Magistrats particuliers, qui jugent selonleur Loy, lé Bacha qui veut avoir de l’afgent, ne laisse p3Íde condamner à de sort grosses amendes ceux d’entr’euxqui tombent dans quelque faute. Les Chrétiens libres & demême Nation sont jugez par leur Consul lors qu’ils ontentr’eux quelque diffèrent. S’ils orit quelque chose à démê*ler dvec les Turcs & les Maures, ce font les Commis de liDouane, qui avec le Consul leur rendent justice. On ob-serve les mêmes formalisez & le même ordre entre les Offi'-rcíers dans les Gouvernemehs particuliers qui dépendent duRoyaume d’Algér. II y a un Gouverneur qui represente leBacha , un Aga qui est sóûmis à eeluy d’Alger, & un Jugeinferieur.Dansles Adoiiars óuTentes des ArabeS, le Chequei #qui en est le Chef, est comme le Lieutenant de l'Aga ; &dans les Navires des Corsaires, qui sont comme des Répu-bliques à part, le Capitaine qu’ils nomment Árraiz,y fait leBacha ,&-choisit dès Conseillers entre les Janissaires OuìeS plus vieux soldats.
Les Mahométans d’Algér ont la même créance qué lesT ures, si ce n’est dans quelques superstitions tres-ridicules.
Ils croyent qu’en jeûnant sept ou huit mois on peut être as-suré de son salut ; que les Mararbous les plus célébrés sontinspirez par un démon ; que les soux & les sots font deàsoints & des élus de Dieu ; que les pechez contre naturesont des vertus ; que c’est un honneur pour leurs Femmesque d’être violées par des Marabous ; qu’en nourrissant desbêtes, & sc lavant dans la mer ; on estace scs pechez ; quec’en est un de laisser tomber de son eau fur scs habits, dejette r du papier à terre, de porter l’Alcoran sous fa ceintu-re, de le laisser toucher à quelqu’un du menu peuple, d’é-ternuer, de roter , de boire dans une bouteille à cou étroitensorte qu elle fasse le glou-glou ; de fermer les chambresla nuit, de battre du pied en jouant à la paume , d écrireavec une plume , & non avec un roseau,, de manger des li-maçons, parce qu’ils les tiennent soints, de garder des livresimprimez, des statues & des images d’hommes ou de betes,de sc servir de cloches, de laisser entrer des femmes & desChrétiens dans leurs Mosquées, d’éehanger un Turc contreun Chrétien prisonnier, de toucher de 1 argent j de le met-tre en défense, ou d’étancher le sang d une playe avant quela prière Sala soit achevée. Ils ne châtient leurs enfansqu’en leur donnant des coups da verges fous les plantes despieds; les châtier autrement leur semble un peche. Ils s i-magineín que íà nuit du premier jour qu ils célèbrent leur