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Tome I. [A - D.]
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AMONE. Riviere d’Italie. Les Latins rappellent Ahenïo ,& quelques uns veulent que X Anemo soit le Montone. Elle a fasource au Mont Appennin, arrose la Romagne-, où elle rendTe Paystres-agréable;& aprés avoir passé à Faënza,ou Fayen-ce, elle fe décharge dans le Pô auprès de Ravenne* Maty,Dist. de Holl. 1701.

Quelques-uns dífent que c'est dans le Golfe de Venise quecette riviere se jette à-trois lieuës de l’embouehûre du Pôde Primaro , vers le Midy.

AMORBACH. Ville d'Alemagne. Elle est dans la Fran-conie , & située fur la petite riviere de Muldt, qui Va fejet-ter dans le Rhin , à peu de distance delà. Cette ville estap-pellée en Latin Amorbachium , & appartient à TElecteur deMayence.

AMORIUM. Ville ancienne de la grande Phrygie. Elleest dans FAsie Mineure fur les frontières de la Galatie.avecArchevêché fous le Patriarchat de Constantinople. Cetteville si célébré dans les ouvrages des anciens Auteurs, & l’u-ne des plus belles d'Orient, fut ruinée vers Tan ôqo.LcEheó-phyle Empereur des Grecs, fils de Michel le Begue, en futla cause. Ce Prince dont Amorium étoit la Patrie ayant dé-fait lesSarasins , contre lesquels il s'étoit mis en campagne,Teur prit les villes de Samofate & de Sosopetra, dans le Paysd'Amerumna leur Calife , & les renversa de fond en com-ble, fans avoir aucun égard aux instances d'Amerumna,qui le fit prier de les épargner. Le Calife indigné de cetaffront, résolut de s'en venger par la ruine à*Amorium. IIs’avança vers la Cappadoce & la Phrygie avec une formi-dable armée , dont les Soldats portoient écrit fur leurs bou-cliers le nom de la ville que leur Chef avoir résolu de dé-soler. Amerumna yen étant rendu le maître, fans que le se-cours qu'on y envoya Teût pû garentir, sacrifia tous les ha-bitans , fit mettre le feu par tout, & la réduisit en cendres.* Strabon. Pline. Ptolemée. Zonare. Curopalate.

Amorium a été aussi la Patrie d'Efope, qui vivoît dutemps de Solon, fous la LI. Olympiade, vers Tan 57 6. avantl’Ere Chrétienne , & fous le régné de Crefus dernier Royde Lydie. II naquit si laid & si difforme, qu'à peine avoit-il la figure d 5 homme ; mais son esprit étoit extrêmementéclairé, 8í quoyqu'il fût devenu Esclave, son ame fe main-tint toujours libre , contre les adverfitez de la sortyne. Cesut pour fe mettre au-dessus de fes malheurs dans la servitu-de qu'il compost Igs Fables ingénieuses qui font parvenuesjufqifà nous. Le premier Maître qu'il eut Tenvoya auxchamps pour labourer la terre. II le donna ensuite à uncertain Zenas qu il fervoit en qualité de Maître d’Hôtel.l/n Marchanda qui Zenas. le vendit étant allé à Samos lyrevendit à un Philosophe appellé Xanthus. Ce fut sous cedernier Maître qu'il fit paroître la vivacité de son espritpar differentes réponses qui marquoient son caractère. Eso-pe ayant conseillé à ceux de Samos de s'oppofer à Crefus,qui femblôit vouloir entreprendre fur leur liberté, ce Royqui le fçut le fit venir en st Cour , dans Tenvie de voir unhomme cf un genie si rare. II admira la subtilité de son es-prit , & ayant conçu beaucoup d’estime pour luy , il Ten-voya à Delphes, où les habitans indignez de ce qu'il avoitose les railler dans quelques Fables,le précipitèrent du hautcfun rocher, aprés savoir accuse faussement d'impieté. Ondit que st mort fut suivie cf une peste qui fit de grands ra-vages dans Delphes , & que les Delphiens ayant consultés Oracle pour fçavoir par quels moyens ils pourroient lafaire cesser, st réponse fut qu'ils n’en feroient délivrez quequand ils auroient satisfait aux Manès d Esope. On ajouteqifaussi-tôt une Pyramide fut élevée 3 st gloire, & que laGrece députa des Commissaires pour informer de st mort,dont elle punit feverement les Auteurs.

AMORRHEENS. Anciens Peuples appeliez ainsi, parce•qu'ils étoient descendus d'Amorrhée fils de Canaan, ifs ha-bitoient du temps de Moïse tout le Pays qui est au-delà duFleuve Jourdain, entre les Torrens de Jabok & d’Arnon.Ces Peuples étoient gouvernez par deux Rois puissants.L unnommé Sehon, regnoit en Hefebon, & Tautre qu’on appel-loit Og, avoit sous st domination Bastn, Galaad & Gaula-nite. Moïse ayant demandé passage au premier,en. luy pro-mettant de ne faire aucun degast fur fes terres,le refus qu'ilen reçut Tobligea de Tattaquer, & les Israélites vainquirentSehon, auffi-bien qtfOg qui vint pour le secourir, ce quiarriva Tan du Monde M 53 * Depuis ce temps-là le Pays desAmorrhéens fut occupé par lesTribusde Ruben & de Gad,& par une moitié de celle de Manassé.*Genefe, ch. 10. Deu-Ceronome 3. Jofephe, /. 4.

ÂMOSSÔN. Riviere de France dans le Languedoc. ÉMa fa source au-dessus de Grabels au Diocèse de Montpel-lier , passe au Pont de TÂmosson , aprés quoy elle fe jet#dans f Etang.

AMOU. Fleuve cf Asie, que Tes Anciens appcïloient 0 ^& Bmm. II naît au Mont-Imans, & a son cours de TOrien*àfOcCident. Cependant íórfqu’il s'approche du Pays0'Khovarèzm, il serpente beaucoup, & semble remonter vef 5st source ; mais enfin il fe réfléchit & vient décharger soeaux dans la mer Caspienne vers le Couchant. Les Géogra-phes modernes fappellent Abiamu , c'est-à-dire, le FleiMAmu ; parce que Ab en Langue Persienne signifie Eau &viere. Les Arabes le nomment Gibon & Neher Baíkh, qui veutdire la riviere de Batkjie , à cause qu’il passe par la ville dice nom. C'est cette riviere d’Amou qui fait une séparationnaturelle entre les Provinces habitées par les Turcs Oriesl-taux, & celles qui composent aujourd’huy le Royaume dtPerse. Celles-cy font appellées d’un nom général Iran, #les autres font nommées T ottran , & lorsque les Arabes par-lent de ces Nations, ils disent qif elles habitent le Pay sde Maurenahar , c'est-à-dire , qui est au-delà du FleuvsAmou. Plusieurs prétendent que Ce Fleuve a tiré son non 1d'une ville qui est située fur fes bords que Ton nominNArnouiab & Amol, * Herbelot, B bltóteqiie Orientale.

A M OU L. Ville de Perse , dont les habitans font uàgrand trafic de denrées à Btikara, & en rapportent d'excei-lentes prunes que son terroir produit en grande abondance*Cette ville est à 72. degrez 20. minutes de longitude, Sc 336. degrez 35. minutes de latitude, selon les Géographes d§Pays.

AMOURGO. Lune des Isles Sporades, assez voisineStampalie, & éloignée de Naxe d'environ quarante mille?Elle n’en' a que cinquante de circuit, & trois de largeur*Dans fa longueur, elle s’étend du Nord au Midy, & le ter-rain y est montagneux. Il n'y a dans cette Iíle que deuiPorts, qui soient commodes. L'un a st pointe vers le Midy»& Tautre dans le milieu qui regarde le Couchant. Ce der-nier , quoyque moins feur,est beaucoup plus fréquenté qu eI autre ; & cela vient du voisinage du bourg. On voit fur hdroite en y entrant, les restes d une ancienne ville, & com-me des ruines de magasins, dont les voûtes sont presque pattout en leur entier. Au milieu de ce bourg , qui est le semqu'il y ait encore dans fífle , paroît un château bâti autre-fois par les Ducs de Naxe. 11 y a dans Àmourgo deux chost 5fort curieuses à voir. L'une est le Monastère de Notre-Da-me , pratiqué dans une caverne large & profonde , fur 1 {penchant d’une montagne tres-hauteau côté du Levant. ONn'y peut aller que par un sentier fort étroit dans le roc , #pour entrer dans le Monastère,il faut monter une échelle <Rquinze ou vingt échelons. Au haut de cette échelle on trou-ve une petite porte de fer , qui en est la feule entrée. L'E Jgliíe, le réfectoire, & les cellules des Religieux qui viveu^en communauté dans cette grotte,font presque toutes creu-sées dans le roc, avec un artifice admirable. Ce font Reli-gieux Grecs, au nombre de plus de cent. L'autre chose re-marquable dans cette Isle , & qui a une singularité surpre-nante , c'est TUrne de Saint George. A T entrée de TEglife»dédiée à ce Saint, on voit un gros marbre, enfoncé en terre».creusé & poli par dedans , à peu prés en forme de ruche*Cette concavité fe remplit d'eau , & fe vuide d'elle-mêm e ’sins que Ton puisse fçavoir ce qui donne à l'eau ce mouve-ment , & par où elle peut passer, le marbre étant tres-épa»?& si poli par dedans",avec une si grande continuité de partie?

a u’on n'y apperçoit pas la moindre interruption,ni le moin're petit trou, outre que f ouverture est toujours bien fer-mée à clef Ce qui surprend davantage, c'est que dans Te»'pace d'une heUre , TUrne fe remplit & fe vuide visiblementplusieurs fois. On la voit si pleine en un moment, que TeaNregorge dessus ; & elle devient si sèche un moment aprés»qu'il ne paroît pas qu’il y ait eu de l'eau. Les Grecs du Pay squi ont un voyage à faire , ont la superstition de venir con-sulter TUrne avant leur dépárt. Si l’eau y monte,le succès eNdoit être heureux. Si au contraire TUrne est sèche, oul'eau y soit basse, ils en tirent un mauvais augure, & ne pa-tent point,à moins que les affaires qui les y obligent ne sòíc I,ífort pressées. Ce miracle prétendu , dont il est parlé d^ stoute la Grece, est fort lucratif au Papas, qui a soin de fífgliíe de Saint George, où le concours des Grecs est conti-nuel. On y vient des lieux les plus éloignez ; les uns sérieu-sement pour s’instruire de Tavenir ; & les autres pour êtftémoins oculaires de la chose. 11 y en a quelques-uns qui n /