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Tome I. [A - D.]
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nommé T rigonon. A quelque distance de là, au Midy duPrytanée , on voyoit trois autres Tribunaux fort célébrés.L’un de ces trois s’appelloit Heli&a , c'est-à-dire , exposé auSoleil. C’étoit le plus fréquenté d’Athenes. Le grand nom-bre de causes que Ton y plaidoit, obligeoit souvent les au-tres Tribunaux de s’y assembler. Le second s’appelloit Stra-tegion , c’étoit celuy de f Archonte : & le troisième fe nom-moit Thesmotefion,pa.rce que les six derniers Archontes nom-mez Thesmotbetes y préíìdoient. A fOrient de ces mêmesTribunaux , étoient les Statues des dix Eponymes, c’estainsi qu’on appelloit les dix anciens Héros qui avoient don-né le nom aux dix Tribus du Pays Attique. Derriere cesStatues étoit le lieu appelle T holus , où les Prytanes alloientfaire des sacrifices folemnels. Prés de là, en côtoyant leChâteau , on trouvoit le Temple de Mars. La muraille duChâteau , qui est derriere le terrain où étoit ce Temple, estproprement celle qu’ils nommoient cimonion,ovL le mur Aus-tral. On voyoit autrefois dans ce mur la tête de Medufe, &le bouclier de Jupiter, que l’on appelloit ^Egis. Dans le rocqui est au dessous, on voit encore la caverne où étoit le Tré-pied consacré à Apollon & à Diane. Un peu plus loin , fontaussi quelques cavernes où les Bergers fe viennent réfugieravec leurs Troupeaux j quand on parle de quelque descen-te de Coríàires.Là auprès,on découvre les ruines de fodeon,superbe Theatre de Musique,où tant de célébrés Musiciensont disputé le prix que la République décernoit au plus sça-vant. Lors que Sylla menaça la ville d’un siégé , pendant laguerre Mitkridatique, le séditieux Aristion brûla la char-pente de 1 ’odeon , de peur qu’elle ne servît à favoriser lesattaques des Romains. II fut rétabli par les liberalitez d’A-riobarzane , Roy de Cappadoce. A quelques pas de là ,on entre dans le quartier de Lymiu ou des Marais, remar-quable par l’ancien Temple de Bacchus. C’étoitlàque fecelebroit tous les ans la Fête des Bacchanales par quatorzePrêtresses, nommées Gerara. Lesfolemnitez en étoient gran-des; on y voyoit auprès d’un Autel la fameuse colomne,qui portoit une Inscription pour le reglement du mariagedes Rois, que la Loy obligeoit à épouser une fille vierge, &née à Athènes. On voyoit aussi dans le Lymiu un lieu d’e-xercices, appellé Lymnomacbia ,où les jeunes enfans de la villevenoient faire des combats à coups de poing.

Aux environs est un autre lieu, devenu prairie , aprèsl'avoir été dans les autres temps , quoy qu’ensuite on Taitveu rempli de superbes édifices.La prairie s’appelloit Lemon,& à l’un de fes cotez il y avoit autrefois un bosquet de peu-

{ ,fiers, que l’on nommoit^Egyron. Le? Paysans d’Icaria, vis-age voisin, qui porterent la Comediè à Athènes, commen-cèrent leurs représentations en ce lieu-là, & le Peuple fe ser-vit des arbres de 1 l^Egymi pour accommoder les échafauxoù il fe plaçoit, afin de jouir de ces rustiques spectacles. IIy a dans la prairie un petit ruisseau qui mene fur les bordsde la fameuse fontaine Enneacrounos , appeliée Callirboé dansles premiers temps. Elle est bien déchue de ce qu’elle fur.Au lieu de neuf tuyaux , que Pisistrate y fit faire, elle n’aaujourd’huy pour tout bassin que le seul gazon de la prairie.Derriere des arbres, & parmi des herbes, on voit les débrisdu Theatre de Bacchus, qui est le premier Theatre donton ait jamais parlé. On y reconnoit encore le trait de l’en-ceinte , & l’on juge de la magnificence de tout le corps, parles démolitions qui en restent. Le mot de Theatre chez lesAnciens signifioit tout le corps d’un édifice, où l’on s’af-sembloit pour voir des représentations publiques. Ce futPhilon , fameux Architecte, qui bâtit celuy-cy da tempsde Pericles il y a plus de deux mille années. Son dessein futencore suivi par Ariobarzane, Roy de Cappadoce, qui lerétablit une premiere fois, & par Adrien, qui le répara uneseconde.. Son dehors étoit composé de trois rangs de Porti-ques , élevez l’un fur l’autre ; & à l’égard du dedans', com-me il avoit deux lieux principaux, celuy des Spectacles, &celuy des Spectateurs, chacun des deux étoit composé defes parties différentes. Celles des Spectacles étoient f Orches-tre , ÏHypose entonne Logeon , ou T Intime lé, le Proscenion, le Para-scenion & la Scene. Les parties du lieu des Spectateurs étoientle Coniftra ou Parterre , les rangs des degrez ,, les Diaz,oma , ouCorridors, les Gradins, ou petits escaliers , le C ercys & les Echos.La structure interieure du Theatre regnoit en arc de cercle,jufqu’aux deux encognures de la face du Proscenion ; & furcette portion de circonférence , s élevoient vingt-quatrerangs de íieges par étages, qui regnoient circulairement au-tour du parterre, pour placer les Spectateurs. Les meilleuresplaces étoient fur les huit rangs, compris entre le huitième

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& le dix-feptiéme. Ces rangs, que l’on appelloit lecon , étoient destinez particulièrement pour les OW c *de Judicature. Les autres rangs s’appelloient Ephebicon-Citoyens s’y plaçoient si-tôt qu’ils étoient entrez dans 1dix-neuviéme année. Au dessus du troisième Corridor, ^le voit une Galerie ou Portique, que l’on appelloit C(fJ^C’est où les Athéniens plaçoient leurs femmes. Les Courfanes avoient un lieu séparé. On mettoit aussi dans le Çef Jles Etrangers & les Amis de Province, parce qu’il fall° lt: . ^cessairement avoir le droit de Bourgeoisie, pour être p|*fur les degrez. Même il y avoit des places qui apparteno 1en propre à des particuliers, & c’étoit un bien defut c ^sion qui alloit aux aînez de la maison. On ne sçait p aS ^juste quelle étoit la capacité de ce Theatre. Comme ssLquefois lePeupley tenoit fesAssemblées pour regler les ares de l’Etat, il falloit qu’il pût contenir du moins six uu^hommes, puisque lesLoix Attiques vouloient positive®^qu’il y eût six mille suffrages pour autorisé un decr« £Peuple. L’enceinte exterieure de l’édifice étoit toute de &bre, & composée de trois Portiques, l’un au dessus de 1 ^tre, dont le Cercys étoit le plus élevé. II n’y avoit point ^toit qui couvrît ce Theatre, ce qui obligeoit les Atheniqui s’y voyoient exposez aux injures de l’air, d’y venir a ,de grands manteaux,pour fe garantir du froid & de la pW& pour fe défendre du Soleil, ils avoient un Sciadionsos 1nôtre parasol. S’il arrivoit quelque orage inopiné,lestateurs se retiroient, ou fous les Portiques de l’enceinte ■terieure,ou fous le Portique d’Eumenicus, qui étoit) 0 *auTheatre.Quoy que leTemple de Bacchus en fût p r .°comme on ne l’ouvroït qu’une fois satinée, il n’étoit Ppossible de s’y retirer. Le droit d’entrer au Theatre de ^chus, coûtoit à chaque Citoyen, tantôt deux oboles, tantrois. Cet argent étoit employé aux petites réparationsbâtiment. Les personnes de la premiere qualité faifoientfrais de l’appareil des représentations, & c’étoit au fort^l’on tiroit de chaque Tribu un homme qui étoit obligefaire cette dépense. II ne reste rien aujourd’huy du s >ort *jLd’Eumenicus, qui étoit derriere la Scene, c’est-à-dire, âyjriere les colomnes, & les ornemens d’Architecture,étoient élevez dans le fond & fur les ailes du Proscenion , ,cjui en faifoient la décoration. Ce Portique d’Eumen 1 ^etoit un double Portique, composé de deux allées, que ^colomnes séparaient l’une de fautre. Le plan duétoit élevé fur le rez de chaussée , de forte que de la rue ^n’y entrait pas de plein pied, il falloit y monter p ar síperrons. II formoit un quarré long , & l’efpace de £Êqu’il renfermoit, étoit embelli de palissades & de ver p 0 j*pour réjouir la vfìë de ceux qui fe promenoient dans le * ^tique. On y faisoit les répétitions des ouvrages de The acomme celles de la Symphonie fe faifoient dans fO®^Le quartier de Diomea n’est pas éloigné du Theatre ^Bacchus. On y voyoit autrefois un Tribunal compactsoixante Juges, & un Temple de Jupiter , surnomme P. (mêen. L’ancienne Porte de Diomea étoit au pied de la coide Cynosarges , où l’on voit encore quelques ruines. Ce í u ^que les Philosophes Cyniques établirent leur Ecole- .cofìtume étoit d’aller exposer à Cynofarge les en fins d . ^naissance illégitime, & on y voyoit un Gymafion , ou ,d’exercice, pour eux, pour les enfans des affranchis,& P? fceux qui étoient sortis de parens Etrangers. Les Atheo* , {les confondoient tous ensemble. On y trouvoit un T 0lI1 Ld’Hercule, qui étant né d’un adultéré, étoit invoque m ^pied là. Auprès de ce Temple il y avoit un'Tribunal»^quand un Bâtard croyoit avoir avéré fauteur de sa na }- e(í lil le mettoit en justice pour fe faire reconnoître. A 1 ^ rl cí ,de la colline,font quantité de Tombeaux,& entre iUtt eS $luy du Lacedemonicn Anchimolus , dont Hérodote t3 f°r 0 flla mort,& ceux d’Ifocrate, de fa femme Plataaa , d e -jj e ,fils adoptif Apharseus, & de quelques autres de fa fâjVj,..II y avoit fur le Tombeau d’Ifocrates les figures d’un A ^ton & d’une Syrene, pour marquer, & la bonté de s° n ^turel, & la douceur de son stile. Le quartier à’Alop eí ’ ySocrates & Aristide naquirent, en étoit tout proche- jtrouve aujourd’huy un grand canal qui est sec, où les ede l’Ilissusfe déchargement autrefois, pour la commun, ption de la ville & de la marine. Les barques venoient JI -qu'au pied du Musaon. On y voit aussi un bois d’oliviej. 4^régné d’un côté jusqu’à moitié chemin dePorto-liou^v^gde l’autre s’étend du Midy au Septentrion ,& f a ^. CO j e cíun demi cercle, qui embellit le territoire de la ville ^côté-là, En descendant de Cynofarge, par fendross