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Tome I. [A - D.]
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ceux du Roy dé Portugal. II tiroit avec une sic te vers les. Indes Orientales, Lc comme il prit fort au large, afin d’éviterla côte de Guinée , il fut poussé par les vents au Continent"opposé de l’Amerique Australe, & donna le nom de Santa*Cmz> à cette Province. Ce nom a été changé depuis en ce-_lay de Brésil, à cause de Tabondance du bois rouge appelleJSrefel , présentement si connu dans toute l’Europe, & qui estparticulier en quelque façon à ce Pays-là. Quoyqu’íl soitpresque auflì éloigné du Pôle antarctique que le Perou, &lavé de la mer du Nord pour la plus grande partie , il estplus chaud , 5e humide excessivement, étant sujet à beau-- coup de pluyes Sc de neges. Le Ciel y est le plus souventcouvert de nuages, Sc la terre étant remplie csépaisses forêts,ne reçoit les rayons du Soleil que fort difficilement, ce quifait que quelques-uns sestiment mal faine. D autres au con-traire élèvent cette Contrée fur toutes les autres, Sc veulentque Pair y soit sain, à cause des vents doux qui viennent dela mer, & qui dissipant de bonne heure les vapeurs du ma-tin , rendent les jours sereins & tempèrent la chaleur. Laterre est en partie étendue en plaines. & relevée en partie endouces collines On ne laisse pas d’y trouver souvent dehautes montagnes. Elle est grasse & fort fertile, & outre lesfruits étrangers elle porte des cannes de sucre en telle abon-dance , que c’est un revenu tres-coníìderable pour les Por-tugais. Voicy de quelle maniéré en parle un de leurs Au-» reurs; Le Breíìl est un climat presque temperé. L’air y est« saia, & les hommes y vivent quelquefois juíqu’à cent ans.ri II n’y a pas communément de grandes chaleurs, aussi n’yri fait-il pas froid. Le Ciel y est clair, principalement la nuit,« mais les rais de la Lune y font dangereux. Comme le So-ri lest s’y leve en même temps que lAurore, il n’y a presquew point de crépuscule. La même raison est pour le soir.o? L’Hiver y commence en Mars, & finit en Août, & il y a-os peu de différence entre les jours & les nuits pour la lon-gueur. La terre y est marécageuse, à cause de la trop gran-it»™ de humidité causée par les pluyes, & par les débordemenst os des rivières. On y voit de grandes forêts qui demeurent,3 toujours vertes. Le Pays est montagneux, principalementru ce qui est lavé de la mer , depuis Pernambouc jufqu’au**3 Gouvernement nommé Sprint Santo. II s’y trouve peu des »3 pierres ; mais au dedans de la Région, il y a des montagnesibs entieres comme pavées de fort grands cailloux. Elle est ri-: os che en tout ce qui est nécessaire à la vie de f homme, quoyr os que de tout ce qui peut servir de matière à fe faire des: 33 habits elle ne fournisse que du coton.

Les Sauvages du Breíìl n’ont presque aucun sentiment det Religion, & racontent je ne sçay quoy d’obscur du Déluge,sans rien fçavoir de Longins du monde. Ils disent que touslés hommes ayant péri par les eaux, il n’en resta qu’un avecíà soeur, & que c’est d'eux qu’est venue leur race. Ils n’ontconnoissance d’aucune Divinité, & pour exprimer ce qu’ilscroyent être au dessus de l’homme, ils fe fervent du mot deJap 4 , par lequel ils entendent une souveraine Excellence,d’où vient qu’ils appellent lc tonnerre Tupa canunga , c’est àdire ,un son fait parla suprême Excellence. Ils ne sçaventnon plus ce que c’est que le Paradis & l’Enfer, encore qu’ilscroyent que les âmes demeurent aprés leur séparation «La-vée le corps , étant quelquefois converties en Démons, Aquelquefois transportées dans des champs arroser, Sc agréa-blement revêtus de divers arbres, où elles dansent conti-nuellement. Ils craignent fort les esprits malins, à qui ilsdonnent divers noms , & quelques-uns d’entr’eux tâchentquelquefois de les appaiser en plantant un pieu en terre, Scy mettant des presens auprès. Ils mangent la nuit ainsi quele jour, fans observer aucune heure en leurs repas. Quandils ont des vivres en abondance, ils font bonne chere, lans fesoucier de l’avenir, & se plaisent fort à en faire des presensà leurs amis , ne .trouvant aucun vice plus honteux que La-varice. Chair ou poisson, tout leur est indiffèrent, juíqu’àmanger les animaux les plus sales, comme serpents, crapauts,rats i vers, & autres insectes. Ils ne boivent point pendantleurs repas ; mais ensuite ils s’emplisscnt d’eau ou de Caguy*qui est une boisson faite de Manioc 8c de Mars,ce qu’iis sontsouvent avec une telle avidité qu’iis en tombent y vies. Leurslits sont des rets de corde sort bien faits, qu’ils pendent àt’air ou fous leurs toits entre deux pieux, allumant du feuauprès, contre les mauvaises vapeurs qui s’élevent de la ter-re. Ils vont nuds, tant les hommes que les femmes, à l’ex-ception de ceux qui fréquentent les Portugais, & ils se tei- ,gnent le corps de différentes couleurs, 8c íur tout du socfl'une herbe qui rend leur peau noire. Ils tracent par dessus

ce'noir quelques lignes blanches, & imitent même la fbrdes habits. Ils se font des couronnes, des colliers, des otselets & d’autres parures, avec des plumes d'oiseaux>nourrissent leurs cheveux , quoy qu’ils s’arrachent toutpoil qui vient ailleurs. Les hommes fe tondent diverses ’quelquefois en couronne, Sc quelquefois d’une autre ®niere, ce qu’ils font avec tant de variété, que les Nat* 0qui font en grand nombre fe distinguent par la fortnetonsures. Les femmes portent les cheveux longs, si ce uquand leurs maris font en voyage., ou quand ellesfo»deuil. Alors leurs cheveux couper sont Connoître leur e ^grin. Leur cheveleure est noire communément’, poh e >soigneusement peignée. Les mariages fe font en parlant ielement aux parens ou aux amis de la fille. S’iís Laccora e >celuy qui La demandée la tient pour fa femme, & s’ils bfusent, il fe retire fans s’offjnser du refus. Ils prennent p Jsieurs femmes qu’ils abandonnent ensuite pour de fort .gérés causes,& ne connoissent pour degrez de proximité sspuissent leur servir d’obstacle dans leur recherche,que cí ^

de mere, de sœur , &de fille. Ils ne se marient orch nal .

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ment qu’aprés avoir pris & tué quelqu’un de leurs enn eLe mary & la femme vont presque toujours ensembles “c’est aux champs, la femme fuit le mary , afin que s ^contrent ou quelque ennemi ou quelque bête sauvage» ^ait le temps de regagner fa maison pendant que lcdéfend, j c í

Ceux qui demeurent dans les villes & dans les bourg* ffont toujours marcher leurs femmes les premières, ? zprendre garde à leurs actions. Elles accouchent étenduterre, Sc le pere ayant pris l’cnfant, coupe le boyau du 11bril avec les dents, & jeûne jufqu’à ce que la playe foss 8^rie. Estes ne font pas plutôt délivrées quelles vont se f pd’eau froide à une rivière ou à un torrent. Le foin q u ^prennent de leurs enfans en leur servant de nourrice* P ^dant un an tout entier, sait qu’elles les aiment éperdue®‘ £ensorte qu’elles ne lés châtient jamais de peur de lc 51 ^crier. Dés leur enfance on leur perce la lèvre d’en basf,^y mettre un petit os bien poli, blanc comme Lyvoise, 1 ^ôtent & remettent comme il leur plaît. Erant dans u° jjjplus avancé, au lieu de cet os, ils portent quelque P*? f e J|íjaspe ou émeraude bâtarde , qu iís accommodent demaniéré qu’elle ne sçauroit tomber. Quelques-uns en P^tent de la longueur du doigt, non seulement dans leu"vres ; mais dans l’une & i’autre jouë, où ils les tiennesme enchâssées. Ils oní le nez plat, Sc ils se le façonnent ^par force, croyant cela une fort grande beauté. Lés f e j £ sne se percent ni les lèvres ni les joues; mais feulent.oreilles, où elles attachent des coquilles d’escârgots qU>pendent jusque fur la poitrine & sur les épaulestent aussi des bracelets de petits os fort proprement 1 j 5ensemble avec de la gomme & de la cire, Sc se peig °, el n Aí

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couleurs, Iljraun oilcau û >ficha» , tacheté autour du c ° jj.

visage de toutes sortes de

petites plumes fort menues, jaunes Sc rouges, qu’ils *r^§quent fur leurs joues en les y attachant avec de la cire » j^.qu’ils Vont à la guerre, ou qu’ils ont quelque fête jbrer. Ils fe font des maisons de poutres & de piecesqu’ils couvrent de feuilles de palmites. Ces maiso stS \ylongues de deux cens ou trois cens pieds, & divisées esl G csieurs demeures particulières, où il y a souvent cl®ûfamilles, & quelquefois davantage, dont chacune est * Qude son feu dans des lits pendans. Dans chaque rnano ^des plus vieux gouverne les autres, Sc le matin il lent $son lit à haute voix commei d’une chaire un dissous c c

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leur apprend ce que chacun d’eux doit faire penjour-là. Ils font de grandes lamentations pour leursqu’ils ne gardent que íix heures. La fosse où ils le* lT1 Jídebout est ronde en forme d’un puits. Si c’est un P e -ç$)famille , ils l’envelopent dans son lit au milieu de la t 11mettant prés de luy ses plumes & ses autres ornemens*^ ^

ire un mois. oendant leauel ils se lettent Con tr ^

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deuil dure un mois, pendant lequel ils se jettentre, pleurant le jour , & criant la nuit. Dans ce ^deuil, les hommes coupent leurs cheveux, & les sein tJ pCmarquent de lignes noires. Ces Nations n’affcctent nque de bien recevoir les Etrangers. Aprés que lc a ° litvenu est entré dans la cabane, & qu’il s’est assis danspendant , la mere de famille, ses filles, & d’autse e (itnies, l’environnent avec les cheveux épars, & I e P* aen pleurant des fatigues qu’il a essuyées, Sc des pèse

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les prétendent qu’il a courus pendant son voy»g c 'plainte étant achevée, elles prennent un viseg e 8

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