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nent les preuves qui font contre l’accusé. Si elles sont bon-nes on l’amene dans une grande plaine, où fe rend le Coeh-que ou Chef,accompagné d’un grand nombre de personnes.On f attache contre un arbre le dos tourné, & on le frappede verges jufqu’à ce que fes épaules ruissellent de sang. En-suite on luy fait tourner le visage du côté des assistans,& onluy jette de la poix fondue,ou une efpece de gomme toutebouillante fur le cou A fur l’estomac. Cette liqueur brûlante•emporte tout ce qu’elle touche. Aprés ce dur traitement onle laisse respirer un peu, on le détache, & on luy donne àmanger, puis on luy lie de nouveau les pieds & les mains &On le laisse trois jours fans nourriture. On marie toutes lesjeunes personnes qui ont eu trop de communication ensem-ble, pourvu qu’ils soient d’une condition approchante. Sila fille est grosse, on passe par dessus la condition, & il faut.qu’elle épouse le galant. On condamne au fouet les adulté-rés , & on fait souffrir un supplice horrible aux incestueux.On jette les criminels pieds & poings liez dans une fosse.Le jour suivant on en retire f homme, & on le pend par lecou à une branche d’arbre. Ceux qui fe rencontrent audessous font plier la branche, & d’autres luy coupant quel-ques parties de son corps, les jettent de tous cotez. Apréssavoir ainli déchiqueté,ils laissent reprendre à la brancheson pli naturel, & ce corps mutilé demeure là pour servird’exemple. Ensuite on tire la femme de la fosse & on lajette fur un bûcher, où elle est brûlée toute vive. Pour lesassassins on leur perce les genoux qu’on attache à leurs épau-les , & on les laisse expirer de cette forte dans les tourmensd'une longue mort, à moins que le meurtrier ne soit quel-que malheureux lourdaut qui ait fait le crime dans les trou-bles de l’yvrogncrie,ou daná les transports delacolere. Alorson pardonner son ignorances il n’est puni que de quelquescoups de follet, ou d'une confiscation de bétail. On voltpar là que les Cafres, quoy que grossiers & Sauvages, ontpourtant de l'amour pour la vertu, & pour l'équité natu-relle. Ils vivent à la campagne sous des tentes faites de bran-ches d’arbres & couvertes de nattes de joncs. II y en a de sigrandes qu’une famille de vingt ou trente personnes s'y peutretirer. Le foyer est au milieu ; mais comme ils n'ont pasl’adresse de faire des cheminées, leurs cabanes fe remplissenttoutes de fumée. Lors qu'ils veulent allumer le feu, ilsmettent deux petits éclats de bois dans un creux, St les re-muent avec les pieds jufqu'à ce qu’íl en forte des étincelles.
Le Terroir du Pays des Cafres est propre à porter desfruits de toutes fortes, étant gras & limonneux en quelquesendroits, pierreux & sablonneux en d’autres. Dans la Con-trée des Cochoques, croissent dans l’Hiver certaines racinesque ces Cafres mangent. Les unes ont le goût de l’anis,d’au-tres celuy de trufes, & d’autres n’cn ont pas plus que desglands de chêne. Les pâturages y sont bons. Le froment, leseigle ou l’orge,viennent sort bien dans les vallées où on lesseme, aussi bien que les herbes odoriférantes & les potagè-res , l’oseille, les châtaignes, lespefches & les abricots. Ony a beaucoup de bétail, gros & menu. Les bœufs sont d’unaemi-pied plus haut que ceux de Hollande. Les uns ont lescornes longues & recourbées ; les autres les ont unies & pen-dantes , Le il y en a qui n’en ont point. Ce font des bêtes quifont charnues fans être grasses. Quant aux brebis, elles ontles jambes fort hautes, une queue toute de graisse, qui pesovingt livres, 6e quelquefois davantage. Les forêts,les plainesLe les vallées nourrissent force gibier, des cerfs, des che-vreuils, des bustes, qu’on volt courir par troupes de soi-xante , de quatre-vingts, ou de cent. 11 y a des sangliers,deschamois, des lièvres & des lapins, avec des dainsqui ont lepoil tout roufsâtre. Leur chair a le goût de l’agneau ou dumouton , & ils sont tellement pefans qu’on les attrape à 1acourse. Les bêtes feroces,comme loups,tigres, léopards, éle-phans,rhinocéros & lion s,fe tiennent fur le sommet des mon-tagnes , & vont chercher leur proye au clair de la lune, í#rtsouvent autour du Fort du Cap, où les gardes allument degrands feux^pour les fasse fuir. On dit que le lion est ac-compagné d’un animal nommé X^-bâ par les Hollandois,qui ressepiblç à un renard, & qui ayant l'odorat extrême-ment fin, découvre la proye de fort loin. Le lion s’en étantsaisi luy en fait part. On y trouve une efpece de rhinocé-ros qui a deux cornes fur le nez. II est de la grosseur d’unéléphant, & a le poil d un gris cendré, hormis un flocon furla nuque,qui est de couleur noire. Sa queue & fes pieds sontaussi semblables à ceux d un éléphant, il a les oreillcsrondcs& droites, & fa legereté à courir est telle, qu’il n’y a pointd’homme qui le puisse atteindre. II y a quantité de tortues
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de terre & d’eau , des chiens qui ont la queue courte »poil noir ou rouge pour la plûpart. La mer prés de jcôte est seconde ìm grands postions & en monstres amphies. On y voit des chiens & des chats de mer, des hipP°srames, des thons, des loups, ou des ours marins, do° ■corps, ainsi que la tête, a beaucoup de l’air d’un ours 5 ^leur museau est bien plus pointu. Ils ont l'extrémité duabbattue,& traînent les pâtes de derrierecomme les^ |Cependant il n’y a personne qui puisse courir plus vite-font hideux, & leurs morsures font presque mortelle 5,a aussi des bœufs marins, que l’on appelle autrementde mer. Ils sont de la grandeur d’un bœuf ordinaire , & "ou trois fois aussi gros que les chiens de mer. Ils vontvent paître dans les prairies comme le bétail. En Eté .ces monstres nagent & f éloignent de la côte, & enfroid les fait retirer prés du rivage ,& demeurer enttkécueils. On a dans les bois grand nombre d’abeilles,qUjj ,leur miel dans des troncs d’arbres. On y trouve de plu". ,sortes de nos oiseaux d’Europe, & des Pinquins, QUloiseaux amphibies,& qui ne s’écartent guere de cettee JIls ont leur plumage fort épais & court, & sont de bfeur des petites oyes. Leurs ailes sont longues comme cj ^des canards, à qui l’on a arraché les grandes plumes, ® (ont une nageoire à chaque pied. Ils sont moucherez de& de noir, ont le bec aigu, & mordent violemment*^nagent, font le plongeon, & fe tiennent tantôt en mer,. {l!tôt fur les roches & fur la terre. Les brossailles foM le ^où ils font leurs nids, & ils pondent leurs oeufs dan 5creux qu’ils font dans le fable. îls en pondent d’ordin ^quatre ou cinq ; ils font plus gros que les œufs des oj^la coquille en est blanche. On prend quantité de ces on?fur terre,à cause qu’ils ne peuvent pas courir. Aussi * e , } «nent-ils dans leurs nids quand ils s’apperçoivent qu’on 5proche.Ils tâchent de s’y défendre de leur bec,& ne f° r yqu’à force de coups de bâton. Leur chair est viíquen^jine devient tendre qu’aprés qu’on l’a fait cuire deuxoUQfois dans de l’eau fraîche, ensuite de quoy on la frit dapoêle. II y a d’autres oiseaux appeliez Antenayos,
& Garag’am. Les premiers font marquez de plusieurs ta c j-,& on les voit fort souvent nager au dessus d’un bancble aux environs du Cap des Aiguilles. Les AlcittU l(í ^des oiseaux gris à peu prés comme les moiietes ; & ^ ^ragiaus en diffèrent peu. On en trouve d’autres qu’on n j(me Faisans. Ils ont le plumage blanc moucheté de g sl ^,font un peu plus gros que les hirondelles. Les f^ n ' Víít> \ciiten , ou Wite-Mouven , sont une sorte de moiietes bbnf^,qui n’ont rien de noir que le bout des ailes. * De ss ^Relation de /’ Afrique, Tome 4. . J
CAFSA. Vstle d’Afrique, dans la partie du Bilestp'» jíqui cn porte particulièrement le nom. Elle est ancienne sola fondation des Romains, & située à quai ante de^ e mlongitude, &à vingt-fept degrez dix minutes de ly 'jl)Us ì'ont défendue contre la puissance des Arabes, j u !^^jí'venue d’Occubaqui l’assiegea,& qui s’en étant rendu 1 jitre par assiut, en fit démolir les murs. Ceux de la F° rI Ljdfont encore debout. Us font construits de grandes p 1 ^de taille noires , & ont vingt-cinq brasses de haut f ur j £ )Jde large. Les habitans ayant redressé ensuite les mur 5 jville, Jacob Almansor les fit abattre une seconde sois,avoir tué le Seigneur & fes fils dans un combat, Sí r°L ( [îTroupes & des Gouverneurs par toute la Province. ^ville est aujourd’huy bien peuplée, &a un beauquelques Mosquées d’une superbe structure; mais l eS ^Ssons sont fort peu de chose. Les rues font larges &de pierres noires & raboteuses. Ceux qui habitent H ^sont gens simples & fort pauvres, à cause des grande 5tributións quexigent d’eux les Rois de Tunis. Au ^de la place il y a quelques fontaines avec un bassin aUlí ‘ $geque profond. Elles sont enfermées de murs, s s<espace entre la fontaine & la muraille. On s’y met P° gfbaigner, à cause que l’eau est chaude. On ne laisse p aStant d’en boire, aprés qu’on l’a laissé rafraîchir une heUQs»deux. L’air y est mal sain, & les habitans y ontquelque accez de fièvre. Ils sont durs & fans tendren e * $|iles Etrangers , ce qui est cause qu’on les hait par tO j>' 0 f}Vvoit autour de Cassa de grands clos de citronniers, y ■ $
sers, de palmiers & d’oliviers. Les dates y font tres-h jh - • • ■ - • •• 3 - huif’à
aussi-bien que les olives dont on fait d’excelíente
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a une bonne odeur. Les hommes & les femmes f° ntbien vêtues à leur mode ; mais ils portent de gros i°tres-mal faits, & qui sont de cuir de bêtes sauvag eS '