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Tome I. [A - D.]
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quatre pieds, soit pour les oiseaux, ils fe fervenfâussi dè làflèche pour la pescne, & voyent si clair dans Teau,qu’ils dé-couvrent un poisson de loin. Si-tôt qu’ils font vû , ils fetiennent fleurs de savoir,tant ils font adroits à tirer de sarc.Us vont quelquefois pefcher bien loin ; mais c’est quftnd ilsveulent enyvrer une riviere ou quelque étang d’eau de mer.Us vont au plus haut de la riviere,juíqu’à la source s’ils peu-vent, & toujours deux ou trois canots de compagnie. Usont une eflpecc de racine qisils écrasent, répandant dans lariviere le jus qu’elle rend. Le poisson vient fur seau commeenyvré, & fle laisse prendre à la main. Ils le boucanent surle lieu. Le boucan se sait avec quatre fourches hautes dedeux pieds qu’ils fichent en terre , & fur lesquelles ils po-sent des bâtonSfen forme de gril. Ils y mettent le poisson &sont du feu dessous, le^ournant de temps en temps juflqu ace qu’il soit cuit,& pour le pouvoir garderais lu y font sen-tir 1c feu tous les jours ; ils en usent de même pour les cerfs,cochons,tatous,agouts & autres,qu’ils font boucaner avec lapeau.

Ils vivent comme des bêtes n’àyant aucune Religion, &comme ils ne reconnoissent point de Divinité,ils n’ont pointde mots pour la nommer ; de forte qu’on ne peut leur par-ler de Dieu qu’en leur représentant un Vieillard qui est auCiel, qui gouverne tout,qui connoît tout, & qui est infini-ment bon,csoù ils concluent qu’étant bon, il ne le faut poinjprier. Pour le Diable,ils sinvoquent souvent & le consul-tent pour fçavoir quel fera Tévenement des choses qu’ilsont dessein d’entreprendre.Ils sappellent l‘lroncan : 8c en fontsouvent battus outrageusement. Pour s’en défendre ils es-criment en sairavec une épée,tirent un fusil ou un pistolet,& disent que c’est pour le tuer. 11s font cette cérémoniequand ils ont bâti quelque case neuve. Ces Peuples croyentl’immortalité des âmes par la feule lumière naturelle ,& onleur entend dire qu’ils vont là haut aprés qu’ils font morts.Comme ils n’ont point de Religion, ils n’ont aufli aucuneLoy politique. Ils ne laissent pas pourtant de garder quel-ques façons de vivre qu’ils ont reçues de pere en fils, & des’y attacher inviolablement. Ils fout tous égaux entre eux ,quoy qu’ils ayent des Capitaines , qui font comme Chefsd’habitations. Ces Chefs n’ont aucune marque de préémi-nence , que le bouton ou massue qu’ils mettent fur leur lit.C’est par là qu’on les reconnoît quand on les voit dans leurcase. II faut subir des épreuves extrêmement rigoureuses,pour être fait Capitaine. S’ils ont quelques ennemis dont ilsveuillent fe venger, ils en vont de nuit entourer la case, &ils y mettent d abord le feu. Quand il est bien allumé , ilsfont un grand cry, qui les reveille en sursaut. Ceux cyvoyant que le feu les gagne, font contraints de sortir touten désordre, sans pouvoir tirer qu’un coup , de forte quel’on en fait un cruel massacre. Les vainqueurs étant de retourchez eux , ceux qui ont des prisonniers, laissent aller lesfemmes & les enfans, & leur font toute forte de bons trai-temens. Pour ies hommes,ils les lient, & les nourrissenttres-bien, leur faisant goûter tous les plaisirs qu’ils peuventimaginer, jusques au jour de leur mort, qui est pour euxune grande fête, à laquelle ils invitent ceux des autres habi-tations qui s’y trouvent avec leurs ornemens les plus exquis.On boit jufju’à I’excés,aprés quoy ces Barbares usent detoute forte d’inhumanités envers le prisonnier, ce qui finit.par un coup de bouton, que celuy qui l’a pris luy vientdonner par derriere fur la tête. Quand il est mort, ils l’é-ventrent, & en tirent les entrailles qu’ils jettent au nez deleurs femmes. Ils l’embrochentdans des brochettes de bois,& le font rôtir, puis il$ le coupent en pieces, & mangentles jambes , les bras & les cuisses. Cela dure deux jours,.pendant lesquels ils font presque toujours yvres. Celuy qui3 tué ce malheureux, boucanne une partie de son corps,‘qu’il conserve du moins six mois, pour faire voir à ses amis.cette marque de fa victoire.

Quand quelqu’un d’eux est malade, leurs Piaves ou Mé-decins vont à fa case, où ils évoquent le Diable dans un lieuoù l’on ne voit goûte , luy. demandant pourquoy il luy aenvoyé cette jnaíadie, plutôt qu’à quelqu’un de leurs enne-mis , & ce qu’il faut qu’ils fassent pour le guérir. Cette cé-rémonie achevée , ils fe mettent autour du malade, faisantun tintamarre terrible avec leurs callebasses & leurs autresinstrumens. S’il a quelque grosse fièvre , ils le fouflent detous cotez, íe pressant entre les mains, & les élevant ensuiteen l’air, comme s’fls tenoient quelque chose. Ils finissent eny fouflant,& disent que par ce foufle ils chassent la maladie.S'il a feulement mal à quelque partie du corps, ils pressent

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cette'partie avèc grande violence, & fouflent en Tain P°|‘ sles blessures qu’ils reçoivent à la guerre, ce ne font pas ^Piaves qui les pansent - , mais des femmes qui ont la connofan ce de beaucoup de simples , & qui font des cures adrâbles. Ces Sauvages n’épouíent jamais leurs proches pa fe ^Celuy qui a quelque inclination pour une fille, la dema nau pere , & s’il la promet, il les fait mettre dos à dos >forte qu’ils fe donnent à boire & à manger réciproques. ^On les met tous deux dans un lit neuf, pendant que j a f eneíîè boit & danse. Si le marié fe trouve bien de cette fe®^il la garde, sinon il la chasse d’auprés de luy, fans en r en ^d’autre raison , sinon qu’elle ne luy rend pas bon service,ne luy donne pas bien à boire. Quand une femme; c° nqu’elle est grosse, elle le déclaré à son mari, qui f alt a i sitplusieurs choses superstitieuses,pour empêcher qu e j £ /L u rSqu’elle porte ne périsse. II s’abstient de manger de p lu ^ j â .choses, & craint de toucher les gros poissons, co®® e L efmantin & la tortue Ils ne veulent point non plus s*apP r ® eU-de ceux qui les pefchent, de peur que leurs enfans nerent, & que leîrs âmes n’entrent dans ces poissons- 5 - .

que la femme est accouchée elle fe leve., prenant fp n eí ì s yentre fes bras, & lé va laver dans la riviere pr^haine,lave en même temps. Le mari fe va coucher dans wn^ £qu’il pend au plus haut de la case, fait l’accouchée p en s ,lîx semaines, & aù lieu de faire servir fa femme quide point de lit, il en est gardé luy-même. 11 jeûne ctr £lie rment durant ce temps,aprés quoy il est obligé * eJ íun certain oiseau pour la cérémonie de relever. L 3 . j e .nourrit son enfant qu’elle lave tous les jours dans un® ^Ljl-re. Elle le couche dans un petit lit de coton fans 1 enloter,& le laisse toûjours nud. Cependant c’est u ne S Jveille de voir comme ces enfans profitent. Quclqu es ,' ( {[neuf ou dix mois marchent tout seuls. Quand quelqu.un ^mort,ils le laissent dans son lit le plus long-temps q u 1 , (1

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courageux en guerre , il a tant fait mourir d’ennemis. Lors 9 ' tont tous bien pleuré,.en dansant & en chantant q“ e .|(j.chose de lugubre, on luy prépare un bûcher, où il eitlé avec routes les usteneiks dont il s’est servi. Il y en fytfont une fosse où ils mettent le mort fur une siégé ^tous fes caracolis & de fes armes. Ils luy apportent a^

est possible, orné de fes instrumens de chasse ou deLes femmes ayant les cheveux épars, fe frappent, # , >,avec de grands hurlemens : C ‘étoitunfi bon cbajfeur, I l' <r ^ il qjs

l U j itO V-tll avuiiJ LV uw ivj ai ujvji * w iu; *- « . yjj

& à manger, jufqu’à ce qu’il n’ait plus de chair fus * t fí& alors ils le mettent dans un lit de coton fort blanc.jeunes filles tiennent chacune un coin de ce lit, &fer ces os au son de quelque instrument. Toute TAjk ^danse aussi & boit encore mieux. Quand elles ont r® j^sfer quelque temps ces os, on les fait brûler dans un D ^ }avec tout ce qui leur a servi pendant leur vie. S » jdquelques uns qui n’ayent pas été réduits en cendres» „[battent, & les font passer par une forte de tamis. ntie giifíces cendres dans de l’eau, s’en frottent les jambes ,# etlchacun boit & fe retire.

L’Iste de Caienne est directement située audegré & deux tiers de latitude de la Ligne équinoctj.cent lieues ou environ du fleuve des Amazones. Les ^ jen’y font point distinguées. II y a un E;é perpétuel».^chaud y est presque toûjours égal toute Tannée.cueille des fruits en tout temps. On y en trouve tojde meurs fur quelques arbres, tandis que les autres : I pfleur, & ces arbres conservent toûjours leurs feu 1 -pluye est plus fréquente en un temps qu’en l’autre» fyest comme l’Hiver en ce Pays là. On a le Soleil à p'° Çe I 3la tête,pendant les équinoxes de Mars & de Septetnùr •rend les nuits égales aux jours, & fait qu’il y a douze pde Soleil, & une demi-heure de crépuscule, tant k kle matin, de forte que Ton peut dire que le jour V e çfp

onze. Quand fû fô

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jours de treize heures, & la nuit den’est point brouillé, & qu’il ne fait aucun vent,commençant à tomber fur les trois ou quatre h. qO°/matin,cause une fraîcheur qui obligea fe coì j lfrl í\ifo^ íqu’on ait passé la nuit tout découvert ; cette rosée dqu’elle mange une barre de fer en fort peu de te .i eíi f e 'Caienne a environ dix-sept lieues de tour, dont elle 'fi finfente cinq à la mer. Elle est formée par la riviere “ ^ ss& par celles de Varca & de Caienne. Le Terroirlevé de plusieurs petites montagnes , agréables à j a s ^commodes pour y établir des habitations. Une riv®salée qui coupe l’Ifie & qui. en traverse Ies deux tl ? T ’^fiune commodité fort grande pour la communk 3