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Elle est située en un Golfe à cinq lieues dc Tuban,& fujétteù un Roy particulier. * Davity, ijle de fava.
CAIPHAS, Ville dePhenicie , située le long de la mervers le Nord , vis-à-vis & à deux lieues par eau de S. Jeand’Acre , & au pied du Mont-'Carmel, dont elle A est íëpa-ïée que par une petite plaine de mille ou douze cens pas.Elle passe pour la premìere de la Tribu d’Iffachar, & elle achangé plusieurs fois de nom , ayant été appcllée Porphyria ,Hejsa, Porsena , & selon quelques-uns Sicammum. Elle a eu lenom de Caiphas de Caïphe , Grand Prêtre des Juifs, qui lafaisant rétablir luy donna íbn nom. Cette ville avoir autre-fois un fort Château avec de bonnes murailles, & elle n’c-toit pas moins signalée pour sa force & pour son commerce■que pour sa grandeur. Le Patriarche de Jérusalem,le Prin-ce de Tancrede-, le Duc & l’Evêque de Venise étant assem-blez à Jaffa, incontinent aprés la mort du Roy Godefroy,refolurent d’assieger cette ville par mer & par terre avecplusieurs machines qui la battirent long-temps en ruine ;Tuais elle fut si bien défendue par un grand nombre de'Juifs que le Soudan dEgypte y avoitmis , qtf étant assistéedes Saraíins, aprés avoir blessé & tué plusieurs Chrétiens , ilsles forcerent presque d’abandonneiTentreprise. Ils leur jet-toient de fhuile bouillante en quantité, de la poix fondue,& des étoupes ardentes, qui en brûlant leurs machines, ne•leur laissoient aucune esperance de réussir qtf en sc jettant-au travers des fiâmes. Cependant malgré les pierres, & lenombre infini de flèches qui íomboient fur eux, ils combat-tirent avec tant d’ardeur, qtf ils forcerent les Assiégez de fe•retirer dans le milieu de la ville. La consternation s’y étantmise, & les Chrétiens qui étoient dedans en ayant ouvert lesportes, toute f Armée y entra, & fit un carnage horrible.Cette Place a toûjours depuis servi de retraite aux Galères■& aux Vaisseaux des Chrétiens lorfqu’ils faifoient quelqueprise, ou qtf ils étoient poursuivis par les ennemis, & dans letemps qtf ils en joiiissoient. L’Eglife fut érigée en Evêché,qui a été annexé depuis à celle de Cefarée. Saladin s’en ren-dit maître en 1188. & sc voyant dépouillé trois ans aprés dePtolemaïde, qui avoit été reprise parles Chrétiens, il fit dé-molir Caïphas, Jaffa, Cefarée les autres villes maritimes,asin d’em pêcher qtf ils ne s’y fortifiassent. Caïphas est pré-sentement réduite en un village, habité de Maures, de Juifs& de Grecs. * Doubdan, Voyage de la Terrë-Sainte , t k dp. 50.
CAIRE, en Latin Caims. Ville capitale d’Egypte, que 'quelques-uns font deux ou trois fois grande comme Paris;mais ils y comprennent tous les lieux voisins,fçavoirlcVieuxCaire, qui en est éloigné d'un mille & demi, Boula c & d’au-tres suites de maisons qui font au dehors des murs. Cetteville qui-estaujourd’huy del’EmpireTurc, étoit gouvernéedans les derniers temps par des Sultans ou des Rois que Tontiroit de la race des Mammelus. Ces Mammelus étoient tousEsclaves Circaffiens, achetez de plusieurs Marchands qui les•venoient vendre au Sultan dE^ypte. Aprés qtf on les avoitfait renoncer à la Religion Chrétienne, on les mettoit entre'les mains de Maîtres qui leur apprenoient à tirer juste deLare ; à fçavoir bien donner un coup de lance, à f aider avecadresse de f épée & du bouclier, à être bien à cheval, ' & às’acquitter en bons Cavaliers de plusieurs autres exercices.Ils s’y portoien t avec d’autant plus dfardeur,qtf étant avan-cez selon qifils réiississoient, ils pouvoient parvenir à êtreSultans i puisque pour le devenir il salloit être Mammelu ,-cette dignité dépendant du choix que faifoient les Mamme-lus, qui dévoient être de Race Chrétienne, ceux dont lepere étoit ou Juif ou Mahométan en étant exclus. Cette^domination prit fin en 1517-quand Sultan Selim premier du
■ nom Empereur -des Turcs se rendit maître de toute l’E-■gypte. Aprés qtul eut pris le Caire,le Sultan ou SoudanThomambey qui fut le dernier des Soudans dEgypte, fut
■ pendu par son ordre à une des portes de la ville,& afin d’ex-terminer à jamais les Mammelus, il les fit tous massacrer juf-qu’au dernier. Les Turcs depuis ce temps-ià ont été tou-jours maîtres du Caire. Cette ville f étend dans une plaineà l'Orient du Nil, dont elle est séparée de demi-lieuë , &dans l’endroit où son enceinte f éloigne -le plus du fleuve,elle fe termine par une montagne aflez haute fur laquelle estle Châtea-u. Cette montagne qui la couvre luy laisse peu«Lair, ce qui est cause que ne pouvant être purifié par lesvents, fextrême chaleur que son y souffre engendre quan-tité de maladies. Plusieurs Auteurs veulent qu’on fait au-trefois nommée Babiíone ; mais ce rfa pû être que pendantfort peu d’années. Le nom de Memphis qif elle empruntade U lUie-unique d’un de scs Rois, luy a duré jufqu'au temps
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des Sarâsins qiù luy dontierent celuy de Grand Caire* , ^Egyptiens de la campagne rappellent Masser. Maigredésavantagé de l’air qui est fort mal sain , le Caire ne apas d’être une des plus agréables choses que son P U1 e q (6garder, lorfqu’on le découvre d’un lieu éminent. 11un aspect des plus rians, & cel# provient de la multitudetours des Mosquées blanchies, qui ont chacune trois ou ss 'tre rangs de balustres. Elles paroissent comme en-trela "avec le vert de quantité de palmiers fort hauts,qui so nt ^les diftërens jardins de la ville & furie faîte d’une partiemaisons, où ii y a un endroit balustre dont le couvertsoutenu de pilliers. On tient que ces Mosquées sontauno-bre de vingt-trois mille , parce qu'il y en a du moins un^chaque Contrée, & que l'on compte vingt-trois mille <tréesdansle Caire. Une Contrée est un quartier,&A fques-unes ont plusieurs rues. Chaque quartier est g ardeux hommes qui font enchaînez ensemble d'une seu* ene, afin qu'ils ne puissent sc séparer l’un de Lautre. ^ t3 ' t -droits qm'on leur accorde les obligent de s'offrir v .° ° c ] e fsrenient pour ce service, les gens du Sous - Bachi ont stsdes cadenats qui ferment leurs chaînes. 11 n’y a P rC P[ [£ s,une bdle ruë au Caire. Elles sont toutes courtes & etr0 . 0& pluneurs font pleines de tours & de détours,connoître que toutes les maisons du Caire ont été bâtiesaucun dessein de ville* chacun choisissant les lieux q u ‘^1 plaifoient pour bâtir , fans examiner si ces maisons b ° u ^roient une ruë ou non. Elles font à plusieurs étages ^terrasse comme par toute la Turquie. On y prend lelorsque le Soleil s'est. retiré, & même en Eté plusieur s ^sonnes y couchent. Elles paroissent fort peu pardehot^n'ont aucun embellissement par les fenêtres qui sontpetit nombre furies rues, à cause qu’elies prennentpar dedans autant qu’il se peut. Celles des gens de c0 . n “’] 3 rfont assez belles. La plupart des fastes ont au milieu du F >cher une certaine ouverture ronde , par laquelle o" ^heaueoup de frais, ce qui est une chose tres-précieule ^Pays-là. D’ordinaire au dessus de cette ouverture il J $petit dôme où font tout à f entour plusieurs fenêtres V ^laisser passer le vent. Entre les Mosquées on en volt de S $des bâties fort superbement, & ornées de bestes faÇ a< " .$(
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de minarets fort hauts. La plus grande partie des aun ^font que de petites Chapelles, qui onç à peine dix P 3quarté. ^ Ç0
Le Château du Caire est situé fur une montagne p re jjjjjvers un des bouts du croissant que forme la ville,& ^
fur le roc qui luy sert de fondement. Qupyqu’ilvaste, comme on a voulu le tenir fur un des bords de I 3 ç Q $tagne , quelques hauteurs qui font restées au dehnri ^|,encore plus élevées. Dû côté que ce Cnâteau regard e ^ e $le , le mur large & haut, est flanqué de cinq tours r jjqui font grandes & hautes. Celle du milieu où l’on f 1 * ^poudre eíl couverte en minière de turban , & ces tousont construites fur le roc aussi bien que les muraiséloignées l’une de stautre de plus de soixante pas. r eUest assez fort, parce qu'il est escarpé,& que la haut^, ^est considérable au dessus de la plaine qui est touteverte en cet endroit ; mais vers le Septentrion il y a un nìl { fl 1Palais qui conduit fort prés delà. Les autres murs^Isont point en vûë de la ville, sont plus bas d'un tiers» . e jisimples fans autre chose que quelques petits tourujA^forme de guérites pour mettre les sentinelles. Le .^St}a cinq ou six portes fans aucunes défenses extraord 10 * ^jol'exception de la principale. L'on y arrive par un cextrêmement large, taillé dans le roc, &íì commouf ’ ’ Jles chevaux & les chameaux y peuvent monter f^ 1 ^^tout chargez. Ce chemin aux endroits où le roc m a ° £ l ;lll ts {pavé de pierres quarrées , ce qui ne se voit en aU f UI jj c&'lieu du Caire. Quand on est parvenu fur le hauéne^jjfline , on trouve une fort belle esplanade, qui est- aU jl 0 ’de la plus grande dès portes de ce Château, qu on V j £ p $pli d'un grand nombre de bâtimens ,& habité d’oU v 1 jl 1de peuple comme si c’étoit une ville. Ducôté duNst £ jyel fa une Mosquée d'une aslèz bellè structure. Vers lyst ^le logement du Gouverneur, dont la plupart des'dent fur le Caire. C’est où résidé ordinairement I e ^qui commande à toute l’Egypte. II n’y a rien dc P
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rieux à voir dans ce Château, que le Puits appellé enément le Puits dé Joseph, parce qu’on dit qu’il a ^pP 1t^uit par les ordres de cè' Patriarche qui La invente, ri ^profond de quarante-cinq toises est tout creusé d anS r g( .v e; '& en a quatre en quarté dans son ouverture, L c ° n ^