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[j^ e grandeur jufqu’à Teau, & l’on y descend par un efca-^ J.de neufà dix pieds de large. Les degrez en sont si aifezdp 1 ConiIB °des, que les bœufs vont au milieu de fa profon-rjç m ° u voir la machine qui arrive jufqu’en bas. La gale-san U - C ^êfcalier tourne tout autour du quarté du Puits,«n d slen occuper de fa largeur, & est entaillée toute entiere0 "^dans du roc. Cette galerie est haute par tout de neuf5û • ? ’ & séparée du Puits par un mur du roc même,
if ls ^ulement de quatre doigts. Tant que dure l’efcalier,qu’ i U * t ^oêtres à chacun des tours qu’il fait, c’est-à-dire,fo 11 er ì a toujours deux à chaque côté du quarté toutes lesd(» ,S ^ H y repasse. Ces fenêtres qui.font de deux pieds &jo^ de haut & de deux de large, fervent pour donner du
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jj . — les degrez. Elles font taillées avec tant d’art & lïles > qu’on croiroit plutôt qu’elles font de plâtre que de*UK ^ a deux machines pour tirer de l’eau. L’une est toutC« r Ut ^oits, & l’autre vers le milieu de fa profondeur.pA ou t deux grandes roues, qui entre f intervalle qui leséi^ re ’ ont stuantité de bâtons ou de retz disposez par uncf.^pace dans les côtez des circonférences des roues. Suratt ^ tons chapelet fait d’un gros cable , où font
a chez des pots de terre, rangez de maniéré qu’ils ne man-j* en t P as âc fe prendre entre chacun de ces rets. Quatreulsq u jf e changent de deux heures en deux heures fonts O Uvo ir une maniéré de roue de moulin dentelée, qui feles C ?" trant par tout avec les grandes roues qui le font aussi,te jOhge de tourner. Le chapelet vuide l’eau qu’il rappor-Y e * dans un réservoir qui la distribue dans le Château par di-Co rs , Ca .uaux , & la machine qui est au dessous de celle-cy esty . 1U ùe par autant de bœufs, & elle a un semblable reser-lr >où l e chapelet de la premiere va puiser l’eau qu’il rap-pi/ te en , haut. Outre ce Puits merveilleux, on volt dans ceJí rrie Çuâteau la Salle où Joseph administroit la Justice aux^oyptiens. C'est un bâtiment fort ruiné où il y a encore] 0 Uc °Up d’or & d’azur au plancher avec trente grosses co-jjjâ nes de pierre Thebaïque. II en est resté dix ou douze de3 ÍTp ïle fa ǰ» dans la salle de l’Intendant de Joseph qui esthrir P r " s de là, & plus ruinée encore que la premiere. LaH: où fut mis Joseph, & où il expliqua les songes de
çj^hanfcm &du Boulanger du Roy , est encore fur pieddç s Cc Château , ils l’appellent ÏArcane. Elle est composéeCe^^^es allées noires & salles, faites comme des cachots.Cg£ , x qui ont le foin de cette Prison maltraitent jufqu’à l’ex-p 0 malheureux qu’on y met pour peu de chose, commeorjj/.dettesjou pour avoir frappé un passant, & quand ils enc Ut tïre quelque argent, il en revient d’autres qui les perfe-ta& entavec plus de cruauté pour en arracher encore da van-ì£- ny a dans l’appartement du Bacha la Salle du grand}j a a " stui est fort longue , mais peu élevée. On y voit enj 0 j c ontre la muraille dix boucliers de bois, traversez.&
4 au ? 1En femble par un pieu long d’environ cinq pieds, quiest » , ut un fer long d’un pied. Chacun de ces boucliersd’un doigt, & le fer qui les traverse passe encoren ^ Uatre doigts au-delà. On tient que ce fut Sultanclj e a d qui lança ce pieu,& qu’en ayant percé ces dix bou-t e j Q S> .^ ^ es envoya au Caire avec le pieu demeurédedans,au^p° n le voitaujourd’huy, pour faire connoîtrefa force8ran^b^ftiens. Dans ce même appartement est une fortsts é C ^ ace a Ppellée Cara Meidrn , au bout de laquelle fontp^iesdu Bacha, où aboutit l’Aqueduc qui vient d’au-fou r ^“°ulac,& qui conduit l’eau duNil dont on fe sertP°Ur abreuver ics chevaux. Ce Château qui pourroit passer*** fort grande ville, est un ouvrage digne des Pha-de u, des Ptolemées, & ne dément point la magnificence
L c c P y ramid es-
dau s rV air e est beaucoup plus long que large , & traverséí>ell c a ° n gucur d’un canal profond de sept pieds qu’ils ap-se 4;,. T , ; mais il n’est rempli que quand l’inondationpl e j n demeure à sec tout le reste de Tannée,& feulementdent u CS houës que le Nil y laisse en fe retirant, & qui ren-due _ ne . tr es-înauvaise odeur. Comme ce Fleuve coule furseiuiq anieíe de vase qui est limonneufe & grasse , il ne ref-e ^ es fe tf aS aUX autres rivières, qui gâtent les Campagnes oùU frai | bor dent en les remplissant d’un fable stérile. OutreCortl m q u hi donne aux terres où il fe répand, il leur*haj s "Nique une grande fertilité par le limon qu’il y laisse,qui f^ arc i,quyl ne pourroit surpasser aisément fes bords^hdrost 1 ' • àvez, & qu’on réparé avec des chaussées auxou ds font bas, tant pour rendre les chemins com-qu' ^*í, e P our empêcher que Teau n’aille plutôt en una E" ì autre , il y a des arcades dans la rive pour luy
dònner passage quand il est temps qu’il inonde. Ainsi leKalis la porte dans le nouveau Caire ; mais il ne la peut ja-mais faire arriver jusque dans les rues, párce que la ville estun peu plus relevée que la plaine. L’eau va au-delà fe per-dre dans la campagne. Le Canal n’est séparé du Nil que parune feule digue de terre, & n’a point d'arcade à son entrée.Celles qui font aux rives du Fleuve font plus hautes que sonlit , & il y a ordre de les boucher avec foin sitôt qu’xl com-mence à croître, afin que le Kdis soit le premier lieu de toutle Royaume qui reçoive Teau nouvelle. Cet accroissements’annonce d’ordinaire pour la premiere fois le 28. de Juin >veille de Saint Pierre. Le Bacha a une maison dans une pe-tite Iste qui est vis-à-vis du Vieux-Caire , & c’est dans cettemaison que Teau entre en un endroit, où il y a une colornnedivisée en differentes mesures. On y va voir tous les joursde combien le Fleuve est crû,Lt on lé fait fçavoir aux Cneursqui vont l’annoncer dans toutes les ruës.Quand il Test assezpour faire l’ouverture du KaIìs, on prévient ia Fête par troisjouré de réjouissances publiques. Le terme préfix étant arri-vé, ce qui est toujours vers la fin d’Août, le Bacha fur lesneuf heures du matin fe transporte en grande pompe auxbords duNil, accompagné de tout ce qu’il y a de person-nes considérables de la ville, & donne le premier coup à lachaussée du Canal avec un petit boyau d’argent. Ensuite oncontinue de l ouvrir au son de quantité d’inítrumens ; maisnon pas trop vîte, parce qu’au commencement on laisse al-ler Teau peu à peu. Le Soubachi & fes gens faccompagnentà mesure qu’elle avance, les uns à cheval , les autres à pied ,& tous avec des cris & des battemens de mains qui mar-quent leur joye. Toutes les fenêtres des maisons qui ontvûë fur lc K dis , font remplies de peuple ; mais celles oùfont les femmes ont de petites jalousies qui ies cachent, & iln’y a personne qui n& jette quelque chose fur cette eau.Comme il s'y en trouve assez fur lc Midy pour porter desbateaux, on en voit grand nombre qui vont & qui viennentcouverts de feuillages avec d<^ hommes qui jouent desinf.trumens, & d’autres qui chantent, & ce Canal, qui troisheures auparavant ne paroissoit qu’une ruë, fe change en unerivière qui dure trois mois , & sort à conduire beaucoup decommoditez dans la ville, de forte que ceux qui veulentfaire bâtir, diffèrent jufqu’à ce temps là, pqury transpor-ter les matériaux par cette voye. Les gens de trafic atten-dent aussi cette occasion pour voiturer avec moins de fraisles marchandises qu’ils tirent des lieux éloignez. Entre beau-coup de jardins qui fe trouvent dans la ville, il y a de’petitsespaces de terre approfondis tout exprès, afin d’y faire en-trer Teau du Nil au temps du débordement. Ces maniérésde petits lacs, borde&pour la plupart de palmiers, non seu-lement sont fort agréables à la vûë ; mais ils apportent beau-coup de rafi aîchiílëmens aux maisons qui en font proche.On les nomme Birques, à la difference des autres jardins. C’est,un nom commun à tous les lieux marécageux d’où Teau nes’écoule pas ; mais il n’en est pas tout à fait de même deceux-cy ,où Teau ne demeure que trois mois, aprés quoyon la fait sortir pour y semer tout ce qui est le plus néces-saire. Les maisons les plus spacieuses de Ja - ville font cellesdes Sangiacs. Elles ont de fort grandes bassecours & de bel-les écuries où Ton voit ordinairement jusqu’à cinquantechevaux. Leurs domestiques qui font en grand nombre ,font vêtus différemment selon leurs offices ; mais tous avecune grande propreté. Les principales chambres de ces for-tes de maisons sont enrichies d’or & d’azur , & dans le mi-lieu des salles qui font extrêmement somptueuses, il y a desbassins octogones, revêtus de pieces de marbre de differentescouleurs, fort délicatement rapportées. Ces bassins font en-foncez par quelques degrez, & du milieu ainíì que de tousles angles, il fort un petit jet d’eau artificiel qu’on fait des-cendre d’un autre bassin qui est dans un lieu plus haut queceluy-là, & cela fe fait par le moyen de quelques tuyauxcachez dans le mur. Avant que d'entrer dans le lieu où estle Sangiac, on est oblige de passer deux chambres, & de lais-ser ses souliers dans Tune. Ces Sangiacs que Ton appelle au-trement Beys, sont des Seigneurs originaires du Pays, queles Turcs ont conservez quand la Monarchie desMamme-lus a fini, contre la maxime qui les porte à ne point souffrirde Grands dans les Provinces de leur domination. QuandS eh m conquit TEgypte, aprés qu’il eut fait mourir tous lesMammelus, il crut qu’il étoit de son intérêt de réserverquelques Sangiacs, à cause que ces Seigneurs étant extrême-ment respectez des Egyptiens, cîoient capables de retenirles mutins dans leur devoir pendant qu’il feroit absent»
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