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Tome I. [A - D.]
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5Z2, CAR

autrefois une cérémonie bien particulière Iorfqu’il arrivoitun changement de Prince dans la 'Carinthie. Les habitanss’assembloient en une grande Valide proche de Saint West,óù bon voit quelques vieilles murailles d’une ancienne villedont le nom est perdu, & à peu de distance de là dans unevaste prairie, étoit une grande pierre de marbre, fur laquellemontoit un Paysan à qui cet Office appartenoit, commeétant attaché à sa famille. II avoit à son côté droit une va-che noire , au gauche une cavale laide & maigre, & autourde luy une grande multitude de peuple. Alors celuy quidevoit être leur Duc venoit en habit de Paysan , avec unchapeau , un bâton & des souliers de Berger , accompagnéde quantité de Gentilshommes bien vêtus, de ses Gardes, &de ses Hérauts, & quand le Paysan qui étoit sur la pierre levoyoit approcher de luy, il s’écrioit en Langue Efclavonne,Oui est celuy qui marche fi firrement. Le Peuple ayant réponduque c’étóit leur nouveau Prince , le Paysan leur demandoits’il étoit Juge équitable,Noble, Chrétien & Protecteur deIa-Foy. Les affistans ayant répondu qu’il sétoit, & qu’ilcherchoïtle bien du Pays,le Paysan demandoit comment ille pourroit chasser de sà place , furquoy le Maître d’Hôteldu Prince luy promenoir soixante deniers afin qu’il la cédât,& luy montrant les deux bêtes qui étoient à ses cotez, ill’asseuroit qu’ellesluy appartiendroient, avec les habits queportoit le Duc, outre que fa maison se roi t affranchie de tou-tes sortes d’impositions. Sur cette promesse le Paysan des-cendoit de dessus la pierre, & touchant doucement avec lamain la jouë du nouveau Prince, il luy recommandoit lajustice , aprés quoy il se retiroit avec ses presens. Cela étantfait le Prince montoit fur la même pierre, & tenant une épéenue, & la maniant de tous cotez tourné vers le Peuple , ilpromenoir de le gouverner selon la justice. II se rendoit en-suite à FEglise de Notre-Dame proche de ce même lieu ,pour affilier au Service Divin , aprés lequel il quittoit sonhabillement de villageois , Sc revêtu de ses plus somptueuxhabits, il alloìt se remettre sur la pierre,où il recevoir l’hom-mage & le serment de fidélité de ses Sujets. Les Paysans s’é-toient acquis ces honneurs, pour avoir été les premiers quireçurent FEvangile, au lieu que les Nobles persevererentdans le Paganisme jusqu’au temps de Charleinagne. L’an1413. FEmpereur Frideric refusa de se soumettre à cettecoutume, déclarant toutefois pu les Lettres qu’il écrivit àses Sujets que ce manquement ne pourroit préjudicier àleurs privilèges, *Davity,c<tr nthie. Maty, Dift.de HeíLi-joi.Audiffret , Gesgr.

CARINUS. Nom que les Latins donnent à la riviered’Aleffo , qui arrose l’Abruzze Citerieure.

CARION. Petite ville d’Espagne dans le Royaume deLéon. Elle est bâtie fur une petite montagne , & n’a qu’uriegrande ru'ë où quelques Marchands demeurent. A- la sortieon passe un grand pont, 8 c ensuite on entre dans une plaine,où il y a un Hôpital tout seul qu’on nomme le Gr..nd Cava-lier. LesPelerins de Saint Jacques y vont recevoir un mor-ceau de pain, comme dans tous les autres Hôpitaux de cetteroute. * Jouvin, de Rochefort, Voyage d’Espagne & de Por-tugal.

CARIPOUS. Peuples de FAmerique Méridionale* dontle Pays est au Nord du Brésil & de la riviere des Amazones,éloigné seulement de trente lieuës de celuy des Caribes , àqui ils font une guerre continuelle. Us font basanèz commeles Toupinanbous, qui en font à six vingt lieuës ; mais plusbeaux, plus vifs, & plus gais. Ils n aiment point les personnestristes, font hardis & courageux,libéraux, honnêtes, & ontle visage riant. Ce Peuple est le plus doux de tous ceux desIndes. 11 aime Fhonneur, la justice, la vérité, est ennemi destrompeurs Sc des méchans, & chérit les bons ,& les vertueux.11 méprise les poltrons, & porte honneur aux hommes vail-lants. Les Caripous vont nuds, peints & couronnez de plu-mes , & fe parent de quelques patenôtres ou grains qu’ìlsmettent fur leurs corps, chargearil : jf.urs oreilles de bois long& de pierres rondes. Us cachent datis des étuits faits d’éco£ce d’arbre ce que la pudeur ne permet pas de montrer;mais les femmes & les filles rfont point de honte de paroîtrenuës, & serrent feulement les jambes comme en les croiiant.Us font du feu avec deux petits bâtons , de même que lesautres Indiens, & ont des amacas ou lits pendans faits decordes de palmier. Quoy qu’ils soient voisins des Caribesleurs plus mortels ennemis, la Langue dont ils fe fervent estfi differente de la leur qu’ils ont beaucoup de peine à s’en-tendre. Ils les vont chercher souvent pour les attaquer. Leurarmée de Fan 1604. étoit composée d’environ trente-cinq

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canots, dont chacun contenoit vingt-cinq ou trentemes. Le Roy qu’ils avoient en cetemps-là s’appelloh ■cumin. Lear s armes font des arcs, des Bêches, &desep £ cde bois de Breíìl. La Religion de ces deux Nations eimême. Tout ce Pays qu’arrose la riviere d’Japoco, est P lé ’de montagnes & de bois, & produit les mêmes grains &mêmes fruits que celuy des Caribes ; mais il y en a de L 11dangereux , & fur tout une petite pomme appellée Matstnilla par les Espagnols. Elle est fort jaune & tres-agréab:^voir ; mais fi venimeuse , que pour peu qu’on en mette da*fa bouche on meurt auffi-tôt. Comme il y a prés de lades arbres qui portent ces Manç.twllas , & qu’elle entre an^avant dans ces bois pour en entraîner diverses fortes défi u >les poissons qui fuccent celuy-cy se pelent & s’écaillent toà fait ,& s’ils en mangent, ils perdent leur premiere peau-y a des veines d’argent mêlées parmi dès veines de couRd’ardoisc,& on y voit force perroquets avec plusieurs autanimaux. Les habitans font des galettes de mays & de racide cassave qu’ils râpent fur une pierre ou fur un bois faitfaçon de lime , ensuite ils mettent le tout dans une g ran ^manche faite de petits scions comme d’oíìer. Aprés avobien épreint cette poulpe, ils la font sécher, puis la detre*pent dans de Fe au , 3 c en font une pâte qu’ils étendentune grande pierre plate qui est fur le seu,& luy donnent uforme de galette qui se peut garder trois ou quatre ansun lieu sec. Us font de leurs fruits une boisson qui eny^comme de la biere ou du cidre, & ils en font decouleurs. Us mangent des ferpens d’une grandeur & “ ulongueur prodigieuse; mais ils ne font point antropoph a ír ’& quoyque les Caribes fe nourrissent de leur chair, « s *mangent pas la leur quand il en tombe quelques-uns f"leurs mains. Ils troquent des gommes, des plumes d s al Ntes& de perroquets, du tabac, & d’autres choses s emblés que le Pays porte, contre nos serpes, haches, coute apatenôtres de verre de diverses couleurs, & autres choiecette nature.* Moquet,/iv.2. .. v

CARISCO. Isle d’Afrique , à trois ou quatre lieues 3delà du Cap de Saint Jean vers le Midy. C’est un teU jbas, environné de sablons de tous cotez, à la réservé de ce^du Nord Ouest, qui est un peu plus haut, & où il n’y 3 Q ^quelques pierres. Sanut parlant de cette Iste dit qu estetoute couverte d’arbres, dent lé bois paíle en rougeur ce /du Breíìl. La rade où les vaisseaux jettent l’ancre est à °irame- cinq minutes au Nord de la Ligne. Lc nom deCtfJ^qu’elle porte est Portugais, & signifie Foudre , parce q ll . e j afoudre tomba proche de cette Iste quand les. Portug 31 ^découvrirent. II y a un bois au Nord-Ouest,& il en s orttorrent d’eau douce qui devient salée dans un grosCette Iste est dans les terres du Roy de Bénin , Sc ndemi lieue d'étendue. Quoy qu'clle ne soit point habit ^elle est quelquefois d’un grand secours aux vaisseaux psss’y fournir d’eau Sc de bois. * De la Croix, Relatio» d'V

que . Tome 3 .

CAR1STO.

située daist

fi

Ville de l’Iste de Negrepont, muv~ - vpartie Méridionale, en Latin Elle est presque 3

írêmité de l’Isle , assez prés du fameux Promontoire defarée, si célébré chez les Poètes, & qu’on appelle aU J°d’huy Capo d'Oro. Son Port & fa situation qui est au Le vla rendent considérable. 0 [i

CARIZA. Ville ancienne de FEfpagne Betique, do 1 ^;ne voit plus aujourd’huy que les ruines. On l’appelle» 1 .. sl ,Aurélia Cariz,a ou Aurélia Antonina. Ces ruines font dans i ,daloufie prés du village de Bornos , aux confins de la 1veste Castille. * Maty, Dift. de Holl. 1701 . 0

CARKH. Fauxbourg ou partie Occidentale de l a j e sde Bagdet en Asie. Almansor second Calife de la riC£ £Íi c eAbbaffides qui avoit fait bâtir cette ville, fit transférés ^fauxbourg le Marché qui se tenoit autour de son Pal alS ^ yperial, afin d’éloigner de luy le bruit de la populace- ^ \avoit un pont Pur le Tigre pour passer de l’un de ces H jjFaun e. Le nom de Carkj devint célébré depuis ce teW jeà cause de ce Marché, Sc fut une partie fort con sidéralla ville de Bagdet. 11 y eut même quelques Calif cS Qfirent leur séjour. * Herbelot, Bibliothèque Orientale. $CARLAT. Petite ville de France dans FAuvergs’Sj^Latin Carlatum. Elle est au Midy de la ville d’Orih 3 ’^communique son nom à un petit Pays qu’on appcst c 'dez,. * Maty , Dift. de Holl. 1701.

11 y a en France une autre petite ville qui porte ’ e .(■de Carias. Les Géographes la placent dans le haut L 3 ^^,doc, à 3. ou 4. lieues de Mirepoix fur la riviere de B e ^