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CARTAGE. Ville ancienne d’Armenie. Elle fut bâtiepar Annibal, & Stephanus de Vrbibtis en fait mention.
CARTAGENE. Ville d’Efpagne dans le Royaume deMurcie,en Latin Cartago nova. Strabôn la nomme CartageNouvelle, pour la distinguer de la Vieille. -Elle fut autrefoisfort estimée ; mais aujourd’huy elle n’est ni grande ni belle."Quatre choses la rendent pourtant remarquable. La pre-mière est son Port , qui passe pour un des meilleurs de lamer Mediterranée. II est grand, profond & fort assuré, & ad’ailleurs quantité d 1 eau douce. La féconde est pesche desMaquereaux que l’on fait vers l’Iste qui est vis-à vis du Port.La troisième est l’abondance du jonc,que l’on appelle P(par-re, 8 c dont ils font les cabats. La quatrième consiste en sesmines de pierres précieuses, qui sont tout autour de cetteville. Ce qiril y a de particulier', c’est qué Murcie & Car-tagene ont un Evêque commun , qui prend le titre d’Evê-que de Cartagene,quoy qu’il se tienne à Murcie. Cette villeest de commerce, & il y a une -bonne Forteresse-, avec plu-sieurs belles Eglises. Ce furent lés Ct rta gin ois qui la bâti-rent, & elle leur fut enlevée en un seul jour par PubliusScipion fan 544. de la fondation de Rome. * Tite-Live*Eutrope, Botero , Pelât. di Spagna.
LeGolfe de Cartagene auquel cette villea dònné son nom,est une partie de la mer Mediterranée, fur la côte Méridio-nale du Royaume de Murcie. Son étendue est depuis le Capde Palos jusques à celuy deGate.
CARTAGENE. Pays de l’Amerique Méridionale , pro-che du Gouvernement de Panama ou Terre-fermc. Elleest située fur la mer du Nord , ayant de longueur quatre-vingt lieues, entre l’Est & f Ouest, depuis la grande rivièrede la Magdelainp jufqu’au Golfe d’Uraba, & à la riviere deDarien, & presque autant de largeur, depuis la mer duNord jufqu’aux dernieres limites du nouveau Royaume deGrenade. Le terroir, pour la plus grande partie , y est rele-vé en hautes montagnes & en collines. L’autre partie est envallées basses, & ombragées de plulìeurs forêts & de bocagesépais. La terre, que la trop grande quantité de piúyes rendpresque toute humide & marécageuse,n’est pas propre pourles semences de fEurope, & le bled n’y mentit pas bien.On n’y trouve des vaines d’or qu’en fort peu d’endroits. IIy a beaucoup de bêtes sauvages, tigres, íerpëns, & autresanimaux nuisibles. Les Sauvages, qui étoient vaillans & fu-rieux , y ont fait beaucoup dédommagé aux Espagnols:, parlesquels il y a déja long temps qu’ils ont été presque tousdétruits. Ainsi il en reste fort peu à présent. Le Gouverne-ment de Cartagene comprend diverses Provinces,distinctesen limites & en noms. Celle d’Uraba est vers l’Occident jieCartagene , Piovince fertile en vivres, dont les forêts four-nissent de la venaison en abondance, & la mer voisine d’ex-cellent poisson. La Province àeTatube , pleine au temps passéde Sauvages belliqueux & riches, qui occupoient le Paysjusques à la mer du Zud, est située vers le Sud au de-là desmontagnes appellées Abibe. Du même côté est celle qiíe l’onnomme del Gnata , & vers l’Oiiest de la ville de Cartagene ,fur les cousins d’Uraba , est la Province Zena , où les Espa-gnols ont trouvé beaucoup d’or au temps passé, & quantitéd’autres choses précieuses qu’ils ont tirées des sépulcres ;parce qu’on y apportoitles corps morts, même des Provin-ces fort éloignées, pour les y enterrer avec toutes leurs ri-chesses. Ainsi la Province de Zcna étoit comme le Cime-tière de toutes les Nations voisines.
La ville de Cartagene,capitale de tout ce Gouvernement,a reçu son nom de Cartagene la Neuve en Espagne, sor lagrande ressemblance qui fe trouve entre les ports des deuxvilles. Celle-cy est située fur la mer du Nord, dans une Pé-ninsule sablonneuse, fur une large plaine, laquelles’étenddu côté du Nord jufqu’à la mer, qui est peu profonde encet endroit, & dont le rivage va doucement en pan chant.Du côté du Sud, Cartagene est ceinte d’un marais ou étangbourbeux nommé Canapote,qui fluë & reflue comme la mer.On va de la ville jufqu’à la terre-ferme par une chaussée,longue de trois cens pas & large de douze, fous laquelle il ya deux arches, qui donnent entrée au- flux. La ville est tres-bien bâtie, & a cinq rues, qui s’étendent déplais le Port oucôté Occidental,presque jufqu’au rivage opposite de la mer.Chacune de ces rues est longue environ de six cens pas, &garnie de belles maisons de côté & d’autre, avec leurs Jar-dins Sc leurs Cours. 11 y a une autre rue presque deux foisauffi longue que les autres qu’elle coupe toutes, commen-çant dés la m^r mêtne,& s’étendant jusques à f étang. 11 y aune Eglise Cathédrale, dont l’Evêque est suffragant du
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Métropolitain du nouveau Royaume de Grenade. Les V&
minicains y ont un Gonvent, ainsi que les Cordeliers. U
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Maison de Vìlle , le Bureau du Roy, & quelques autrestimens semblables ,fe sont distinguer parmi les édificesbìics. Herrera écrit qu’il y a plus de cinq cens familles d Lpagnols dans Cartagene, & un fort grand nombre dechands & d Etrangers. Son Port peut s’attribuer le preffli £rang entre les meilleurs du nouveau Monde ,quoy quegrands vaisseaux soient contraints de mouiller l’ancre un J> e “loin de la ville. L’entrce de*ce Port est comme fermée d u»lílé pareille à celle qui est devant le Port de Cartage la NeUve , & que les Espagnols appellent £feombrera ; mais elle e ^un peu plus grande. Celle-cy s’appelloit anciennement Cfdega, & on la nomme aujourd’huy carex. Elle a deux h eU ®.de long, & íà largeur esta peine de demi-lieuë. Elle Çtoute parsemée d’orangers, & autres arbres semblable;,posez en tres bel ordre, & comme plantez par onPort peut contenir un assez grand nombre de navires, *7. ,y entre par deux passagés. L un est environ à demi-lieueía ville, large, de neuf cens pas & fort prosond.L’autre etune lieuë de ce premier vers i’Oiieft, & on l’appelle(híca , c’est-à-dire , petite embouchur e. 11 a auffi neuf f eapas de large ; mais le canal qui s’y trouve navigable, n e°pas plus de deux cens,& quinze ou vingt brasses de proso ndeur, & quelquefois moins. Il faut que ceux-qui veU 4,entrer dans ce Port, suivent ce canal, à cause que la c° ^est entrecoupée de côté & d’autre, & qu’elle a plusieurs t £coins. Après qu’on a passé ce canal pour entrer dans le P° r *il faut approcher du rivage de fille Carex, afiri d’éviter p usieurs basses Sc rochers qui sont à peine couverts de de u ;ou trois pieds d’eau, ce qui oblige non feulement d’aveun sort bon Pilote, mais auffi d’envoyer une chaloupe 0vant pour fonder la profondeur du canal. Cartagene fjj.bâtie fan 1531. par Pedro Heredia* qui eut besoin d’affi e *& de valeur pour subjuguer les Sauvages, les Naturels »cette Province étant hardis & fans crainte, Sc fe précipitffau combat avec fureui-jtant hommes que femmes. Elie s ebeaucoup accrue , & ses habitans sont deVenus extrcmem enriches par la commodité du trafic. íf y arrive tous les 3 ^une grande quantité de toutes fortes de tharchandiíês d bpagne * & la flote Royale qui va à Nombre de Dios, y P 3 ‘ ^í’Hiver assez souvent. Sur tout les marchandises qui àeíc et> 'dent du nouveau Royaume de Grenade pàr le grand sierode la Magdelaine, y font amenées ordinairement. Elle ssprise en 1585. & pillée par les Anglois * fous la conduite dFrançois Drac, qui aprés en avoir brûlé une partie, entit, -moyennant six-vingt mille ducats,que les Bourgeois wpayerent. 11 n’y a rien de plus étonnant que fexpedirion ^M. de Pointis en 1697. qui s’en étant rendu Maître, en e^porta d’immenfes richesses. On tient qu’elle est habitée J*quatre mille Espagnols ,& de quatorze mille Negres. Pmurailles qui la ceignent tout à f entour , sont de dix-h^'pieds de haut avec leurs bastions, & un rempart de ressderrière le mur. Elle a deux bastions auprés-de la porte pylaquelle on fort pour aller vers une pointe de terre,norn nlCde canoa ; deux autres plus petits prés de k porte qui we^aux fauxbourgs ; deux plus grands au dessus de la porte Edeux fur le rivage , & fur le chemin qui va à la Fortere».
qui commande f embouchure du Port. Le fauxbourg ^situé fur un banc de fable appelle Xexemaw. On y va de
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ville par un sentier fort étroit, & par une porte où il y 3pont-le vis. De ce fauxbourg , qui est dans une Peninm 1 ^’ainsi que la ville, on paste vers la terre-ferme par un fen tJ ,qui est auffi fort étroit. Qupy qu’il y ait dans la villeques puits de deux brass.s de profondeur, où l’on puif e jjseau douce j elle ne laisse pas souvent d’en manquer,faut en aller quérir à une montagne qui est au Nord,proche du lieu où les grands navires mouillent f ancre. C clmontagne fe nomme Monte de Popa ou de Galera , & il y 311Monastère de Moines, appellé Madre de Dios de la Popa-Les Espagnols habitent quelques autres villes dans le G°vernement de Cartagene ; fçavoir Tolu,à six lieuës de h 'en une région faine & fertile en fruits, d’où l’on tranfp 0 !^en Europe f excellent baume, qu’on appelle de Toltt , l* ^de Maria -, à trente-deux lieuës de Cartagene; & Santade Moponfi tuée fur le rivage de la riviere de la MagdeJa 10 .
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Sur ce même rivage, à trente lieuës de Cartagene, à vilì
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de Ja ville de Sainte-Marthe, &à six de la mer duNordun Bureau de recette, que les Espagnols appellentde MaLtmbo. On décharge en ce lieu là toutes les march 3 ^dises de fEurope, & autres hors des navires, & on les t ra 11
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