Band 
Tome I. [A - D.]
Seite
544
JPEG-Download
 

' Arabes du temps d’Osman , l’un des premiers Successeurs deMahomet. Aprés qu’il eut été abbatu , on le rebâtit plusgrand qu’auparavant, & il se forma un gros bourg tout àl’entour. Un Calife de Bagdad fit ceindre ce bourg de mursFan 170. de l’Hegire, & fit bâtir à mille pas de distance unepetite ville qu’on nomma de son nom Medine-Mousti. Ungrand quartier de Caíbin porte encore ce nom. Moíibarec,Affranchi du'Calife qui avoit le “Gouvernement de ía Pro-vince , & à qui on avoit recommandé Fouvragé * en fit cons-truire un autre à' une égale distance , & le nomma Moubare-'kie pour la conservation de son nom. Harou Rechiç[ joi-

f mt ces trois petites villes en une , par quantité de beauxâtimens qu’il fit faire dans le vuide, & ordonna que l’onentourât de murs & de fortifications toute la place. Un au-tre Calife les fit achever > & donna à la ville le nom de Cas-bin d’un mot qui signifie Châtiment , parce qu’il faifòit em-prisonner dans le château qui y étoit s tous les Grands qu’ilvouloit punir. L’an 364. une partie de la muraille de la villeétant tombée, Scheb Calife Ismaël premier Ministre de Per-se fit relever ce qui s’étoit abbattu, & dans la fuite des tempsquelques tremblemens de terre y ayant causé de grandsdommages, Mahomet fils d’Abdalîa-Elmugâré qui regnoitalors au Pays des Parthes, & qui faifoit fa reudence ordinai-re proche de Casoin s’y transporta pour les faire réparer, &les murailles qui n’étoient que de terre ne luy ayant pas sem-blé assez belles ni assez sortes polar une íì grande ville, il fitabbattre ce que les tremblemens âvóient épargné, & en fitfaire de brique rouge. Ces murs avoient cent mille troiscens pas d’enceinfe, & étoient renforcez de tours de cinqCens en cinq cens pas. Les Tartares & les Turcs ont ruiné àdiverses fois tous ces ouvrages, & enfin la ville de Caíbins’est rétablie comme on la voit aujourd’huy.

L’an 955, de l’Hegire le Roy Tahmas qui s’y retira en fitla capitale de Perse. II y passoit tout l’Hiver, & demeuroitl’Ete sous des tentes au pied du mont Aloúvent, où il y abeaucoup de lieux frais, d’eaux & d’ombrâges. Ses Succes-seurs en ont usé de la même sorte jusqu’à Abas le Grand, quidés la premiere année de son régné transféra la Cour à lípa-han. Caíbin est bien déchue depuis ce temps là. On n’yVoit plus que les ruines de ses murailles, & la ville qui a sixmilles de tour est ouverte de toutes parts. Elle est composéede douze mille maisons, & a cent mille habitatis, parmi les-quels on compte quarante familles de Chrétiens , & cent fa-milles de Juifs, tous tres-pauvres. L’Hippodrome ou Car-rière pour la course des chevaux est un des plus beaux lieuxqu’on y voye. On l’appelle Meidan Cha , c’est-à-dire , PlaceRoyale. II est long de sept cens pas , Sc large de deux censcinquante. Le Palais Royal a sept portes, dont la principaleçstappellée Alicapi , qui veut dire, Porte haute ou élevée. Audessus est une Inscription en lettres d’or , dont les parolesrenferment ce sens. Que cette triomphante Porte soit toû)ours ou-verte a la bonne fortune , par la venu de la confession que nom sai-sons qu U riy a point d’autre Dieu que Dieu. Les jardins du Pa-lais sont faits en échiquier & fort bien entretenus. Le RoyTahmas avoit fait commencer ce Palais, & Abas le fit toutchanger,& l’augmentá de beaucoup. II y a peu de Mosquéesâ Caíbin. Celle qu’on appelle Mecbid C ha, c’est-à-dire^ Mos-quée Royale, est située au bout d’une large ruë , plantée degrands arbres, qui commence à la grande porte du Palais duRoy. Elle a été bâtie presque toute entiere aux dépens deTahmas & de son vivant. C’est une des plus grandes & desplus belles de Perse. Du côté oriental de la ville est le Cime-tière , où l’on voit dans une belle Mosquée le Sépulcre deSchahesade Hossein, un des fils de Hussein, auprès duquel oria de coutume de faire les fermensque l’on exige en Justice,ce qui s'observe par tout ailleurs en Perse, aux lieux où il ya des sépulcres de Saints ou de leurs parens.

On voit aussi en cette ville plusieurs bains publics, &par-ïni les Ca ra van feras, celuy qu’on appelle l’Hôtellerie Roya-le, a deux cens cinquante chambres , un grand bassin d’eau ,ávec de grands arbres au milieu de la cour , & deux portes .qui mènent dans cette cour où l’on vend les plus précieuses !marchandises. II n’y a pas tant de jardins en cette ville, quedans la plupart des autres de la Province, à cause que leterroir est sec & sort sablonneux , & qu’il n’y passe qu’unpetit ruisseau j qui est un bras d u fleuve Charoud. Cette eaurae suffisant pas, on en fait venir d’autre de la montagne pardes canaux i oûterrains , & on la reçoit en des caves profon-des de trente pieds. Elle est fraîche , mais pesante & fade.Cette disette d’eau rend l’air grossier & mal sain, sur tout enËté. La ville ne laisse pas de jouir d’une grande abondance j

de vivres,& deíohîe forte de denrées, parce que les can#gnesd’alentour qui regorgent d’eaux abondent par lemoyen , en bétail , en grains & en fruits. II y croît le r*beau raisin de Perse, dont on fait un vin violent & délicie 1 !.Ce raisin est doré , transparent, & gros comme une pe £it Jolive. 11 ne croît qu’à de jeunes seps. On ne les arro'point , & pendant cinq moisd’Eté ils sont dans un terrai Isablonneux, & sous un Ciel brûlant fans recevoir une goiùd’eau. Là vendange étant faite, on laisse aller le bétail dasles vignes pour les brouter, puis on coupe le plus gros dos<& on ne laisse que de jeunes seps, hauts environ de triï.pieds, qu’on n’a pas besoin de faire soutenir par des ecn Jla’s.Le terroir des environs produit aùffi dés pistaches. L ^bre qui les porte n’est jamais guere plus grand qu’un noy £de dix ou dôuze ans, & elles viennent par bouquets qui r £

semblent à des grapes de raisin. L’air est extrêmement cha^1 Eté à Càíbin durant le jour, à cause de la haute m ontaf nl

! jour.

qui est au Septentrion ; mais en récompense le$ nuits y f° n í

si fraîches alors, que pour peu que Fon s’y expose, qu^

fil

tti

Z

fo

tai

óh est déshabillé, on ne manque point d’en être malade,ville est à quatre-vingt-cinq degrez&cinq minutes de 1011 ]gitude, & à trente-six degrez & trente-cin'q minutes de l at ’. jtude. II en est sorti plusieurs Auteurs célébrés, entr’au £se t !Locman, fameux poùr les Fables qu’il á composées, qui Iíì semblables à celles d’Esope qu’eiles passent pour unLivre. * Olearius, Voyage de Moscovie & de Perse. Tavern ies ’ ;Voyages de Perse. f

CASCÀES. Ville de Portugal dans FEstremadure > eLatin Case ale. Elle est située à Fembouchûre du T âge, alieuës de la ville de Lisoonne. Cette ville n’est point foFfiée, & n’a qu’une Citadelle bâtie fur la pointe de quelq u£rochers. Quand cette place fera entierement achevee , e ^formera une lozange composée d’un bastion entier &deux demi-bastions. II y a fur le quatrième angle une vie 1Citadelle que Fon doit abbattre, parce qu’elle est trop e 1 ?,gnée de là passe des vaisseaux, pour les pouvoir incommopar son canon. II n’y a point de Gouverneur, & lement de Cafcaës y est eii garnison. La rade de cette p ia , ^

est fi dangereuse , à cause des vents d’Oíiest qui y. re S”^ u p’ «nque les vaisseaux courent risque dans les marées d’etre p ;fées contre des rochers qu’on nomme cachoppes. Le ^ ^pLr- ^de Cascâës qií’on a vû Ambassadeur Extraordinaire de , ti,re II. Roy de Portugal à la Cour de France , est Seig ne ■; Gporte le nom de cette Terre. II est de la Maison deN° r °. *» ■ bj|qui descend de Dom Alphonse , fils naturel de He ® 1 ,

Roy de Castille. * Lequien de la Neufville, Histoire gentde Portugal. 1 1

CASCANE. Bourg du Royaume de Naples sort p ell P F& distant également de seize milles de Mola & de CapovAvant que d’y arriver on a le plaisir de voir grand no® .de maisons de plaisance des hábitans qu’ils appellent CstJ^di Cafcano. Au sortir du bourg on passe sur un pont <juisur la riviere de Volturne , extrêmement profonde à cade là rapidité de son eau, & que Pimentel Víeeroy . /

pies fit faire il y a prés de cent ans pour la commodité

public. On y lit Ces mots sor une pierre. Philippe Tertio ^tholiío régnante, Pimdntel & C arasa multer dd utilitatem pM" §póntem hune fecit, anno 1608. *JoUvin de Rochefòrt, Vos t>de France & d’Italie. r,.

CASCANTE. Bourgd’Efpágne dansláNavarre,entin cástcatìtum. II est situé sor la riviere de Queiles, e j.Tarracóne & Tudele , environ à deux lieuës de Fune #

da

ì>I,

ter

*ei

tk.

£

H

<

tor

fiv

Spj

*<ì

Jtia

a í

fen

tz.

3 tf

foi

%

«H1

l'autre ville. * Máty, Dril. deHoìl. ijoi. » édJ

CASCAR. Royaume d’Âíie dans la Tartarie, du cOÎ ^Royaume de Thibet qu’il a au Midy, en LatinTexeira l’appelle GaxhaY ôí Kaxghar. Sa ville capital® , ^autrefois Cafcár, queTexeira place sor la frontière dÁaiourd’huy c’est Hiarchan. Marc Pol donne âu È 0 / c j 0 qde Cafcar plusieurs villes & châteaux, & seu!e® eIît a ge»journées de longueur. Le Pere Trigaut l’étend dav a ° e jj e sSes autres villes sont Tangethar, Jaconich, aprés lelssvjg- Ltzon trouve Hiarcan. 11 y a encore quelques lieux c °°\arrâbles ; fçavoir, Jolchy ou le peage fe paye, Alceghet, tb e

patheh, Egriâr, Mesetelec, Thalec, Horma,ThoantaC>gieda, Capetaleol, ZUan , Sarc, Guebebal, Canbassy í ^ ^ *voíërsec, Ciacor, & Ascu où Aso, selon Ananie, Fune des p ^cipales villes de Cafcar, qui fut gouvernée en 1604- P 3 * J?Mtit-fils du Roy. Parmi ces lieux l’on trouve leCaracatay , c’est-à-dire, Terre noire de ceux du Catay» P 3 *,qu’ils disent que les Peuples du Catay ont demeurétemps en ces quartiers-là. On rencontre ensuite ^ les

Ç