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Tome I. [A - D.]
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contre lés Mau’rò ,assiegea Sc prit la ville de Ximena,ce quiobligea leur Roy Ismaël à luy demander la paix , Sc il neTobtint qu'en se faisant son Vaílal. La guerre étânt termi-^née, Henri, qui n'avoit point eud’enfansde Blanche deNavarre pendant douze années, íâ répudia, pour épouserJeanne, sœur du Roy de Portugal. L’an 1462. ce Princeayant mené avec luy à Valladolid son frere Alphonse & sasœur Isabelle,ne put voirsìns jalousie ^empressement quetoute la Cour marqua pour le jeune Prince. Pour appaiserles murmures des Grands du Royaume , qui le tráitoientd'impúissant, & d’honime incapable de leur donner un suc-cesseur , il proposa à la Reine Jeanne fa femme de favori-ser Dom Bertrand de la'Cueva son Majordome, pour quiil avoit connu quelle avoir quelque penchant.G’étoit l'hom-me le mieux sait de toute la Cour. La Reine sc rendit âuxraisons de son mari, qu'elle sir pere d’une Princesse, qu’onappella Jeanne comme sa mere. Ensuite elle devint groíled'un Prince ; mais dans le temps que le Roy étoit allé à Al-sace pour «'aboucher avec Dom Juan son oncle, la foudretomba dans la chambre de la Reine , qui étoit demeurée àAranda,& elle en eut une si grande frayeur,qu’elle accouchaavant terme. Le Roy qui répandoit les bienfaits à pleinesmains fur Dom Bertrand de la Cueva , pour l'engagcr auservice, le fit Grand-Maître de l’Ordre de Saint Jacques, cequi redoubla les plaintes des Grands contre un homme quine s'étoit'élevé à ce faîte de grandeur, qu'en donnant à laí Castille une Princesse supposée, qu'on vouloir faire leurReine. Les Etats s'étant assemblez, la déclarèrent incapabled'avoir la Couronne* dont Alphonse, frere de Henri,futreconnu pour légitimé heritier. Henri indigné que ses Su-jets vouluflent luy faire la loy, fit la paix avec le Roy deGrenade , & confia la garde de fa personne à deux censMaures. Les Grands en furent blessez * & proclamèrentAlphonse pour Roy ; rhaisHenri ayant vaincu les rebelles,par le secours de quelques troupes qu'il fit venir de France& de Grenade, obligea son frere à sc contenter de la qualité-de présomptif heritier de la Couronne. Les Mécontens con-tinuèrent à brouiller, & Légalité de forces dans l’un Sc l’au-tre parti eût fait durer la guerre long temps, si la pesten’eût pas enlevé Alphonse. Sa mort obligea les Mécontensà «'accommoder avec le Roy, qui étant timide * leur accor-da uné amnistie , & consentit que sa sœur'Isabelle fût décla-rée son heritiere , au préjudice de tout ce qui avoit été saitëù faveur de Jeanne sa prétendue fille. Dom Juan Roy d'Aragoïi íiegócia à l’insçû de Henri le mariage de son fils Fer-dinand, avec Isabelle de Castille , & ils sc marièrent secrè-tement à Valladolid l’an 1469. Henri l’ayant sçtì, crut de-voir opposer quelque puissant Concurrent à son beau-frere;& pour cela, il jetta les yeux sur le Duc de Guyenne , filsde Louis XI. à qui il fit proposer d^époufer l'Infante Jeanne.La mort du Duc arrivée peu de temps aprés empêcha l’exe-cution de ce projet. Le Roy de Castille ratifia le mariage de'Ferdinand avec Isabelle, & les reçut fort bien l’un & l'autreau Château de Segovie , où la réconciliation sc fit. L'an1474. ce Prince étant à Madrid, y tomba malade de la peti-te vérole. Les Grands de fa Cour le voyant en grand péril,le presserent de reconnoître la supposition de l’Infante Jean-ne ; mais il persista à soutenir qu'elle étoit fa fille, & la dé-clara son heritiere par son Testament. II mourut dans lavingt & unième année de son régné, laissant une ample ma-tière de guerre.

Sa soeur Isabelle étoit alors à Segovie* où la plûpart desGrands delaCourallerentlareconnoître pourReinede Cas-tille & de Léon. Plusieurs autres sc déclarèrent jiour Jeanne,& eurent recours à AlphonscRoy de Portugais qui ils pro-mirent la Couronne de Castille , s’il vouloir épouser cettePrincesse. Alphonse ayant écouté cette proposition,fit som-mer Ferdinand & Isabelle de luy remettre les Royaumesdu feu Roy Henri , & fur leur refus , il leur déclara laguerre. Ferdinand Prince d’Aragon sc chargea de défendrela Vieille Castille, avec le Royaume de Léon ; & Isabelle fafemme défendit l’Andalousie & la Murcie. Alphonse étantarrivé à Palencia, le Marquis de Vilcne y amena Jeanne, Scle fit proclamer Roy de Castille , aprés qu'on eut fait leursfiançailles. Ce Prince s’approcha ensuite de Badajox avec. une armée de quatorze mille hommes de pied , & de cinqmille chevaux. II s'avança de-là vers Toro, où il fut reçu. avec la Princesse, aprés quoy il s’empara de Zamora , dePenafiel & de Bultanas ; mais tandis qu'il sc reposoit à Za-. mora, le Gouverneur qu’il V avoit établi, y fit entrer la' nuit des Soldats de Ferdinand, qui firent un grand massacre

■des Portugais. Ce désavantage fut suivi de la perte d unsbataille que'Ferdinand luy donna. La droite qui étoit con-duite par Alphonse, fut entierement rompue ; en sorte q u 11 'sc sauva presque seul à Castro Nuno , où le Gouverneur eutpour luy de grandes honnêtetez ; mais les Portugais croyantleur Roy mort, sc débandèrent, ce qui fut causc que Fer-dinand n'eut pas de peine à reprendre toutes les Places qtieson Concurrent avoit conquises. Les Castillans qui avoienjsuivi le parti de Jeanne, l’abandonnerent, & voyant qu uloy seroit difficile de le rétablir , elle prit le voile dans unConvent de Sainte Claire. Peu de temps aprés, c’est-à dire*en 1470. Ferdinand devint Roy d’Aragon pâr la mort deDom Juan son pere, qui avoit possédé prés de vingt-deuXans cette Couronne, Sc cinquante-trois celle de Navarre.Ce Prince ayant convoqué les Etats de Castille Sc de Léon,y fit reconnoître son fils Dom Juan pour Prince des Asté-ries. Isabelle le mena ensuite en Aragon Sc à Barcelone , 011il prit le titre de Prince de Gironne. Ces cérémonies ctantachevées, on traita son mariage avec Marguerite , fist eMaxiíhilien, Archiduc d'Autriçhe. II sc fit avec beaucoupde rtìagnificence Vers l'an 1496. mais Dom Juan mourut ustah aprés à Salamanque , laissant Marguerite grosse. Cornacelle accoucha d’uhe fille morte, Ferdinand craignant qu £ I emariage qu'il avoit fait de fa fille Jeanne avec Philippe» Ar-chiduc d’Autriçhe, fils de l'Empereur Maximilien, ne ntpasser fa Couronne à des Etrangers, fit épouser Elisabetnson aînée à Emanuël Roy de Portugal, & elle fut déclarésPrincesse des Asturies. Elle jouit peu de temps de ce hautrang, étant morte en accouchant d’un Prince, qui fut ap-pelle Michel , Sc reconnu pour heritier présomptif ^Couronnes de Portugal, de Castille Sc d’Aragon. II ne vécutque deux ans, Ce qui fut cause qu'en 1499. 011 reconnutl'Archiduchesse Jeanne , pour Princesse des Asturies. Ferdi-nand a eu la gloire de chasser les Maures de toute l'Efpassne»Aprés avoir pris quantité de Places au Royaume de Gre-nade, & défait Muley qui en étoit Roy, il l’obligeadequitter ce titre, & acheva la conquête du Royaume. P arTraité qu’on avoit fait avec luy , il devoir demeurer lih redans l’exercice de la Religion de Mahomet ; mais on nelaissa pas de le presser de recevoir le Baptême, ce qui IpXcausa tant de chagrin, qssil «'accommoda de tous scs dr° itspour quatre cens mille ducats, & sc retira à la Cour du R-PXde Fez, où il fut assassiné. Ferdinand voulant purger j e *Etats du Mahometiíme, obligea tous les Maures à fe f a ‘ r . ebaptiser,ou à passer en Afrique ; ce que firent les plus ri-ches. Les autres fe convertirent en apparence, & continuè-rent secrètement à exercer leur Religion. Ferdinand l’ay a0t:appris, fit contr'eux un Edit sevére, ponant que tous ceu*qu'ón pourroit convaincre d’avoir apostasie, fer oient ven-dus comme des Esclaves, ce qui cáusa de grands troublédans les villes de Lajaran Sc d’Andarocax, où le nombre u eces Infideiles étoit sort grand. Ceux des villes de Béné-fique , de Nixâr Sc de Gujir ne pouvant souffrir cette ri-gueur , sc révoltèrent, & sc rendirent Maîtres de ces Pla ceSoù ils se trouvoient les plus puissans. Ferdinand y envoy*quelques troupes, qui leS ayant reprises, firent mourir tousles hommes capables de porter les armes, & vendirent tou-tes les femmes comme Esclaves. Ce même Prince empl°y 3Colomb à faire plusieurs découvertes dans les Indes. Ou tr . eson aînée qui mourut Reine de Portugal, & Jeanne, Archi-duchesse d'Autriçhe, il eut. encore deux filles, l'une app e .lée Marie, qui fut femme d’Ematiuel Roy de Portugais 11 *étoit veuf de fa sœur aînée; Sc l’autre nommée Catherine»qui fut mariée avec Artus, Prince de Galles, heritier deCouronne d’Angleterre ; mais comme elle n’étoic pas afl e *âgée pour pouvoir consommer le mariage, elle sc troU víencore fille quand Artus mourut. Henri VII. Roy d'An-gleterre ne voulut ni lâ rendre à scs parens,ni la marier aV eson fils Henri, qui par la mort de son frere , étoit devenPrince de Galles; mais ce Prince l’époufa quand il fut devst'nu Roy, Sc il en eut Marie, qui fut femme de PhilipP c V'Roy d’Efpagne. Louis XII. Roy de France ayant résolu strecouvrer le Royaume de Naples, que Charles VIII- aV °*.laissé perdre, Ferdinand , qui prétendoit qu'Alphonfe,avoit possédé cette Couronne, n'avoit pû en disposer £faveur de Ferdinand son bâtard, ni le désunir dn Royaust »d'Aragon, fit un Traité avec luy, par lequel il fut arre [gque le Roy de France auroit la ville de Naples & la Te s) ^de Labour, avec l'Abruzze ; & que Ferdinand, qui par c oílcession du Pape Alexandre VI. avoit. pris le nom de R 0 ^Catholique, auroit la Fouille Sc la Calibre ; & que ch^