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Tome I. [A - D.]
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f'ons áux Corsaires d Alger & de Tunis, ce qui léùr don-'„ 0l t moyen de faire souvent des prises. Philippe ayant àf-ei ftblé son Conseil pour remedier à ce désordre, on résolut^ e Jes chasser tout-à-fait d’Espagne. DomPedre de ToledeAugustin Huíììas entrerent avec une armée dans le Royau-e de Valence où ils s'assembloient, & quànd ils en eurent-, toutes les Places, ils firent publier un Edit, par lequelfiiir étoit ordonné de vuider le Royaume dans un certainetn ps. Ils offrirent deux millions d’or pour le faire revo-ter, Lc n'ayant rien obtenu, ils résolurent de passer tous entrique; Ceux de Gandia, Duché d’Espagne dans le Royau-me 6 de Valence, forent les premiers à s’embarquer. Ils furent° rt bien reçus à Tremesen par ordre du Roy de Fez ; maisr Ue lques-uns s'étant avancez dans le Pays, forent volez o,u^ par les Arabes, qui poursuivant les femmes les contrai-Parent de se lancer dans la mer avec leurs en sans dàns leursr as. Les Morisques de Valence, pour ne se pas exposer auxj. Emes périls, se retirerent au nombre de vingt-cinq mille? U , S k conduite de Saguien-Milleni; homme de grande àuto-te parmi eux, avec des armes & des vivres dans Aguar ,

; otitagne fort haute du Duché de Gandia, & ils y élurentr°Ur leur Roy Barberousse de la ville de Guadalete. De làp° Ur ant toute la campagne voiíìne;ils mirent le feu aux Egii-s >8t pillèrent les maisons. LesEspagnoìs attaquèrent la mon-, ^tie lá nuit du 2ó.de Novembre ióio.s’étant mis en marcheRieche cachée & fans tambour, afin de les mieux furpren-Ces mutins se défendirent avec assez de courage, quoy^ ùs n’eussent pour toutes armes que des frondes & des pier-p triais aprés avoir perdu trois mille des leurs,ils prirent laj, lte , leur Roy Barberousse ayant été tué dans le combat. Ilsj. e tetirerent dans des lieux inaccessibles, où s'étant fortifiez,u s Prirent Milleni pour Roy. La faim les força de capitu-r aprés quelques jours, & ils furent embarquez pour passerç Afrique , aíhfi que ceux qui s'étant retirez dansMola-°rtez, forent enfin contraints d’obéïr, de forte qu'il sortity*!® annéerlà cent trente mille Morisques du Royáume dea lence. Philippe III. pour/unir étroitement à la Franceonclud le mariage de Philippe son fils aîné avec ElisabethFrance , fille du Roy Henri IV. & celui de sa fille Annet r a He Mauricette avec le Roy Loliis XIII. ce qui fut execu-1615. Le Duc deLerme son Favori voyant sa fortunee * établie pour ne pas craindre qu'on pût fébranler ; for-p a dessein de se faire Cardinal. Le Chapeau que le PapeV. luy envoya fut le commencement de sa disgrâce.t e .Iloy son Maître eut quelque chagrin d'être obligé dej, a ’ter son Sujet avec déference, Sc comme ce nouveau rangB en § a geoit à le faire asseoir ; cette nouveauté ne luy plût£ aSi Les ennemis de ce nouveau Cardinal se íèrvircnt dedisposition pour animer contre luy le Roy Philippe,le* n cu Fant de luy avoir fait faire une Paix honteuse avec^ S Provinces-Unies ,& de savoir engagé contre le Duc deVqy e à une guerre , dont il ne pouvoit tirer honneur niF r ofit. Philippe sé refroidit, & luy ordonna de se retirer àss^lqu'une de ses maisons pour y goûter dû repos aprés sesç’ghes fatigues. Ainsi ce Cardinal fut obligé de quitter lale q.d'Octobre 1618. Sa disgrâce entraîna celle de°deric Calderon qui avoít été fou Page. L'an 1620. le RoyF ar tit de Valladolid pour aller en Portugal faire reconnoí-. e Philippe son fils pour son Successeur à cette Couronne;h P r és qu’îl i U y e ut fait prêter ferment de fidélité à Liíbon-où les Etats avoient été convoquez; il s’en retourna fur laCo â.ávril, & tomba malade à Cafarubias. II ne laissa pas deV nt inuer son voyage, & arriva à Madrid le premier jour deovembre;- II mourut le dernier de Mars 1621. en laqua-^O'troisiéme année de son âge.

Ap r ^s fa mort on leva la Bannière pour la proclamationC e p °F ^'Espagne,Philippe IV. son fils, suivant sufage de^ Royaume , & le Roy fit son entrée dans Madrid sous un^ghifique dais. II étoit accompagné de tous les Consuls &d e c°^ s ^ es O rdres, qui sétoient venus trouver dans 1 Egliseejc a ’or Jérôme. La Trêve avec les Provinces-Unies étantde f 62 ’ ^ examina s'il lá devoit renouveller, & on résolutf at5 e Préparer à la guerre. L'Archiduc Albert étânt mortS P°fterité au mois de Juillet de la même année, les Pays-bell rent réunis à la Couronne d'Espagne, & f Infante Isa-q . e en conserva le Gouvernement. Le Marquis SpinolaSie Cofnman doit les armées , otiwit la campagne par lef u § e de Juliers où les Hollandois avoient garnison. Le íiegede 7^8., la place ne s’étant rendue qu’au commencementÊ J a hvi Cr 1622. Ce ne fut pas seulement fur terre que lesP a ghols attaquèrent les Hollandois. Dom Juan Facnardo,

General de k flore d’Espagne ,• ayant combattu celle desProvinces-Unies à sentrée du Détroit, coula deux vaisseauxà fond, eh prit quatre , & le reste luy échapa à la faveur destenebres. L'an 16^35. la guerre fut déclarée entre la France& l’Efpagne, à soccaíion de f Archevêque de Treves, quele Cardinal Infant avoit amené prisonnier dans ía capita-le, Lc dont Louis XIII. Roy de France avoit pris la protec-tion. Cette guerre n'a fini que par le mariage de Louis leGrand,avec MarieTherefe , Infante d’Espagne, fille de Phi-lippe IV. Les Catalans s’étant révoltez en 16qo.fe donnerentà Louis XIII. & le reconnurent pour leur Souverain , luydonnant le nom de Comte de Barcelone. L’exemple desCatalans donna aussi envie aux Portugais de secoiier le jougde la domination Castillane. II y avoit beaucoup de mesuresà prendre pour l’execution d’un fi grand dessein, & son ytravailla pendant dix mois. Elle fut fixée au premier jour deDecembre ; Sc ce jour venu, ceux des Confederez , qui'avoient quelque crédit auprès du Peuple, lé chargèrent defaire trouver fur 1 a Place les plus zelez pour la liberté pu-blique, Sc montèrent au Palais avec un air tranquille, quiauróit trompé les plus clairvoyans. Tous les autres entre-rent dans santichambre de la Duchesse de Mantouë , Mar-guerite de Savoye, Vicereìnede Portugal, & feignirent d’at-tendre qu’ils pussent la voir. Lors qu’iis forent tous assem-blez, ils paíïèrent dans la Salle des Gardes, & Dom Migueld’Almeida fut le premier qui leS chargea, en criant liberté i>liberté. II fut secondé avec vigueur par ceux du parti, qui sedéfirent en sort peu de temps de tous les gens de guerre quipouvoient s’oppofer à leur entreprise. Dom Miguel, Viçss-lard venerable , mit la tête à la fenêtre , & apprit au Peupleen peu de mots le dessein qu’avoit la Noblesse de donner àúDuc de Bragance une Couronne qui luy appartenoit légiti-mement, comme issu de Catherine, fille d'Edoiiàrd,dernierdes ensáns mâles d’Emanuëi Roy de Portugal, au lieu quele Roy d'Espagne descendoit d'Isabelle, fille de ce mêmeEmanuëh Cette surprenante révolution ne coûta la viequ'àVasconcelloSjSecretaire de laVicereine,qui ayant été trouvéenfermé dans une armoire,fut percé de mille coups, & jettepar les fenêtres. Philippe, qu'on informa aussi-tôt de cetterévolté,écrivit au nouveau Roy,comme s'il n’avoit pas vou-lu ajoûter foy à ce qu'on luy en avoit dit, l'exhortant à luydemeurer fidellê,& à punir les mutins. Dom Juan luy ayantmandé qu’il prétendoit fe maintenir fur le Trône , le Royd’Espagne qui ne vit plus rien à ménager, fit des levées ex-traordinaires pour attaquer le Portugal pár mer & parterre.Néanmoins comme il fut obligé de partager ses forces,parcequ'il ne luy étoit pas moins important dé remettre les Ca-talans fous son obéissance, il fit son plus grand effort de cecôté là, & envoya le reste de ses troupes pour fécourir Ba-dajox,que Dom Juan avoit assiégé avec dix-hûit mille hom-mes, cette Place étant fur les frontières de la Castille; LeMarquis de los Velez, arrivé à Sans à une lieuë de Barce-lone, ne fe voyant pas assez de troupes poirr 1 assit ger , &manquant d’une armée navale pour bloquer le Port,résolutde s'empafer du Fort de Monginie , dont la ville est com-mandée;^ où il auroit pû mettre son canon eh batterie pourfoudroyer les maisons. Cette entreprise ne réussit pas. LesCastillans furent contraints de fe retirer aprés un combat desix heures, laissant plus de cinq cens des leurs morts fur làmontagne. La disgrâce du Comte Duc d’Òlivarés arriva furla fin de sannée 1643. & fot apprise de toute la Cour avecune joye inconcevable. II en partit le 24. de Janvier de san-née suivante pour n'y plus pároître; Sc íì-tôt qu'il fot partile Roy changea prelque tous les Officiers qui avoient étémis de fa main. Le Connétable de Castille fit casser le ma-riage qu'il avoir été obligé de faire de D. Juàna de Velafcòfa fille, aVec le bâtard de ce Favori. La guerre ayant conti-nué avec beaucoup de chaleur depuis fan 1635. entre láFrance & l’Efpagne,on commença enfin à travailler à lá Paix.Le Roy Loliis XIV. envoya le Marquis de Lionne à Ma-drid, pour en conférer ávec Dom Loliis de Haro , & pourpressentir fes fentimensfur son mariage avec Marie Therefe,Infante d'Espagne, à quoy il trouva peu de disposition , àcause qu’ellc étoit álors sheritiere de la Couronne; maisMarie-Anne d’Autriche, fille de i'Empereur , que le Royd’Espagne avoit épousée en secondes noces aprés la mortd’Elisabeth de France sa premiere femme , étant depuis ac-couchée d'uh Prince, cet obstacle fat levé. Le Comte dePimeritel qui alloit en Italie , eut ordre de voir en passant àLyon le Roy tres-Chrétien qui s’y étoit rendu, & 1 ouver-ture qu'il y fit du mariage de sinisante, fit changer le desseins

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