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Sebastien s’engagea si avant parmi les Maures, quorf îgnòràce qu’il étoit devenu , s’il avoir été tué , ou s’il étoit tombévivant ata pouvoir des Infidelles. Ce Prince ne paroilïàntplus, on mit fur le Trône Henri Cardinal Prêtre, onde deJean, pere de Sebastien. Ce nouveau Roy ne régna que jus-qu’au commencement de 1580. & alors Philippe II. fit Valoirses droits, comme étant sorti d’Isabelle la plus âgée des fillesde Jean III. Celuy de Jean Duc deBragance , sorti d’E-doiiard le dernier des fils d’Emanuel, paroiffoit incontes-table ; mais le plus fort remporta. Philippe qui avoit faitarrêter le Duc d’Àlbe quelque temps auparavant dans 1 aville d’Uzeda, à dix ou douze lieues de la Cour, à cause quenonobstant ses défenses, il avoit marié ï>om Fadrigue deTolede son fils avec Marie de Tolede fa cousine, le tira defa prison pour le mettre à la tête de FÀrmée qu’il envoyapour réduire le Portugal, dont ensuite il alla lui-même pren-dre possession, aprés avoir fait rendre les honneurs funèbresà la Reine Anne d Autriche fa femme qu’une fièvre maligneavoit emportée en peu de jours. Etant arrivé à Elvas, il mità quatre-vingt mille Ducats la tête de Dom Antoine, bâtard' de Louis, second fils du Roy Emanuel , qui s’étoit fait pro-clamer Roy à Santarin avec les cérémonies ordinaires. Lemalheur des Portugais n’étorma point les Flamands. Aprésavoir refusé Famnistie qu’on leur offrait, ils résolurent de íedonner au Duc d Alençon, à qui ils envoyerent des Dépu-tez, sans aucun égard à FArchiduc Mathias qu’ils congedie-rent. Le temps que Philippe avoit marqué pour l’Assembléedes Etats de Portugal Rapprochant, ce Prince avant que dese rendre à Tomar où ils dévoient se tenir, alla visiter la Du-chesse de Braganee, qui partant de Villavitiosa, vint le rece-voir à Villabonna. Il passa une partie du jour avec elle, &retourna ensuite à Elvas. Le Duc de Braganee fut confirmédans fa dignité de Connétable du Royaume, & eut l’Ordrede la Toison. Avant souverture des Etats , on proclama leRoy, & aprés lui le Prince Dom Diegue son fils. La céré-monie s’en fit dans le Monastère des Religieux de l’Ordre deChrist , & on y publia Famnistie que les Portugais avoientsouhaitée avec tant d’ardeur.On n’en excepta que cinquante-deux personnes, parce qu’elles suivoient encore actuelle-ment le parti de Dom Antoine. Les principaux articles d’unfort grand Mémoire que les Députez presenterent à Philippetouchant le Gouvernement, alloient à demander qu’ii semariât à une personne du Pays ; qu’il y envoyât le Princeson fils pour Fy faire élever ; que le Royaume de Portugaleût fa monnoye particulière ; & qu’il demeurât toujoursséparé du Royaume de Castille. Le Prince Dom Diegue,fils aîné de Philippe II. qui avoit été reconnu heritier detous ses Etats, étant mort en 1583. le Roy convoqua les Etatsde Portugal à Lisbonne , & y fit reconnoître pour son Suc-cesseur le Prince Philippe, qui lui îestoit seul de ses enfansmâles, aprés quoy il en partit, laiílant le Gouvernement duPortugal à FArchiduc Albert Cardinal, fils de FlmperatriceMárie fa sœur, veuve de FEmpereur Ferdinand II. La prisecf Anvers que lesMécontens des Pays-Bas ne pbrent défen-dre en 1583. les ayant mis dans une grande consternation, ilseurent recours à la Reine d'Angleterre , qui leur envoya leComte de Lancastre, avec trois autres Comtes & neuf censchevaux. Lancastre s’étant brouillé avec les Flamands s’enretourna, & les Anglois qu’il avoit laissez dans Deventer,Zuric & Zulphen remirent ces Places au Due de Parme.Philippe, peu content de l’Ángleterre. qu’il résolut d’atta-quer , fit équiper une ilote de cent quarante vaisseaux, furlesquels on embarqua vingt & un mille hommes, & on en-voya ordre au Duc de Parme, sitôt que cette Armée seroitarrivée aux côtes de. liste, d’y faite passer trente mille hom-mes ; mais la tempête fit périr trente navires, & dissipa tousles autres. On tient qu il y eut plus de dix mille hommesbrûlez, tuez ou noyez, ce fut en 1588. Philippe qui écrivoitquelques Lettres quand le Courrier lui apprit ces tristes nou-velles, ne changea point de visage, & continua d’écrire forttranquillement. Le danger où il se vit de perdre les Pays-Bas , faute d’y avoir un General de réputation, 1 obligead’en donner le Gouvernement à FArchiduc Ernest qui com-mandoit en Hongrie, H fut reçu à Bruxelles en 1594. avëcbeaucoup de magnificence * & envoya d’abord deux armées,l’une en Brabant, & l’autre du côté deLandrecy. L’annéesuivante, lesMécontens ayant surpris Nuys, place qui appar-tenoit à FArchevêque de Cologne, FArchiduc envoya desTroupes pour la reprendre j & mourut peu de jours aprés,déclarant que l’intention du Roy Catholique étoit que leConseil d'Etat, qui avoit pour Chef le Comte de Fúentes,
CAS
' eût tôute Fautorîté, jufqu’à ce qu’on eût pourvu au GdUjvernement. L’Archiduc Albert quitta celui de Pottug 3pour prendre la place de son frere Ernest. Son mariag^ayant été résolu avec Fin santé Isabelle, fille de Phisipp e yrenvoya au Pape le Chapeau de Cardinal. II fut fait en Lpagne , à condition qu’ísabelie auroit les Pays-B s p°° r ’dot, avec le Comté de Bourgogne ; que les enfans issus demariage succéderaient à ces Etats, Sc qu’en cas que k » u .cession vint à manquer, ces Etats feraient réunis à la Coutonne d’Espagne. Dans le même temps la Paix fut concluàVervins entre le Roy Tres-Chrêtien &le Roy Catholi'que, & les Etats cedez à FArchiduc & à l’Infante Isabelle surent compris dans les conditions du Traité. L’observatioUen fut jurée à Paris par Henri IV. le zi. de juin 1598-Madrid par Philippe, qui mourut d’une fièvre lente le iz * dSeptembre de la même année. Ce fut le plus grand Politiquede son temps, ne s’étant laissé posseder qu’à Fambition,laquelle il sacrifia tout sans avoir épargné son propre sang*Philippe III. son fils & son successeur, à qui Marguerited’Autriche, fille de l’Àrchiduc Charles & de Marie de B 3 'viere, avoit été promise pour femme, conclut ce mariage uan aprés la mort dé Philippe IL-L’Archiduc. Albert l’épouf 3à Ferrare au nom de ce Prince, & le Pape Clément VIlhst u ‘Fy attendoit fit la cérémonie nuptiale. 11 reçut en me® etemps pour cet Archiduc la foy de Fin lan te Isabelle repte-sentée par le Duc de Sella chargé de sa procuration, 3 p r f Squoy le Pape retourna à Rome, 8 c la Reine continua > 3route en Espagne. Elle fut reçue avec beaucoup de pomp e *Yailadolid où Philippe avoit établi sa Cour, & comme s 1n’eut voulu songer qu’à plaire à cette Princesse, il sems"renoncer aux soins de son état, se déchargeant du Couves'nement sur Dom Francisco de Sandovál, Marquis deDern®qu’il avot fait Duc de Lerme. Les faveurs qu’il répand 1fur lui & fur ses Créatures, lui attirèrent beaucoup de ] 3 'loux. La guerre continuant toûjoutSaux Pays-Bas sousl°Régné, le Comte Maurice pour réparer la perte d’Oste nC “j’fit une entreprise sur Anvers. II partit de Berghe le 16- 0May 160;. à la tête de sept mille hommes de pied,Le de deUmille cinq cens chevaux, & marcha par terre vers cette pl 3 ^ce, tandis que le Comte Ernest de Nassau venoitpár eau av£ .huit mille fantassins qu’il amenoit fur cinq cens barqus s *devoit aborder du côté de la Flandre , & rompre les dig^de Brutz & de Bliccher au dessus & au dessous de la viu e »afin d’inonder tout le Pays qui étoit dans le milieu, Sc de ulaisser de libre que le passage par où le Comte Maurice dc*voit arriver, afin que la ville se trouvant bloquée de toUcotez , ne pût recevoir aucun secours. Nassau arriva fus *minuit à une portée de canon d’Anvers, & mit à terre ciustcens hommes pour travailler à raser la levée ; mais ayant etcchargez par Inigo Borgia, ils furent presque tous taillez e ^pieces, ce qui obligea le Comte Maurice & Nassau de se t?tirera Flessingue, & ensuite à Wateriatrel auprès de l’Eclm e *où ils rassemblerent leurs troupes pour faire tête au M 3 Cquis de Spinola , qui étant passé dans la Frise avec F Arts 1 ®Catholique, y prit Oldensel & Linghen. II tenta i°° 4^ment Grave & Bergue ; mais Federie de Borgia se ren“maître de Midelbourg. Le Prince d’Orange frere du Com 1Maurice surprit Erclem en 1607. & François Justiniani 1tué en défendant cette Place. Ce ne fut pas le seul malhctjqui arriva aux Espagnols. Leur flote fut défaite auprèsCadix par Emerkerken , qui l’attaqua avec dix-sept ^seaux de Hollande. Ces mauvais succès firent naître à 1 A ^chiduc l’envie de faire une Trêve avec íes Etats des »®rProvinces-Unies. IIfut déclaré qu’avant toutes choses, yseraient reconnues pour des Etats libres, & le Roy d’E ! P 3gne & FArchiduc furent obligez d’y consentir. II f e ^ ed’abord une Trêve de huit mois, & elle fut conclue p eU etemps aprés pour douze années. Les conditions furent stle Roy d’Espagne & FArchiduc reconnoîtroient les E 1des Provinces-Unics pour utle République libre ; st ue ,commerce seroit établi entre les deux Nations, Sc q ue f $cune demeurerait saisie de ce qu’elle possedoit. CeS atp®furent publiez à Anvers le 9. d’Avril 1609. avec une )°jextraordinaire. La. guerre fut fur le point de s’allumer d 3
le cœur de FEspagne même. Charles-Quint ayeul de flippe III. avoit obligé en i$i 6 . tous les Morisques qui etp 1 ^restez dans ce Royaume de se faire baptiser, & avoit es 3des Ecoles dans tous les villages pour les instruire ; m 3lS ^n’étoient Chrétiens que de nom, quoy qu’ils assistasse 0 *- ^Messe, & non seulement ilsentretenoient commerce avec p.Maures d’Afrique & avec les Turcs ; mais ils servoient o