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Çoit toute k rivière de Chantilly, sans qu’on s’apperçoivepar où elle entre, paree que tout autour de ce bassin, il y ades allées de. grands arbres à double rang, & des palissades.'Ces arbres & ccs palissades cachent la vûë du canal, qui parun Aqueduc souterrain conduit dans ce bassin les eaux decette riviere. La description de la belle Maison de Chantil-ly seroît imparfaite, íî on n’y jo.ignoit celle de la Maison de'Sylvie. C’est une espece de petit Château qui n’est compo-sé que d’un appartement bas de quatre pieces, percé seule-ment en enfilade, & aboutissant d’un côté aux, allées cham-pêtres d’un grand bois, qui est à côté de la grande terrasse,vis-à-visdu vieux Château. On appelle aussi ceboisstBoù de"Sylvie. De l’autre côté cette maison aboutit à un demi-rond,qui est dans la grande Forêt.Un petit parterre,bordé de ber-ceaux de chèvre-feuille régné tout le long de cette maison.On dit que ce nom de Sylvie luy a été donné par le fameuxThéophile , qui étoit attaché au service de Messieurs de'Montmorency , & que lors qu’ils étoient à Chantilly, ilpassoit une partie de son temps à faire des Vers au bordd’une fontaine, toute simple & toute naturelle pour uneMaîtresse qu’il avoit appellée Sylvie. On volt encore la fon-taine auprès de cette Maison ,& les petites murailles d’ap-puy qui l’environnent, & qui en servent à -des bancs demarbre que l’on volt tout à l’entour , font encore ornéesd’une infinité de Vers que le même Theophyle y a écrits.
Le Labirinthe est au milieu d’une partie de la Forêt ,queM. le Prince a fait enclorre depuis peu de temps. Dans cetespace , enfermé du côté de la grande chûte d’eau, on volt'Un fort beau Jeu de Mail,Le un de longue Paume. Âu de-ça‘est un grand Manège, & à côté sont les Jeux de l’Arquebu-fe & de l’Arbalête, avec des Portiques d’Architecture , aumilieu de quelques grandes allées. Le reste de la Forêt, queces Jeux ne coupent point, est rempli de grandes routes,quiprennent leur commencement dans. un demi-rond, qui saitcomme l’avanteour du Pavillon de Sylvie. Ces routes se sé-parent encore en plusieurs autres,ce qui fòit une promenadedes plus agréables. Telle est la situation du Labirinthe, quiest si plein de détours, qu'il est presque impossible de nes’ypas égarer,& d’en trouver le milieu. A l’entrée font deuxfigures de marbre faites à Rome. L’une represente Thesée ,qui entre dans le Labirinthe ; & l’autre Ariane qui luy pre-ssente le fil dont il se doit servir pour assurer son retour. Unefigure du Minotaure faite aussi à Rome est au milieu ; &comme, selon la Fable, on devoit sacrifier tous les ans à ceMonstre neuf jeunes enfans d’Athenes , on trouve en plu-sieurs endroits dans des enfoncemens, qui font le long desfoutes du Labirinthe , des figures de jeunes personnes affli-gées , & épouvantées du danger où elles font. En d’au-tres enfoncemens pareils font des bancs de marbre avec descartouches portez fur des piédestaux. Sur chacun de cescartouches on lit une Enigme en Vers,qui peut occuper l’es-prit agréablement, tandis que l’on fe repose. Outre les figu-rés d’enfans, on en trouve beaucoup d’autres. Elles repre-sentent des Amours & des petits Jeux, qui parodient insul-ter à ceux qui s’égarent. Les piédestaux & les scabellons quiportent tant les enfans que les cartouches, font faits de dif-îerens marbres. Le milieu du Labirinthe, qu’il est extrême-ment difficile de trouver, à cause de la quantité de petitesroutes, represente une maniéré de grande salle découverte.Son plan est quarté, avec un enfoncement en rond fur cha-que face.
Le grand Escalier de Chantilli est estimé de bon goût,tant pour sa beauté que'pour sa grandeur. Ce sont deux fa-çades que les paliers & les marches séparent en deux’par-ties égales Ornées de six colomnes accouplées deux à deux.Du côté des marches font deux grands arcs rampans, quidans leur enfoncement forment chacun une grotte. Ces co-lomnes soutiennent une corniche d’ordre Dorique, Sedanschacune des niches il y a une figure pedestre. L’une repre-sente Acis & Galatée. Àcis est dàns l’attitude d’un Amantqui joue de la flûte en regardant fa Maîtresse. Galatée est re-preíentée d’une maniéré qui fait connoître combien elle ade plaisir à entendre le son que rend la flûte d’Acis. Alphée*& Arethuse font l’autre figure. Àlphée est un jeune Fleuvequi devint amoureux de cette Nymphe en la voyant se bai-gner dans ses eaux , & il est dans l’attitude d’un Amant pas-sionné que l’amour obfige à la poursuivre. Arethuse paroîtcomme une personne épouvantée, qui ayant été surprise parle Fleuve prend ses habits & s’enfuit en demandant secours àDiane. Dans chaque grotte ornée de rocailles de joncs ma-rins & de roseaux est une figure qui represente un Fleuve
fur un grand vase renversé. Au pied de cette figuré estDauphin qui porte un petit enfant. Sous les pieds de ces q u3 ^tre figures sortent trois napes d’eau. Ces deux Vases & ®Dauphin en versent une grande quantité, qui étant reçuedans une auge forme autant de grandes napes qui tombesdans de grands bassins d’où sortent trois lances d’eau, & tol j'tes ces eaux jointes ensemble se dégorgent en cascade dansgrand folle. Ce font des eaux de source qui coulent nature ^lement sans être élevées par aucune machine, & qui etanreçues dans les tuyaux font aller ces fontaines jour & nUl '* Devizé , F ête dechantilh 1688. /
C FIANT O CE’. Petite vi-llede France, accompag 0 ^d’un Château, anciennement Cajìrum Celfum. Elle est d anl’Anjou prés de la Loire , à une lieue d’Ingrande, & à six atdessous de la ville d’Angers. Chantocé a titre de Baronnie.
CHAO. Ville de la Chine,qui dépend de celle de T®seconde capitale de la Province de Junnan. Elle est inouï edu Lac de Siul, qui apporte beaucoup de commoditez ®j*^habitans. Prés de cette ville est la montagne deFungi, ce ebre pour avoir servi de tombeau à deux cens mille ^
du Roy Nanchao , qui y furent taillez en pieces par lesC 'n ois, fous la conduite du General Tangsienyvo. Dans les autres monts des environs de la même ville, on remarquesommet àppellé Tengji , qu’on assûre surpasser les autres e^hauteur de plus de mille perches. 11 y a au pied de ce f orn j?un Chtteau pour garder & défendre les chemins.* Atnbap 11des Hollandais d la chine ch. 52. .
CHAOCHEU. Ville de la Chine, la cinquième capital®de la Province de Quantum , en Latin ebaoceutn. Elle a et ^appellée ainsi par Suius. Le Roy Cyn la nomma Tgan. E® 1 *gus luy donna le nom à’incbeu ; & la lignée de TangacelU;de chaogang. Le flux & le reflux de la mer pénétré justf-^dans les murailles de cette ville , qui en a neuf autres s°elle ; ssçavoir , c haoyang , Kyciang , C hinghiang, faoping,
Hoeildi , ching.ú, Puning & Pingyven. * Amb. des Holl. vers l fflrde la Chine, ch. 25. '
On volt deux Temples magnifiques dans la ville de Cu®cheu,avec un beau Pont,dont la largeur est de cinq P erC “ e ’& la longueur de quatre-vingt.* Thevenot ,troisièmeCHAOKING. Ville de la Chine, la sixième capitalesla Province de Quantum. Elle a pris ce nom de la FadeSunga. Sous Leanguson la nommoit Caoyang-, sousSui^Sigan ; & fous la lignée de Tanga Xuicheu. Cette ^ 3C f £ .%fort ennoblie, par la présence d’un Gouverneur de d egrandes Provinces , qui y fait fa résidence, & par k c °^cours des Etrangers que le trafic y attire. On voit horsville au pied de la riviere, une T our à neuf étages > fortperbement bâtie. C’est une de celles,qui selon l’opinionChinois, renferment entre leurs murailles, tout le si° n j edu Pays. 11 y a dix villes fous la dépendance de celle ^Chaoking. Ces villes font Suhoei, Sin\nng,Tiangchun,Iangh ^*<?’Caoming , Gettpng , Tekmg , Qyjmgrimg , Fungcktien , & ckien. t
On trouve dans ce Pays un grand nombre de paons, &sauvages que privez, quoy qu’ils soient rares dans les Pvinces voisines. II y a une riviere où l’on pesehe un ceij apoisson amphibie, qu’on nomme la Vache qui nage. Cevache vient souvent à terre, où elle se bat contre les vaedomestiques. Comme fa corne s’amolit, lors qu’elk ®meuré long-temps hors de seau,elle est obligée de reg a £ n ^la riviere, & cette corne y reprend sa premiere dureté.Territoire de chaoking produit beaucoup de bois d’Aq u ^ eS& de bois de Roses. Les Portugais en font des tables» ^chaises, & d’autres sortes de meubles. Ce bois est d’untirant fur le rouge , marqué de veines, & peint natuk ement de couleurs tres-vives. On trouve aussi dans ce ss^eTerritoire un arbre qu’on appelle Arbre de Fer, à cîU SÁy,son bois est tres-dur & tres-pesant. * Thevenot, Vol. 3-Diïï. de Holl. 1701. Ambajfade des Hollandois vers l’Fmpre^
Chine, ch. 25. Ait
CHAONIENS. Peuples anciens, dont Plutarq uemention dans la Vie de Pyrrhus. Us habitoient la Co a ,^ edite Chaonie,en la partie Septentrionale de l’Epire, a ff ,présentement c anma ; & Scylax les place entre les OíJ c1 APeuples encore plus Septentrionaux de la même R e S l0l ij’iéslesThesprotiens. Ils avoientau Midy la Thesprotíe^pj’® „Futhrotus , autrement la Chersonese d’Epire , & elle s açoit vers l’Ifle de Corcyre. * Le Pere Lubin , Tables G e0 °pbiques. .,£pP
Les Chaoniens ont été célébrés entre les Peuples ae í *re à cause de l’Oracle de Dodone.