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Oiit été obligez de les laisser en repos & de leur souffrir un Ii-re commerce.II y a un ltinerairepublicimprimé,dans lequel0lls les chemins royaux de FEmpire font divisez en onzej^j ns quarante-cinq journées , dont chacune a un lieu où les.psldarins font logez & défrayez aux dépens du Roy.quand* vont exercer leurs Charges. Ces lieux Rappellent le ouhín > ou bien lechin , en joignant ces deux mots ensembleP°Ur lignifier Lieux de logement & de sentinelle. On a euaifon de leur imposer ce nom , puifqu’on y attend les Man-ar ins avec autant de foin que si l’on y étoit établi en gardeContre une armée ennemie. De ces lieux il y en a sept cens^ r ente cinq dans les Citez du premier & du second Ordre,ans les Villes frontières & dans les Châteaux situez au de-j a ns de FEmpire. Deux cens cinq font dans les lieux appel-fr, & cent trois dans ceux qu’on nomme c bih. Les uns &es autres ont été bâtis autrefois dans les endroits ou il n’yv °it point de Villes, & peuvent être appeliez Villes du fe-°nd Ordre, parce qu’ils font tous murez, qu’ils ont chacunn Mandarin qui les gouverne, & qu’il y en a quelques-unsPuis grands & plus peuplez que beaucoup de Villes & de Ci-^ U y en a ce nt deux qui quoyque grands & remplis d'un, e UpIe nombreux, n’ont point de murailles. Un jour avante départ du Mandarin , on dépêche un Courrier avec unef et >te tablette que les Chinois appellent Pri, fur laquelle fontCr its le nom & la Charge de l’Ofticier. Sitôt qu’on fa vûëj 1 Prépare le Palais où il doit loger, & les préparatifs fontmoins grands à proportion de fa dignité. Dans ces•poteHeries on reçoit de la même sorte les autres personnes,ott Chinois, soit Etrangers, à qui le Roy accorde la même° ra ce. Les Courriers du Roy prennent aux mêmes endroitsj 0 Utes les choses dont ils ont besoin pour aller en diligence.Royaume de la Chirie contient onze millions cinq cense Ux mille huit cens foixante & douze familles ou feux, fansr c pmprendre les femmes, les enfans , les pauvres, les Man-drins qui sont en charge, les Soldats, les Bacheliers , les Li-enciez , les Docteurs, les Mandarins dispensez de servir,eux qui vivent sur les rivières, les Bonzes, les Eunuques &° Ux ceux qui font du Sang Royal, parce qu’on ne Compteque ceux qui cultivent les terres, ou qui payent des tributsd Roy. U y a dans tout f Empire cinquante-neuf millionsP 1 cens quatre-vingt-huit mille trois cens soixante & qua-i^ffiommes ou mâles. Tout cela regarde fOrdre Civil deJa Chine.
Quant à FOrdre Militaire , íl contient six Cens vingt-_etìf grandes Forteresses du premier ordre,& fort importan-ts; soit fur les frontières , pour fendre fEmpire contrees f artares s soit fur les confins des Provinces contre lesoleu rs & les rebelles. Les Chinois donnent le nom de Qjunc es Forteresses. îl y en a cinq cens soixante 8c sept du iè-Ordre. Elles sont áppelléesGari en langue Chinoise.n en compte trois cens onze d u troisième Ordre } nommées°> trois cens du quatrième qu’on appelle c hin 8c qui ont lee rtie nom & la même signification que celles du cinquièmep r dre çiyihoí cent cinquante du cinquiémeOrdre appelléesCelles du sixième Ordre, au nombre de cent,font nom-celles du septième Ordre ont le nom de Cbai.il yd 9 trois cens de ce dernier Ordre.De celles-là,les unes fonts > ails les champs, & "fervent de refuge aux Laboureurs, quiV retirent avec leurs bestiaux, leurs ìnstrumens, & leurs^Ubles, quand les Tartares , les Voleurs ouïes Rebelles°Urent la campagne. Lf a titres font situées fur des monta-is escarpées en précipice. On y monte,ou par des degrezai *Iez dans le roc, ou par des échelles de corde ou de bois,l’on ôte quand on veut. Celles-cy n’ontpour l’ordinai-J- a ticunes murailles. II y en a d’autres situées aussi fur desn ^ nta gnes, mais avec quelque avenue. Celles-là font revê-ts d’une double ou triple muraille du côté de f entrée. Ced n °mbrement fait voir que les lieux militaires sont au nom-ayç ff^ux mille trois cens cinquante-fept, qui étant joints
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Ce Ce Ux de fOrdre Civil, montent à quatre mille quatre» r s d eux - Outre cela ,11 y a au dedans 8c au dehors de cesj^.^des murailles qui environnent la Chine, plus de trois
hò 6 ^ours ou Châteaux,appeliez Tri, dont chacun a son05 Propre. On y tient toute f année des gardes & des fen-qu e jC l ui donnent falarme dés que f ennemi paroît, &Plu h* % na ^ de jour avec une bannière qu’ils élèvent aui Ur ^? a UtdelaT our ,&la nuit avec un grand flambeau al-
tr^y ^ dans les quinze Provinces de la Chine , trois censheuf C ^ Un P° nts célébrés ; deux mille quatre-vingt-dix-^ontagnes fameuses, ou pour avoir été taillées en for-Ifflíí. .
Me d’îdoìes monstrueuses, ou à cause de leurs fontaines, deleurs herbes, & de leurs minéraux, qui ont de grandes ver-tus, ou pour leur hauteur extraordinaire, ou quelque ex-cellence qui les distingue des autres. Les eaux célébrés,tellesque sont les Lacs poissonneux, les Fontaines chaudes, mé-dicinales & merveilleuses, les grands Fleuves & les rivièresnavigables, font au nombre de mille quatre cens soixante &douze. On y voit deux mille quatre-vingt-dix neuf piecesantiques, comme Statues 8c peintures estimées , avec des va-ses de grand prix ; mille cent cinquante-neuf Tours,Arcs detriomphes,& autresMonumens superbes,élevez en f honneurdes Rois illustres, des Hommes fameux par leur valeur oupar leur science, des Veuves & des Filles renommées parleur chasteté & par leurs vertus,"deux cens soixante & douzeBibliothèques, embellies de quantité d'ornemens, abondan-tes en Livres, & bâties avec de grandes dépenses ; sept censneuf Temples construits par les Chinois en divers temps, enmémoire de leurs ancêtres, 8c considérables par leur gran-deur & par la beauté de f Architecture. Les Chinois ontaccoutumé de faire paroître un amour & une vénérationextraordinaire pour leurs peres, & fur tout aprés leur mort»Ils croyent n’en pouvoir donner de plus éclatantes marquesqu’en faisant bâtir à grands frais de superbes salles, dans leLquelles,au lieu d’Images & de Statues, ils mettent des car-touches avec les noms de leurs parens. Ils s’y assemblent encertains jours de f année, déterminez par la famille à qui leTemple appartient,& s’y prosternent par terre pour témoi-gner leur respect. Ils observent même une maniéré de culte,puis qu’ils offrent de f encens, aprés quoy ils font un festinsplendide, à plusieurs tables, richement parées, & garniesavec beaucoup Tordre, d’une grande quantité de plats & deviandes. On compte dans ce Royaume quatre cens quatre-vingt Temples d’Idoles célébrés & fort fréquentez, où ha-bitent trois cens cinquante mille Bonzes. IIy a six cens qua-tre-vingt-cinq Mausolées, fameux par leur Architecture 8cpar leur richesse. II est défendu fous de grosses peines d’en-terrer lesMorts au dedans des murailles des villes. Ainsi,aprésqu’on les a mis dans la biere, dont toutes les jointures sontbouchées avec du bitume, asin que les corps ne rendentpoint de mauvaise odeur , on les laisse durant quelque mois,& même durant deux 8c trois ans dans la maison où iis fontmorts, fans que les Magistrats puissent obliger à les enterrer.Qaand un homme est mort hors de chez luy , on peut fairetransporter son corps d’une ville ou d’une Province à f autre,fans toutefois les faire passer au travers des villes;mais seule-ment autour des murailles. Les bieres font d'un bois pré-cieux, & coûtent quelquefois jusqu à mille écus. Les Sépul-cres des Grands font d’une structure magnifique. Ils fontfaire dans une montagne ou à la campagne une grande mai-son toute voûtée, dans laquelle ils mettent la biere, & ilsélèvent au dessus assez de terre pour en former une petitemontagne qu’ils embellissent, en y plantant des arbres dedisserentes efpeces. Au devant de la montagne ils font cons-truire un grand Autel de marbre blanc & poli, fur lequel ilsmettent un grand candélabre de marbre,de fer ou de laiton,avec un chandelier de même matière de chaque côté. Onvoit ensuite quantité de figures de Mandarins, de Gentils-*hommes, de Pages,d’Eunuques,de Lions,de Chevaux sellez,de Chameaux, de Tortues, & d’autres animaux, rangez depart & d’autre, & en plusieurs files , le tout de marbre blanc& poli, avec des expressions si vives, qu’il semble que cesfigures soient animées, tant les Chinois fçavent bien repre-fenter dans leurs ouvrages de sculpture, la joye, la douleur,la colère & les autres passions. Ils comptent trois mille sixcens trente-six hommes renommez par leurs vertus,par leurscience ou par leur valeur; & deux cens huit filles, femmesou veuves, qui par leur chasteté & par leurs actions héroï-ques, sont dignes d’une éternelle mémoire.
Les Chinois ont trois opinions touchant l’antiquité dixRoyaume. Quelques-uns de leurs Livres mettent son origi-ne plusieurs centaines de milliers d’années avant la créationdu monde ; mais les hommes sages les tiennent pour fabu-leux , depuis que Confucius a condamné cette erreur. Lesautres font commencer ce Royaume par le Roy Fohi, quirégna le premier vers les confins de la Province de Xeníì, &ensuite dans celle de Honan, environ deux cens ans aprés ledéluge universel. La troisième est qu’il a commencé il y aquatre mille soixante ans par un Roy nomme ^ ao. Si quel-que Chinois témoignoit ne le pas croire, il seroit considérécomme un hérétique,& en cette qualité châtié avec rigueurCette longue durée, & les autres excellences de la Chine