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ge. Ensuite ils.la poussent par les trous qu’ils àvoient faits,jufqu’à la superficie, ou par le moyen du vent & du froid ,elle se congele, & demeure pendante en forme de goûtes.Alors les Maîtres des arbres la recueillent & la mettent enmasse, comme font nos pains de cire. Le PereTrigaut ditque les Chinois font «Lune autre forte de cire três-blanche,tirée d’un arbre, mais beaucoup moins lumineuse que celle-cy ; & une autre Relation décrit cèt arbre & son fruit en céstermes. Il y a dans la Province.de Vokienun bel arbre assez, grand& touffu appellé Kueixu ,.qui croît auprès des ruisseaux. Il produiten Decembre un fruit verd obscur, gros comme unenoifette , la peauverte ,fe feche, & ss retire peu a peu , & laiffe.paroître une matiè-re blanche comme la neige , & qui ressemble d du suif bien purifié .On la recueille d la fin de Decembre ou au: commencement de fan-vier. On la fond &, on en fait des chandelles , qui reffemblent d de lacire blanche ,-érqui ne rendent aucune mauvaise odeur. On s’en sert■toute l'année , quoy quelles durent beaucoup plue l’Hiver que l’Eté s& elles ne coûtent que deux fols la Uvre. Du marc de ce frui t onfait de l’huile pour les lampes-.
Quoy qu’on ne voye-pas dans la Chine des draps de lainepareils à ceux dont on fe sert en Europe, il y a diverses sor-tes de serges, ■& quelques-unes tres-fines,de couleur de cen-dre & de canelle, dont les vieillards & les personnes consi-dérables ont accoutumé de s’habiller durant fHiver. Lesvillageois & le menu peuple font leurs vêtemens de toilede coton,dont il y a une si grande abondance, & de tantde sortes de couleurs, qu’il est impossible de f exprimer.Parmi le Peuple, ceux qui font riches Rhabillent de peauxd agneaux ,• & les pauvres de peaux de mouton. On fe sertaussi pour-s’habiller de peaux de loups, de renards, & d’au-tres efpeces cfanimaux- Quelques-unes de ces Pelleteriesfont d’un si haut prix , qu'on y voit des habits qui coûtentjufqu’à deux cens, trois cens & quatre cens écus. Quand leRoy fort en public dans fa Salle Royale-, ce qui arrive qua-tre fois le mois,les quatre mille Mandarins qui viennent luyfaire la reverence , font couverts depuis la tête jufqu'auxpieds , de martes zibelines d’un prix extraordinaire. Lesfemmes font habillées de même, & les Chinois qui en dou-blent leurs bonnets & leurs bottines, garnissent encore dedifférentes fourrures les selles dé leurs chevaux,leurs bancs,leurs chaises, & le dedans de leurs tentes.
II y a dans la Chine cinq principales fortes de grains, leriz, le bled, l’avoine, lemiel, les pois & les fèves; six sortesde chairs d’animaux domestiques , le cheval, le boeuf, leporc, le chien,le mulet & la chèvre j & une infinité de fruitsde toutes efpeces, poires, pommes, pefches,raisins, oranges,noix, châtaignes, grenades, citrons,& autres que nous avonsen Europe , à la réservé de trois qui nous manquent. Lapremiere forte s’appelle Su fUySc à Macao, Figues de la Chi-ne , non pas à cause qu'elles luy ressemblent ; mais parce queleur goûta quelque rapport à celuy de ce fruit,qu’on pour-roit nommer masse de sucre pour son excellence. Les plusgrands & les meilleurs font de la grandeur d’un coin ; maisplus bas & plus écrasez. Leur couleur est d’un beau jauneextrêmement vif, qui les fait prendre pour de véritablespommes d’or.La secondé forte s'appelle Lichi'jSc la troisièmeLumyen. Ces deux fruits, soit qu’on les mange frais ôu sé-chez , font d’un goût exquis. La chaste est si abondante,furtout à la Cour, que tous les ans durant les trois riiois d Hi-ver , on voit en diverses Places destinées à cela, des files de
4 a longueur d’une & de deux portées de mousquet, & desnonceaux de toutes fortes d’animaux volatiles, terrestres &aquatiques, durcis, dressez fur leurs jambes, & que la ri-gueur du froid a rendus exempts de corruption. On y voitentr’autres des ours de trois efpeces, que les Chinois appel-lent Gin Hum , Ours homme ; Keu hium , Ours chien ; & Chuhium , Ours cochon, à cause qu’ils leur ressemblent, princi-palement de la tête & des pattes. Les pattes des ours biencuites & bien apprêtées fout fort estimées dans les festinsdes Chinois,& leur graissé est un grand régalé pour les Tar-tares, qui la mangent crue trempée dans du miel. II y a uneabondance incroyable de toutes les autres efpeces d’ani-maux, comme de diverses fortes de cerfs, de dains, de san-gliers, d’élans, de lièvres,de lapins, d’écureiiils, de chats& de rats sauvages, d’oyes, de canards, de tres-belles pou-les de bois, d’autres de couleur cendrée, d’autres plus pe-tites , de cailles & de perdrix. Ce qu'on dit icy des animauxdressez fur leurs jambes, & exempts de corruption, est uneffet ordinaire du grand froid. Tous les Historiens Espa-gnols rapportent qu'au voyage que fit Diego d’AlmagroauPays d,e Chili, plusieurs de íes gens en traversant les hautes
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montagnes cìes Andes , demeurèrent transis & roides dffroid fur leurs chevaux, ou debout contre les roches, ottils étoient appuyez, & qu’ils furent trouvez long-temp saprès de la même forte fans nulle corruption.
Les Chinois ont deux efpeces de villes. Celles qui f°® £destinées uniquement à la feureté du Pays sc nomment 0»^de guerre, les autres Villes de police. Les premieres ne font gué're plus fortes que'les villes communes,si ce n’ett que laíitua-tion en est meilleure, & quelquefois telle que le lieu les reN"inaccessibles. Les Places frontières, & surtout celles qui bot-nent la Chine du côté de la Tartarie, ont quelque chose ûesingulier, & des défilez si bien fortifiez, qu’il n’est pas possi-ble de les forcer. Les villes ordinaires ont pour toute justi-fication un bon rempart, des tours,des murailles de briqué& un grand & large fossé plein d’eau vive. Ordinairementdeux grandes rues larges coupent les villes en croix. Ces ruefont si droites , qu’encore qu’elles en tiennent toute la l° n 'gueur,on ne laisse pas devoir du carrefour les quatre portes*Plusieurs autres rues léscoùpent en divers endroits, & esse-y forment diverses places pour les Marchez, & pour les aU "tres commoditez publiques. Les maisons font belles & f°íbien bâties ; mais particulièrement celles des personnes dcondition, qui font accompagnées de jardins, de vergers,bois, de fontaines, de canardieres, d’oifelleries & de garen-nes. Elles font peintes & blanchies par dehors, & ont la P| u 'part trois portes fur une même face. Celle qui est au misseest plus grande que les autres, & pour la construction seChinois réussissent si bien en Architecture, qiie rien n’app r °'che de leurs ouvrages en cet Art. On ne fçaurôit assez s etonner quand on considéré le nombre, la grandeur Scbeauté de leurs villes de police, qu’on divise ordinairemei^en trois Ordres. Le premier cn comprend plus de cent s 01xante ; le second, deux cens soixante & dix ; & le troiûefl 1prés de douze cens, fans compter plus de trois cens autrevilles murées qui font hors de rang , quòy qu’elles foi en ^presque toutes fort peuplées, & que l’on y fasse uri gr asl __commerce. Les bourgs & les villages font presque innofljbrables, fur tout ceux des Provinces Méridionales. DansXenfì & dans le Xan fi , ils font presque tous environnezmurailles, avec des portes de fer & de bons fóssez. ,Païfans les gardent le jour, & les ferment la nuit pour 0 êtrpas exposez aux insultes des voleurs.
Comme la Chine est fort étendue, la nature des terresest différente, selon qu’elles s’approchent, ou qu’elles s’ese 1 'gnent davantage du Midy. Le Pays a ses montagnes &plaines ; mais les plaines font íi unies, qu’il semble que f° o1soit attaché depuis la fondation de l’Empire à en faire °jardins. Les Chinois qui rendent leurs terres fertiles à f° rCde les arroser, n’ont point trouvé de meilleur moyen p 0 ^bien distribuer l’eau par tout, qu’en mettant, toutes lestesres de niveau, fans quoy les plus hautes demeureroient d ala fecheresse -, tandis que les fonds feroient noyez. C’estcette forte qu’ils en usent, même dans la culture des colss ne ^qu’ils coupent par étages & par degrez depui? le pied j u jqu’au sommet, afin que les pluyes fe répandent de tous c°tez également, & n’entraînent point avec elles les femene& les terres, Beaucoup de montagnes de la Chine ne 1°pas pierreuses comme les nôtres. La terre en est leg eíe ífacile à couper , & si profonde en la plûpart des Province >qu’òn y peut creuser trois & quatre cens pieds fans
use
ver le roc. Celles de Xen si , de Honan, de Xan tumFokien que l’on ne cultive guere, portent des arbres deespece,grands, droits ; propres pour les édifices, & sor 10 .pour la construction des vaisseaux. L’Empereur s'eflpóur fesbâtimens particuliers , & fait quelquefois vensetrois cens lieues par eau & par terre des colomnes d’une p rdigieufe grosseur qu’on employé en son Palais & dans les ovrages publics. Les Marchands font aussi un grand trafi cces arbres. Après en avoir coupé toutes les branches, ils P ecent les extrêmitez du tronc pour les attacher fortement esemble. Lorsqu’ils sont ainsi liez jufqu’à quatre-vingt ^cent à la fois , on en joint un si grand nombre à la queueuns des autres, qu’il fe fait une maniéré de chaîne l° 0 ê^d’un quart de lieuë, qu’ils traînent de Province en Proytf 1 ^parle moyen des canaux & des rivières. Sur ces arbres adisposez ils ont l'adresse de pratiquer plusieurs petites &sons assez commodes, où le Marchand avec fa Famille cl ^Matelots couche pendant le voyage qui dure quelq UÊ ^trois ou quatre mois. D’autres montagnes ont des min° s ^fer, d’étain, de cuivre, de mercure, d’or & d’argent. Oj!creuse plus celles d’argent, soit parce qu’il y en a son 1 ,.