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,n acceffible prend sa place,& ne défend pas mollis îe Royau-me contre fin vairon des Tartares, que la muraille même ,3 Ul a ses portes & ses écluses pour le passage des rivières quimrtent de la Tartarie. Elle a auffi des maisons,des redoutesp des forts, pour.le logement des Soldats qu’on employé à, a garder, & qu’on fait monter à un million d’hommes. Safauteur est à peu prés de trente coudées, & son épaisseur dedouze en quelques endroits ,& de quinzëen d'autres. LesChinois l’appellent Vanli ching , c’est à-dire, Rempart de dix^dle stades, plutôt pour lignifier un ouvrage extraordinai-re j que pour en marquer la juste grandeur par une mesureCe naine, puisque deux cens cinquante stades faisant un de-^dlçfaudroit que cette muraille occupât quarante degrez,c e st~a-dire, plus de Pays que n’occupe toute la Chine.
La navigation y est lì generale, qu'il n’y a presque pointde ville ni de village, sur tout dans les Provinces Meridio-dales, qui ne jouisse de la commodité de quelque riviere,deQuelque lac , de quelque canal,ou de quelques bras de merNavigable. Quand on part de bonne heure, ou qu’on arrivedn peu tard en quelque endroit, on vogue durant plusieursMeures entre des barques qui bordent la riviere de chaquec °té. Ces barques servent de maison à ceux qui en sont les^astres ; ils y naissent, ils y font élevez & ils y meurent. Lèsdfles font grandes les autres petites. 11 y en a pour le Roy,t° Ur ^ es Mandarins, pour les Marchands & pour le Peuple,’-bntreles barques du Roy,celles qu’on appelle cocbuem,fonte fltployées au transport des Mandarins, qui vont exercer/■furs Charges ou qui en reviennent. Elles font faites commedes caravelles ; mais si hautes & si bien peintes, qu’elks ref-etnblent mieux à.des bâtimens faits pour une folemnité pu-blique qu’à des barques ordinaires. II y en a environ dixdflile qui fervent à porter toutes sortes de provisions desProvinces à la Cour. On les appelle Leam Chuen. Elles fontî 111 peu moindres que les premieres, quoy qu’elles ayent, le Urs châteaux de poupe & de prouë, & leur salle au milieu,Comme celles des Mandarins. II y a une troisième forte debarques qu’on appelle Lumy Chuen , c’est-à-dire,Barques quiP°rtent à la Cour les habits & les pieces de foye & de bro-Car d de l’Empereur. Elles font au nombre de trois cens soi-Xa flte & cinq, qui est celuy des jours de i’année; parce quec °mme on appelle cet Empereur Fils du Ciel, les noms detoute S les choses qui luy appartiennent, se rapportent d’or-dinaire au Ciel, au Soleil, à la Lune, aux autres Planètes, &a dx Etoiles. Ainsi Lumy signifie habit de Dragon ,à causefl Ue la Devise & les Armoiries du Roy de la Chine fontComposées de Dragons avec cinq ongles, & par cette raisone s meubles & fès habits doivent être ornez de Dragons ensoderie ou en peinture. II y a d'autres barques fort legeres** petites en comparaison des autres, & presque auffi largesjjfle longues, qu’on appelle Lam Chuen. Elles servent auxflmmes de Lettres, & aux personnes riches & considera-P es î qui vont à la Cour ou qui en viennent. Ils y ont une, un lit, une table, des chaises, & ils peuvent écrire,étudier, manger & dormir commodément. Les Matelots°ccupent la prouë, & le Maître de la barque, avec fa fem-.? e & fes en fans, est dans la poupe, où il prépare à mangera .celuy quilalouë. Ces dernieres, avec plusieurs autres de■verses formes, qui appartiennent aux particuliers , fontP r efque innombrables. Les plus riches Marchands de la Chi-, e st>nt ceux qui font commerce de sel & de bois. Quant au,°is, ils le vont couper dans les montagnes de la Province? Suchuen , fur les frontières de la Chine du côté de l’Oc-■dent. On-le voiture au bord du fleuve Kiam , qui entre3tis ce Royaume par cet endroit là, Lt aprés qu’on Tamisp 1 cadeau , on le conduit à peu de frais dans la plupart descovinces, où il est distribué avec de fort grands profits, Laar geur de ces radeaux est d’environ dix pieds; mais leur?fl§ueur est plus grande ou plus petite, à proportion de la^■chesse du Marchand.Lesplus longs font d’un peu plus d’unee mt lieuë. On amene une grande quantité de ce bois juf-Jr 1 a Pékin, quoy que cette ville soit éloignée de plus deV, Cens lieuës Portugaises des montagnes où on le coupe.c P n trouve dans la Chine une fort grande quantité deivre, de fer, d’étain & de toutes les autres fortes de mé-, dont les Chinois font des pieces d’artillerie, une infi-r e ^Idoles & de Statuës, & beaucoup de vases de disse-rtes maniérés & d’un fort grand prix. La monnoye dere \ Vre E ronde, & pour Tordinaire de la grandeur d’uned’u C ^ demie de P° rU1 gal. II y a des lettres imprimées, quiç e i R c °té marquent le nom du Roy régnant, & de l’autre- my du Tribunal qui Ta fait battre. Les pieces d’or &Tome I,
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d’argënt ne font point battuës;mais fondues & jettées enlingots, de la forme d’un petit bateau. On les nomme àMacao Pues, ou Pains d’or ou d’argent. Les uns & les au-tres font de differente valeur. Les pains d’or valent un,deux,dix, & jufqu’à vingt écus. Ceux d’argent font d’un demiécu , d’un écu, de dix, dc cinquante,& quelquefois de cent& de trois cens écus. Ils les coupent avec des ciseaux d’acier,
& les divisent en pieces plus grandes ou plus petites,selonle prix de ce qu’ils achetent. Le premier & le quinziémejourde chaque mois, & toutes les fois que les Chinois portententerrer leurs Morts, ils brûlent quantité de cordons demonnoye, & de pains faits de pâte de papier , argentez avecdes feuilles d’étain tres-déliées, & dorez avec les mêmesFeuilles vernissées de jaune. On voit à chaque pas dans lesruës-& dans les places, des hommes chargez, & des bouti-ques pleines de ces monnoyes, si bien contrefaites, que lesEtrangers qui ne sont pas informez des superstitions de cesPeuples,les prennent pour de véritables monnoyes de laiton,& pour des pains d’or & d’argent. Les Chinois les brûlent,persuadez que les cendres fe convertissent en ces fortes demonnoyes,& que leurs parens Défunts s’en fervent en l’au-tre monde pour louer des maisons-, & à acheter des vivres& des habits, & pour s’acquerir la faveur du Roy de TEn-fer, & de fes Ministres, afin de les obliger à adoucir leurstourmens, & à faire entrer leurs âmes plus promptement „non pas dans des corps de bêtes; mais dans des corps d’hom-mes considérables par leurs sciences, par leurs honneurs, &par leurs richesses.
II n’y a rien qui égale l’abondance & la bonté de la foyequ’on fait par toute la Chine. Beaucoup de Nations de TA-sie & de TEurope en sortent tous les ans avec plusieurs Ca-ravanes & quantité de vaisseaux qui en font chargez. Cetteabondance paroît par le nombre incroyable d’étosses defoye simple, ou mêlée d’or & d’argent, qui fe consumentdans tout le Royaume. L’Empereur, les petits Rois, lesPrinces, les Grands, avec tous leurs Domestiques, les Eu-nuques, les Mandarins, les gens de Lettres , les Bourgeoisriches, la plûpart des femmes,& le quart du reste des hom-mes y portent des habillemens de foye,tant intérieurs qu’ex-terieurs. Les Laquais même qui suivent leurs Maîtres à che-val , sont vêtus de satin & de damas. Les Provinces de Nan-xin & de Chekiam envoyent elles-feules tous les ans à laCour trois cens soixante & cinq barques chargées, non feu-lement d’étosses de foye & d’or, de damas, de satins & develours de différantes maniérés & de diverses couleurs ; maisencore de riches habillemens pour le Roy, pour la Reine,pour les Princes leurs enfans,& pour toutes les Dames duPalais, à quoy Ton peut ajoûterqueles centaines de milliersde livres de foye simple, ou mise en œuvre, que les autresProvinces payent chaque année de tribut au Roy, sont unepreuve de l’mépuifable quantité de foye qui fe trouve dansce Royaume.
Quant à la cire de la Chine, il n’y en a point ailleurs deplus belle, de plus nette & de plus blanche. Quoy qu’ellene soit pas si commune que celle des abeilles Test en Euro-pe , elle ne laisse pas de suffire pour le service du Roy & detous ceux du Palais,pour les Grands,pour les Seigneurs,pour les Mandarins qui sont dans Temploi, pour lqs gens deLettres, & pour les personnes riches. On la trouve en plu-sieurs Provinces, principalement en celle de Huquam,oii elleest plus blanche & en plus grande quantité que dans le&,„autres. Este y vient dans des arbres, qui font auffi grand#*que les châtaigniers d’Europe, & elle n’y est pas produitecomme la poix-raisiné dans les pins, mais par une industrieparticulière de la nature. Il y a dans ces Provinces un petit tanimal de la grandeur d’une puce,si inquiet & si prompt à femouvoir, à mordre &c à pénétrer, qu’il perce non feule-ment la peau des hommes & des bêtes ; mais encore les bran-ches & les troncs des arbres. Les plus estimez de ces animauxfont ceux de la Province de Xantum. Les habitans ramassentleurs œufs dans les arbres, & ces œufs fe convertissent auPrintemps en de petits vers, dont ils remplissent des tron-çons de grosses cannes, & les portent vendre à la Provincede Huquam . Quand í’Eté commence on les met au pied desarbres, le long defquels ils montent avec beaucoup de vi-tesse , & par un instinót admirable, ils en partagent entr’euyles branches & les rameaux. Ces petits vers étant ainsi pla-cez dans leurs postes, & toujours en mouvement, rongent,percent,& pénétrent jufqu’à la mcëlle ; & par une propriétéqui leur est particulière, ils préparent cette moelle , la pu-rifient,& la convertissent cn une cire auffi blanche que la nef