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de îa côte jusques à Goa. II y a là beaucoup de ChrétiensCariez de diverses Nations & Sectes, Italiens, François,Ale-zans, Chrétiens de la Ceinture de Saint Thomas, qui pas-sent tous fous le nom de Portugais, à qui cette ville est de-meurée jufqu’à ce que les Hollandois s’en soient rendusmaîtres. Le Pape Paul IV. y a établi un Evêché qui dépendde sArchevêque de Goa. La rade est fort ample, & a deg' ands rochers au dedans. La riviere qui arroíë ce terroir,est belle & fort grande, & aide à faire un bon Port, où lesnavires entrent du côté du Nord,dans une Iste où est la mai-son de FL vêque, magnifiquement bâtie. Qupy que cetteville soit habitée de force Gentils, il ne s’y fait aucun exer-cice que du Christianisme, & pour le faire d’une autre Reli-gion , il faut aller à Gochin le Vieux, qui est sur la mêmeriviere,bordée d’une longue suite de maisons qui font com-me un long fauxbourg. Lé trafic y est grand de tous les en-droits de i Inde. Ce qu’il y a d’incommode pour les vais-seaux , c’est qu ils font quelquefois obligez de demeurerplus de quatre mois à la barre de la riviere, à cause quefeutrée se remplit de sable qui en bouche le passage, jufqu’àce qu’il vienne de grandes pluyes, & que le vent qui chan-ge avec la saison, fasse rctirer la mer qui entraîne avec elleles ordures que ces pluyes y ont laissées.* Mandeflo, Voyagedes lnd:s
COCHINCHINE. Royaume d’Asie situé dans la ZoneTorride au Midy de la Chine. Ceux du Pays sappellentC acha ou Kacochin. Cliques Auteurs croyent que ce nomVeut dire Chine Occidentale ; & d’autres ont crû que lesPortugais luy ont donné le nom de Cochinchine , à cause defa ressemblance avec le Cochin qui est dans le Malabar. LePere Alexandre de Rhodes qui étoit en ce Pays là vers fan2625. rapporte qu’il n’y avoit pas alors plus de cinquante ansque le Royaume de Cochinchine étoit séparé duTunquin,duquel il avoit été une Province pendant sept cens ans. IIajoute que celuy qui avoit secoué le joug le premier, étoitl’ayeul du Roy qui regnoiten ce temps-là, &beau-frere duP-oy de Tunquin, qui l’avoit envoyé pour Gouverneurdans la Cochinchine, ou a prés qu’il eut demeuré quelquesannées, il se révolta & se rendit maître de cette Province,dans laquelle il se maintint à force d’armes, ayant pris leEtre de Roy , que ses succeíïèurs ont conservé. La Cochin-chine commence au 12 degré, & finit au 18. On luy donnequatre cens mille pas de longueur ; fa largeur est beaucoupmoindre. Du côté de l’Qrient, esté a la mer de la Chine; de^Occident, le Royaume de Laos ; au Midy,celuy de Cham-pa ou Campa ; & au Septentrion , 1 e Tunquin. Ce Pays estpartagé en lìx Provinces,àvec un Gouverneur pour chacu-ne , & un ressort de Justice particulier. Les principales fontcelles de Cham, deQAnchin & de Hoa. La ville où le Royfait son séjour s’appelle Kehttë. Sa Cour y est fort belle, & lenombre des Seigneurs fort grKnd. Ils sont magnifiques enhabits;mais leurs bâtimens ne sont pas bien somptueux, àcause qu’ils ne font faits que de bois. Ils ne laissent pas d’ê-tre fort cbmmodes & assez beaux, étant soutenus de forceColomnes. Le Peuple y est en assez grand nombre. Quoyqu’ist soient naturellement doux, ils sont assez bons Sol-dats. Ils ont un grand respect pour leur Roy ; qui entre-tient toujours cent cinquante.galeres, en trois divers Ports.Tes Hollandois ont éprouvé avec perte que ces galèrespeuvent attaquer leurs plus grands vaisseaux. Leur Reli-gion est la même que celle du Royaume de la Chine,auquelils éroient autrefois attachez, aussi bien que le Tunquin. Ilsobservent les mêmes loix, & presque les mêmes coutumes ,Lt ont des Docteurs comme les Chinois. Les Mandarins fontdans une grande considération chez eux, & ces Peuples sontmoins orgueilleux & plus traitables. Ils sont fort riches,par-ce que leurs terres sont extrêmement fertiles. Elles sont ar-rosées de vingt-quatre belles rivières fort commodes, pouraller par eau dans tous les endroits de ce Pays, ce qui sort àfaciliter le commerce & les voyages. Ces rivières font tousles ans une inondation réglée dans les mois de Novembre &de Decembre, & quelquefois il y en a jusques à trois, quiengraissent fort la terres, Pendant ce temps on ne va dans lePays que fur des barques. Les maisons font faites de tellemaniéré , qu’on les ouvre par bas pour donner passage àseau, c’est ce qui est cause qu’on les vpit toutes posées sui-des pilotis. II y a des mines d’or en la Cochinchine, grandeQuantité de poivre que les Chinois viennent acheter, beau-coup d e soyes qui servent ordinairement jusques aux filetsdes Pescheurs, & aux cordages des galères j & du sucre enabondance, qu’il ne vaut le plus souvent que deux sols
îa livre. Ils en envoyent beaucoup au japon, & trouvent lescanes de sucre íi bonnes,que comme on les donne â sort basprix,ils en mangent tres-communément.La terre ne produitni bled, ni huile,ni vin; mais ils ont beaucoup de choses quenous n’avons pas, & par leur frugalité, ils sont exempts de •beaucoup de maladies,que nous causent les ragoûts que l’onsert dans nos repas.
De toutes les terres du monde, il n’y a que la Cochinchi-ne où vienne l’arbre célébré qu’on appelle c alambouc. Sonbois sert à beaucoup de médecines, & est odoriférant. 11 yen a de trois sortes. Le plus précieux est appelle Calamba,&cse vend au poids de For dans le Pays même. L’odeur en estadmirable, & on l’employe pour fortifier le cœur » & con-tre toute forte de venin. Les deux autres, moindres que leCalamba ,sont V Aqutla & le C dambouc ordinaire. C’est aussidans ce seul Royaume que se trouvent certains petits nidsd’oiseaux que l’on met dans les potages & dans les viandes.
Le goût en est tel qu’ils font les délices des plus grands Sei-gneurs. Ces nids ont la blancheur de la neige, & on lesprend dans certains rochers de cette mer, vis-à-vis des ter-res , où croissent les Calamboucs. Hors de-là oti n’en trouvepoint, ce qui donne lieu de croire que les oiseaux qui lessont vont succer ces arbres, & que de ce soc peut-être mêléavec l’écume de la mer, ils font leurs nids qui sont íì blancs& qui flatent tant le goût. IIy a aussi dans la Cochinchinequantité d’arbres qui portent de gros sacs remplis de châ-taignes. Un seul est capable de charger un homme. Us neviennent pas furies branches, mais sortent du tronc de Far-bre. Le sac est une peau sort épaisse. Lors qu’on la coupée,on trouve dedans quelquefois cinq cens châtaignes , bienplus grosses que les nôtres. Ce quilles ont de meilleur,c’estune peau blanche & fort savoureuse, que 1 on tire avant quede cuire la châtaigne. Les Ananas y font fort communs.C’est un fruit beaucoup plus gros que nos melons ordinaires,
& incomparablement meilleur quand il est frais. Ils sor-tent de terre presque à la manierq des artichaux, ausquels ilsressemblent pour la feuille. Leur peau exterieure est rouge& j mne, pleine de petits yeux & de pointes. Le dedans estfort doux, & à peine un homme en peut-il manger un en-tier. Ce fruit échauffe pìû. ôt qu’il ne rafraîchit. O11 y trou-ve encore des melons d’eau, & de trois sortes d’oranges,quiont le goût de raisins muscats. Les marchandises de ce Payssont de For, de l’argent, du calamba, de la porcelaine, des •soyes,des plus beaux & des plus larges taffetas qui sc voyent,
& quelques perles. Tout ce qui s’y trouve est fin & parfait.
La connoiffance de FEvangiley fut portée en 1615; & celuyqui fut cause que l’on commença cette mission , fut un Gen-tilhomme Portugais nommé Ferdinand à Costa,qui étant deretour à Macao, d’un voyage qu’il avoit fait à la Cochin-chine, raconta aux Peres Jésuites ce qu’il avoit vû de cesPeuples doux & traitables, & capables d etre convertis. LePere François Buzoucy Napolitain, obtint aussi tôt permis-sion de s’y rendre, & il y fit de grands fruits,secondé desPeres François de Barret & François de Pina. Le Pere Ga-briel de Mattos y fut envoyé ensuite avec cinq autres Mis-sionnaires de la même Compagnie, l’un defquels étoit lePere Alexandre de Rhodes, qui a fait cinq voyages díffe-rens à la Cochinchine, dont il a connu tout le Pays. CesMissionnaires baptisèrent un grand nombre d'Idolâtres dansla Province de Cham & dans celle de Hoa. Une des princi-pales Dames du.Royaume,proche parente du Roy,embrassale Christianisme , & se fit l’appuy de tous ces nouveauxChrétiens. U ne femme de ee Prince qui les haïffoir, ne laissapas de leur susciter une cruelle persécution en 1644. & cefut en ce temps-là que le Pere André souffrit le martyre. *
Le P. Alexandre de Rhodes, Divers Voyages , li. 2, ch. 1.
COCHOQUAS. Peuples du Pays des Cafres, Ce sontquatre cens ou quatre cens cinquante familles, qui demeu-rent dans quinze ou seize villages, à u quart de lieue Fun del’autre dans les vallées de Saldanha bay , ce qui les fait aussinommer Saldan-hars. Ces vallées font à quaránte-fept lieuesdu Cap de Bonne Espérance vers le Nord-Oiiest. Chaquevillage est bâti en rond, & contient trente, quarante oucinquante familles, les maisons étant à quelque distance le sunes des autres,afin que cet entre-deux serve de parc à leurbétail. On affeure qu’ils ont plus de cent mille bêtes à cor-nes $& entre autres deux mille moutons, qui au lieu d’unelaine frisée, ont le poil long, abattu & moucheté de diffé-rentes couleurs. Ces Peuples vivent sous la conduite d’unChef,qui prend le titre de Gsd,eg«e,prétendant être Roy detous les Cafres qui demeurent autour du Cap à soixante &
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