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Tome I. [A - D.]
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® Un Tombeau fort élevé , dans lequel est enfermée une'-hâífe, enrichie par devant de pierres précieuses, de perles^ de rubis. On montre les trois corps qu’on dit être ceuxdes trois Rois qui adorerentNôtre-Seìgneur dans la Crèche.Quoy que l’on assure qu’ils y font entiers, on n’en fait voir^Ue les têtes,en l’une desquelles il y a encore un peu de poil.On lit en Latin dans un Tableau qui est là,que Sainte He-; c ne, mere du grand Constantin, ayant fait porter ces corpsa Constantinople , un Eustorgius Evêque de Milan , les fitPorter de-là à Milan; & qu’enfin ils furent transportez àCologne en 1164. par les foins d’un Renold qui en étoitArchevêque. Entre ce Tombeau & fAutel d’une Chapellequi est proche,font enterrées les entrailles de la Reine Mariede Medicis,qui mourut en ce lieu-là ,ce quia fait dire àc eux du Pays qtf en la ville des trois Rois étoit morte la merede trois Rois. Les curieux vont voir la maison où cette Reine® demeuré prés de dix-huit mois. Elle est dans une rue que1 on appelle en François la rué de l’Etoile. II y a une porte coc here, 8 c à côté une petite salle basse, où ses gardes fe met-l °ient. La courts a que la grandeur qu’il faut pour y fairetourner un carosse. Le jardin a quelque longueur, & lac hambre où elle est morte est quarrée & assez grande. Audevant est une antichambre plus petite,ensuite une chambredu commun,& une Chapelle,le tout au second étage. Toutst>n train logeoit en d’autres petits appartemens de cettesaison ; & fes deux carosses, fes chevaux & quelques valets,Noient ailleurs. II ne passoit point de charettes dans la ruea vant dix heures du matin, & onytendoit les chaînes pourJes arrêter. La seconde Eglise est celle de Saint Getion.Apô-tre du Pays,qui avec trois cens dix-huit Officiers ou Soldatsde la Légion qu’on appdloit Theb&a , fouflrit le martyre auxcampagnes de Cologne, fous les Empereurs Diocletien &Alaximien. C’est une Eglise Collégiale, aíîèz grande & bienoâtie, dont la nef est presque ronde, & le Chœur fort élevéau dessus d’une Eglise souterraine, qui est comme un cryp-îe . Les Eglises de Saint Severin, troisième Evêque de Colo-gne, en fan $68. & de Saint Cunibert, qui en fut le onziè-me Evêque en 6$o. font aux deux extrêmitez de la ville.Celle de Sainte Ùrfttle, Collégiale de Chanoines & de Cha-noinesses , n’est pas grande; mais elle est fort considérable, àc aufe des Vierges, Compagnes de cette Sainte,dont on voit'kns la Nef plusieurs Tombeaux, & autour des murs duChœur une grande quantité d’ossemens arrangez en de hau-tes armoires.il y a au bas de la Nef un petit Tombeau élevéde terre de deux où trois pieds, qu’on dit être d’un enfant,qui ayant été mis dans la terre plusieurs fois, s’en trouvatoûjours dehors, comme si cette sainte terre n’avoit pasv òulu permettre qu’aucune personne y eût été enterrée.Au bas de l’Eglife est une Chapelle à côté qu’on appelle laChambre dorée. On voit fur fAutel quantité de Têtes d’ar-gent, dans lesquelles font enfermées les têtes de Sainte Ur-sule & des principales Vierges qui l’accompagnoient. DeJous côtez dans cette Chapelle,le long des murs,haut & bas,d X a une infinité de têtes de Saints & de Saintes,même d’en-fans, dans des boëtes rondes, coupées par la moitié,couver-íesde velours ou d’autres étoffes brodées d’or, d’argent &de foye. Il y a auffi une Eglise Collégiale de Chanoines,ap-Prilée des Macbabées. On y montre les corps des sept Freresde leur Mere fur le grand Autel , & au bas de la Nef onRemarque un puits, où l’on dit que fut jetté tout ce qu’onPut ramasser du sang des Compagnes de Sainte Ursule aprésLur martyre. Aux Dominicains, qui est une assez belle &§ r ande Eglise, on voit le Tombeau d’Albert le Grand , &ion corps y est enterré. Auprès du Dortoir est la chambrede Saint Thomas, dont on a fait une Chapelle. L’Eglife desCordeliers est encore plus belle que celle des Dominicains.■Dans le Chœur où les Religieux font FOffice , derriere legrand Autel,est le Tombeau de Jean-Denis,surnommé Scot,avec cette Epitaphe. Scotia megenuit, Anglia me fufeept, Gaime do cuit , Coloni a metenet. Dans la même Eglise il yle Tombeau de George Caílander Flamand ; célébréthéologien, avec un fort grand Eloge; & dans une desChapelles on montre le corps entier d’un des Innocens tuezP® r f ordre d’FIerode. II a encore fa peau avec fa chemise,Rue le temps a rendue extrêmement fine & mince. Dans! appellée des dou&e Apôtres, on fait voir au vestibulek Tombe d’une femme,qui ayant été enterrée avec Pan-neau de fes épousailles qui étoit de prix; & deux hommesS Ul lavoient portée en terre,l’ayant déterrée la nuit pouruy ôter cet anneau, fe leva & retourna en la maison de sonar y > dont elle eut depuis plusieurs enfans. Une longue

létargíe où elle étoit tombée , l’avoit fait passer- pourmorte. Les circonstances de cette Histoire,arrivées » dit-on,en 1357. font dépeintes fur le mur voisin de la Tombe. Lamaison de cette femme s’appelle le Papegay , parce qu’il y ades Papegais peints fur la porte. Elle est située dans unegrande Place plantée de beaux ormes qui est proche de cetteEglise , & qu’on appelle Forum novum. C’est la promenadede ceux de la ville. L’Eglife de Sainte Marie du Capitole,où l’on monte par des degrez, est fort ancienne. Elle á deuxNefs, dans f une desquelles Ms Chanoines font leur Office;

& dans f autre des Chanoineífes.CesChanoinesses en certainsjours de l’année,viennent au Chœur des Chanoines,où étantles uns d’un côté & les autres de fautre ; ils psalmodient en-semble. L’Eglife des Jésuites est la plus belle de toutes. LeurMaison est bien bâtie ; mais leur College est dehors & petiu11 y a encore dans la ville d’autres Colleges possedez par desSéculiers, Lt même une Ecole de Droit. Auffi est-ce une fa-meuse Université, où l’on enseigne toutes fortes de sciences;Théologie, Droit Civil & Canon,Philosophie & Medecine.Elle fut fondée par le Sénat fan 1588. Ce Sénat,par lequel laville étoit gouvernée, fut changé en 1313. aprés une séditiondu Peuple, qui fit mourir les Consuls, les Trésoriers, &quelques autres Magistrats, accusez d’avoir pillé le trésorpublic. L’Hôtel de Ville est fort beau. Aubout d’une gran-de salle font en bois contre le mur les portraits des premiersDucs de la ville, avant que la Religion Chrétienne y eût étéétablie. Plus haut est la Chambre du Conseil, où les Magis-trats s’assemblent, & au dessus il y a un Magasin de flèches& d’arcs, dont on afsûre que les habitans fe servirent quandils allerent faire lever le siégé que Charles, dernier Duc déBourgogne avoit mis en I474.devant la ville de Nuys.On yvoit entre autres un arc,quicst une forte de machine qui í'emontoit avec quelques instrumens. Cet arc est rompu pré-sentement ; la flèche est grosse à proportion ; mais elle n’estpas pointue, & on ne s’en fervoit que pour ébranler desmurs. Cet Hôtel de Ville répond par derriere fur une gran-de Place, auprès de 1 laquelle il y en a encore une autre.L’une s’appelle Forum Vêtus , & l’autre Forum Fcenarium. Cequartier est vers le Rhin, & le plus hábité de la ville, à l’undes bouts de laquelle font les Chartreux. Saint Bruno,Fon-dateur de leur Ordre en 1086. étoit de Cologne. On voitencore la maison où ce saint Personnage demeuroit. Elleparoît ancienne en la plûpart de fes bâtimens, & il y a unjardin assez grand. Le Saint est reprefenté.en bois fur la portéde cette maison. 11 mourut dans la Calabre fan 1101. & futcanonisé par le Pape Léon X. en 1514.

Le Port de Cologne qui est fort beau,est tourné vers l’O-rientle long de la ville.II est couvert de petits vaiiïeaux.Con-stantin y avoit fait bâtir autrefois un Pont,qui alloit au tra-vers de la riviere,en descendant peu à peujmais Othon I. léfit ôtér,avec une Forteresse que lemêmeConstantin avoit faitconstruire pour empêcher les courses des Francs* ou Fran-çois , qui en ce temps-là menaçoient les Gaules de passer leRhin. Depuis on y a bâti un Monastère de l’Ordre de SaintBenoît, appe\léDuitfcben,en Latin T uitium ou Sanbh HenbernMonajlerium Tmtenfe, Rupert, célébré Ecrivain Ecclésiasti-que en étoit Abbé en 1x07. Sous l’Empereur Henry V.Sigebert rapporte que Charlemagne fit encore construiredeux Ponts à Cologne l’an 789. mais il ne reste plus de tousces Ponts aucuns vestiges qu’un peu de pierres que l’on voitau bord de seau. DeTautre côté de la ville vers l’Alemagne,il y a un petit fauxbourg où font les Juifs, avec une Syna-gogue. Ils ne peuvent entrer dans la ville fans avoir deman-dé permission, & payé un certain droit. Quant aux Protes-tans, Luthériens & Calvinistes, ils n’ont nulle liberté d’yexercer leur Religion. Leurs Assemblées pour cet exercicefe font en un lieu appellé Mulbeim,qui est au de-là du Rhin*à une demi-lieuë au dessous de Cologne. La Maison de l’Ar-chevêque est médiocre. Auffi, quoy qu’il soit Prince de laville, & Electeur de l’Empire, il n’y fait point fa résidence,& quand il y vient, il n’y peut demeurer plus de trois joursde fuite, s’il n’en a la permission des Bourguemestres. Cefont eux qui gouvernent la ville. Aprés eux il y a un Conseilde douze Bourgeois, & de vingt & un Quartiers qui fontdans la ville. On en élit deux de chacun pour le grand Con-seil , & de ce grand Conseil on en élit six pour Bourguemes-tres à vie, dont deux font en charge chaque année; puisdeux autres, & ainsi toûjours par élection. L’Archevêque ya un Sculter ou Maire & Prévôt, qui juge criminellementavec deux Echevins. Ce Magistrat ayant droit de capture &de torture, est comme le Vicomte ou Vidame de 1 Arche-

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