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a ïïez bien de ce côté-ià. Au bord de la mer est un bastionou commence un fossé avec une muraille à la moderne qui acté prolongée jufqu’au bastion de Mapane, où il y a une por-te & un pont-levis. Ce même fossé & cette muraille conti-nuent jusqu’au lac où est le bastion de Saint George, & toutecette partie-ìà est la mieux fortifiée de toute Ja ville. Le lacqui a bien deux lieues de tour, la ferme aussi par l’espace dequatre cens pas, & environ à cent pas du bastion de S. Gré-goire il y en a un autre tout proche la maison & le moulin àpoudre que fait aller un petit ruisseau qui fort du lac Sc quitraverse la ville par le milieu. De f autre côté dulac recom-mence une muraille basse qui continue jufqu’au bastion deSaint Jerôme ; mais avant que d’arriver à ce bastion on trou-pe celuy de la Mere de Dieu , la porte de la Reine Sc le bas-tion de Saint Sebastien, où est creusé un fossé que l’on a con-tinué le long du bastion de Saint Etienne & de la porte Sc dubastion de Saint Jean où est encore un pont-levis. Depuiscette porte jusqu’à la mer, on a planté un rang de palissadesPf és de l’Abbaye ; & vis-à-vis du College des Jésuites est unebelle esplanade, & entre celle de Sainte Croix & le bastionde la Douane, il y a une tres-bonne muraille. Pendant que lesPortugais étoient maîtres de cette ville , il y avoit plus deÇeuf cens Familles Nobles, & plus de quinze cens de Gens deJustice, de Marchands, & de bons Bourgeois, avec deux Pa-toisses , l’une de Notre-Dame , & l’autre de Saint Laurent,cinq Maisons Religieuses , une de Cordeliers, une de Domi-nicains, une autre a Augustins, une de Capucins, Sc le Colle-ge où les Jésuites enseignent les Humanitez & la Philoso-phie. Outre cela, il y avoit la Maison de la Miséricorde &sHôtel-Dieu. On comptoir sept Paroisses hors des murs.Tous les habitans étoient enrôlez par compagnies, les Portu-gais dans les unes, Sc ceux du Pays dans les autres. Lors qu’u-fte Compagnie de Portugais, qui d’ordinaire n’étoit que dequatre-vingt ou quatre-vingt-dix hommes, montoit la gar-de, elle paroissoit de plus de deux cens, parce qu’ii n’yavoit aucun Portugais qui ne fût suivi au moins d’un valet.
Voicy de quelle maniéré les Portugais entrerentdans riflede Ceylan,& y bâtirent la Forteresse de Colombo. L’an 15x7.Eoupo Soarez de Belgaria, voyant que tout leur réussisse»!taux Indes,& entendant vanter les richesses de Ceylan, équip-pa une petite flote, & alla droit à Colombo , qui écoit lameilleure échelle de toute l’íste. II y trouva plusieurs navi-res de Bengale, de Perse, de la Mer Rouge, & d’autres lieuxqui venoient y charger de la can elle & des élephans. II futparfaitement bien reçû de l’Empereur ou Roy de Candi, lePrincipal Souverain de l’Ifle, & luy demanda aussi tôt unheu pour y établir un Comptoir , suivant la promesse faiteautrefois par ce Prince à Dom Lorenço d’Almeida, qui yavoit abordé dés l’an 1505. II le pria aussi de luy permettred’y faire quelques retranchemens, afin que les Portugais nepussent être insultez par tant de diverses Nations qui trafi-quoient en cette Iste. La réputation que les Portugais s’é-*oient acquise dans toutes les Indes, fut cause qu’Aboe Ne-gabo Pandar, qui étoit un tres-bon Prince, leur accorda cequ’ils luy demandèrent. Tous les Negocians Etrangers vi-rent avec beaucoup de chagrin établir un Comptoir, qui futbientôt une Forteresse qui commandent fur la mer. LoupoSoarez y mit une garnison de deux cens Soldats fous le com-mandement de Jean de Sylva, avec un Facteur, un Ecrivain,& Un Aumônier ; Sc âyant pourvu fa nouvelle Forteresse detout ce qui luy parut être nécessaire pour s’y bien défendrecas que l’on y fût attaqué, il mit à la voile. L’an 1510. ony renvoya quelques navires avec du monde & des matériaux,afin d’y construire un Fort qu’on fit revêtir de pierre. Celadéplût à Aboe Negabo Pandar, qui ayant tâché d’en chasserLs Portugais, fut obligé de s’accommoder avec eux. Madu-, Roy de Ceita-Vaca , & frere de l’Empereur de Cotta ,mdigné que ce Prince souffrît que les Portugais se fortifias|bnt dans l’Iste , luy déclara la guerre, & tout le secours que1 Empereur de Cotta tira des Portugais ne put que tenir laélance égale. Aboe Negabo Pandar 11’ayant qu’une fille lamaria avec Tribule Pandar son parent. De ce mariage nâ-quit Parca Pandar, que son ayeul Âboe Negabo résolut demire son Successeur. Afin de pouvoir luy conserver les Etats,,d le mit sous la protection de Jean III. Roy de Portugal, àqm il envoya deux Ambassadeurs aveé la figure de ce jeuneI rince, & une Couronne d’or, priant le Roy de Portugal devouloir bien luy-même mettre la Couronne fur la tête decette statue. La cérémonie s’en fit avec une grande pompép ni Hï^dans la Salle du Palais de Lisbonne. Aboe Negaboandar étant mort, Parca Pandar son petit-fils prit possession
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de ses Etats ; mais auffi-tôt Raju, fils de Maduné, le poursui-vit si vivement, qu’ille contraignit de se retirer à Colombo,& d'implorer l’assistance des Portugais. Le bonheur de Rajufut tel qu’il désarma tout le Peuple du Royaume de Candi 5mais il fut repoussé avec perte toutes les fois qu’il se prefern-ta devant la Forteresse de Colombo. Parca Pandar, Roy deCandi, que ses malheurs avoient obligé de chercher une re-traite à Manar avec fa femme & íà fille unique y fut reçû parles Portugais avec toutes sortes de marques d’honneur & d’a-mitié. Ils s’y convertirent & reçurent le Baptême. Ce Prin-ce mourut peu de temps âpres ; mais avant que de mourir ilfit son testament, par lequel il déclara fa fille , qui avoit prisle nom de Catherine lorfqu’elle s’étoit faite Chrétienne, sonheritiere , & pria le Roy de Portugal de la vouloir prendrefous fa protection, aussi-bien que ses Royaumes de Candi &d’U va. Cela fut suivi de tres-longues guerres qu’essuyerentles Portugais ; & les Hollandois s’étant enfin établis aussi-bien qu’eux dans rifle de Ceylan , leur enlevèrent quantitéde Places. Apréss’être rendus maîtres de Calituré,ils vin-rent mettre le siégé devant Colombo au mois d’Octobre1655. & se logèrent à N uestra Senora d’Ayuda , qui n’étoit qu’àune portée de canon de cette ville. Ils se saisirent d’abord dequelques maisons, & lorsque la mer se fut retirée, ils firentune estacade fur laquelle ils dressèrent une batterie de troispieces de canon. Ce fut de là qu’ils donnerent le signal pourcommencer l’attaqne. S’ils s’approcherent avec beaucoup defierté, ils furent reçus de même. Antoine de Mello étoit dansla place d’armes avec cent Soldats pour aller où le besoin luyparoîtroit le plus pressant, de sorte qu’ayant entendu lebruit qui se faisoit de ce côté-là, & ayant coupé les ennemisqui s’étoient trop avancez, il en tua plus de trois mille. LesPortugais perdirent aussi beaucoup de monde, & fur toutgrand nombre d’Oíficiers. Les Hollandois continuèrentleurs approches. Ils dressèrent des mortiers,& jetterent quan-tité de bombes dans la ville. Enfin ils bouchèrent si bien lePort que les Portugais ne pouvant plus avoir aucune commu-nication par mer, ils prirent toutes les barques qui tentèrentde sortir. Ce siégé fut long , & comme on avoit permis aucommencement à tous les Paysans des environs de se retirerdans Colombo, les provisions manquant, les Assiégez firentsortir toutes les bouches inutiles, & on mit à quatre différen-tes fois prés de. deùx mille personnes hors de la ville. LesHollandois ne voulurent point les laisser passer & les repous-sèrent. Les Assiégez ne voulurent point non plus les rece-voir, de forte que tous ces misérables périrent dans les fofiez,fans que personne fût touché de leurs cris & de leurs plain-tes. Enfin le 10. de May les Portugais sortirent de Colomboau nombre de soixante & trois. C’étoit tout ce qui restoitde la garnison , les autres avoient été tuez ou estropiez. LéRoy de Candi se trouva au siégé de Colombo avec quarante.mille hommes. II s’imaginoit que les Hollandois luy remet-troient cette Place aprés qu’ils l’auroient conquise, Ôc mêmeil envoya des gens pour signer la capitulation en son nom ;mais il luy fut impossible deïien obtenir. Sitôt que ceux-cys’en virent maîtres, ils songèrent à en faire une place régu-lière. Ils abbattirent les anciennes fortifications ,& en firentde nouvelles à la moderne , mais qui enfermoient beaucoupmoins de terrein. Ils bâtirent une forte Citadelle fur la hau-teur où étoit le Couvent des Augustins, & élevèrent troisForts fur autant d’éminences qui commandoient la ville. Ilscreusèrent autour de leurs nouvelles murailles un large Scprofond fossé , qui se remplit du Lac qui en est proche, & cefossé va jusqu’à la mer, de sorte que Colombo est aujour-d’huy la place la plus reguliere qui soit dans les Indes. * JeanRibeyro, Hiji.de l’ijle de Ceylan , liv • 1. cb. 12. & hv. 2. çb. 21.& 23.
COLOMBO. Petite ville d’Afrique dans le Royaumede Congo. Elle est située environ à deux journées de Loan-da San Paulo du côté du Sud assez prés de la riviere déCoanza. Les Portugais en sont les maîtres.
COLOMBS. Bourg de France dans la Bcauce * en LatinColumba. II est situé fur la. riviere d’Eure, à une lieue deNogent-le- Roy vers le Nord, Sc remarquable par une Ab-baye que l’on y trouve. * Maty, Dift. de Hall. I701.
COLOMB Y» Petite ville de la Russie Rouge dans la Po-cutie, en Latin Colomut. Elle est située fur la riviere de Pruthvers les confins de la Moldavie , à douze ou treize lieuè’sd’Halicz, & à vingt-cinq de Leopol du côté du Sud. Cetteville que les Cosaques rebelles ont fort maltraitée, n’auroicplus rien de considérable fans les mines de sel qui sont dans
son Territoire,*Maty, Dici. de Hall. 170X.
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