Band 
Tome I. [A - D.]
Seite
690
JPEG-Download
 

6 go C O M

bordées de chênes qu’on trouve ailleurs en fort peu d’en-droits.* Olearius Voyage de Perse . lìv. 4.

COLORES Nom qu’on donné à deux grands cercles deîa Sphere , qui marquent les quatre saisons de Tannée, &dont l’un est appellé le Colure des Soljikes , 8e Tautre le Col liredes Equinoxes. Le premier en passant par les Pôles du monde,8e par les premiers degrez de TEcrevisse & du Capricorne ,marque l’Èté 8e l’Hiver. Le Colure des Equinoxes coupe lecommencement du Relier & de la Balance, 8e marque lePrintemps 8e TAutomne. Ces deux cercles ont pris leur nomd'un mot Grec qui lignifie retrancher, à cause qu’étant ca-chez en partie sous Thorison, on ne les voit jamais entiere-ment,même én la converíion de la Sphere. * Audiffret,Geogr.anc.&mod.Pomeï.

COLYMA. Province de la Nouvelle Espagne dans TE-Vêché de Mechoacan. La ville de ce même nom est fur lahauteur de dix-huit degrez & quelques scrupules aux li-mites de la Nouvelle Galice,à cinquante lieues de la Mé-tropolitaine de Mechoacan versle Sud-Oiiest. Elle fut bâtieTan 1522. parGonfalvo de Sandoval, à dix lieues de la mervers le Levant d’un mont qui vomit du feu, dans une Ré-gion riche en veines d or, 8e fertile en cacao & autres fruits.Les Espagnols louent les Naturels de cette Contrée fur tousles autres, pour la douceur de leurs mœurs, quoy que cesSauvages leur ayent autrefois fort résisté, avec leslmpilzin-ges,habitans de la Province voisine, & qu’ils n’ayent étésoumis qu’aprés de longs 8e frequens combats. La Provincede Colyma a deux Ports assez renommez avec leurs bour-gades , prés des frontières de la Nouvelle Galice. 'Les Espa-gnols appellent le premier Navidad,8c il est souvent fréquentépar ceux qui vont aux Philippines. L’autre est nommé Sanlago de Buena Ejperança , fur la hauteur de dix- huit degrez &cinquante scrupules. Toute cette Région abonde en minesde cuivre. Ce cuivre en certains endroits se trouve si mol Sefi ductile, que les habitans en font de fort beaux vaisseaux.'En d’autres il est si dur que les instrumens qu’on en fait pourservir aux usages de la campagne, coupent auífi-bien la terreque les instrumens de fer. * Laët, Defcnpt. des Indes Occid. li »y.ch. 25.

COLZIM. Montagne d’Ègypte dans le Désert de Gebel,dont Vanfleb parle dans la Relation qu’il a faite de ce Pays.Elle est à une journée de la mer Rouge, & renommée parun Monastère de Saint Antoine,où quantité de Religieuxvivent avec une grande austerité.Ce Monastère est environnéde hautes murailles bâties de briques, & n’a point de Portes.On y monte dans une machine tirée par une poulie. Sonterrain est d’environ de deux mille arpens, qui rapportentdes fruits & des herbages en abondance. II y a aussi deuxpetites vignes qui produisent du vin blanc, dont les Reli-gieux se servent à dire la Messe , & à regaler les Etrangers.Ils ont trois Eglises. La principale est celle de Saint Antoi-ne qui est fort antique ; l’autre est sous le nom de S. Pierre& Saint Paul, avec un cloéher & une cloche, & c’est la feulequi soit en Egypte ; la troisième est dédiée à un Saint deleur Ordre appellé Marc , qui étoit un Frere Lay de leurCouvent.

COM. Ville de Medie, des plus grandes & des plus peu-plées , située à trente-trois degrez quatre minutes de deça laLigne , en une plaine le long d’un fleuve, à la main droitede la montagne d Elwend ,qui se fait connoître de loin parla blancheur de son fable 8e par la hauteur de ses pointes.Plusieurs crôyentque Com est la Guriand de Ptolemée. Quel-ques Histoires de Perse témoignent que cette ville est fortancienne, qu'ellea été bâtie par Tahmous , & qu’elle avoitdouze mille coudées de tour. II y a beaucoup d’apparencequ’elle a été sort grande, ce que Ton peut juger par quan-tité de ruines & de vestiges d’hàbitations que Ton Voit toutà Tentourjmais il est douteux qu’elle soit du Temps de Tah-mous.Il y a d’autresHistoires de Perse qui en marquent l’ori-gine au premier siécle du Mahometisme.On trouvoit là septgrands villages, & Tan 83. de THegire, Abdalla Seydah ,,Calife,qui vint en ce Pays-là avec une armée joignit ces septVillages par de nouveaux bâtimens,& les enferma d’un mur,ce qui en fit une ville qui s’accrut tellement dans la fuite ,qu’elle devint grande deux so^s comme Constantinople.Mousa, fils de cet Abdalla, étant venu de Bosra à Com , yapporta les dogmes de Hâli,qu’on appelle la Religion des Chia,ou Ylmanifme. Le Peuple n’jr en a jamais depuis souffertd’aUtre. Tamerlan qui étoit d’une Religion opposée,détrui-sit la ville entierement. On en releva peu à peu une partie ;mais elle n’a commencé à refleurir que dans le seizième fié-

!

COM

cîe , & feulement depuis que le Roy Sefi y a été enterré*Abas II. son fils 8e son successeur y releguoit les Disgraciez,afin, disoit il, qu’ils priassent Dieu pour fa personne, en luyrendant grâces de la vie qu’il leur avoit laissée.

Cette ville n’a que des murailles de terre avec de petitestours sort prés les unes des autres. Les maisons sont assezpropres au dedans,quoy qu’elles ne soient aussi que de terre.Les groíîes eaux en entraînèrent mille en 1634. 8e depuis cstempsdà un pareil accident en renversa encore deux mille*Ce qu’il y a de plus remarquable à Com, ce sont les Mos-quées, dont la plus considérable est celle où Ton voit le®sépultures de C ha Sefi , & de Cha Abas II. 8e celle de SidiFatima, fille de Iman Hocen,qui étoit fils d’Ali & de FatimaZuben, fille de Mahomet. Elle passe pour une merveille»la grande Porte de cette Mosquée répond sur une Place pluslongue que large, où il y a un Caravanfera & des boutiquesqui au dehors ont quelque beauté ; un des cotez de la Placeest comme fermé dune muraille fort basse. Pâr dessus onvoit la greve & la petite riviere que Ton passe fur un Pont oU1 a même Place vient aboutir. Sur le grand Portail de la Mos-quée il y a des écritures en lettres d’or à la louange de ChaAbas Ii. Elle a quatre cours, dont la premiere est un quartelong, planté d’arbres & de fleurs comme un jardin. L’alleedu milieu est pavée,& séparée desparterrespar une balustra-de. II y a deux terrasses carrelées aux deux cotez. Elles sonthautes de trois pieds 8e de la longueur de la Cour. Sur cha-cune sont vingt chambres voûtées de neuf pieds en quarte*une cheminée 8e un portique.C’est où ceux qui reçoivent lesaumônes qu’on distribue tous les jours par la fondation de laMosquée, vont manger leur portion, aprés quoy ils se reti-rent. Ces mêmes chambres fervent d’azile à ceux qui sontdans l’impossibilité de payer leurs dettes. Ces lieux de fran-chise ne sont pas comme les nôtres , où celuy qui s’y retireest obligé de fe nourrir à ses dépens. En Perse ceux qui ontde méchantes affaires 8e qui peuvent se sauver dans cesazi-les, sont nourris du revenu de la Mosquée, ce qui donne aleurs parens plus de facilité de traiter d’accommodemenCavec les parties. De la premiere cour on passe dans une autrequi est plus grande 8e toute pavée, & de celle-là à une troi-sième qui est quarrée. Elle est entourée d’appartemens châ-cun à deux étages, d’une terrasse, d’un portique, & d'uflcanal de même que la premiere. Quatre gros arbres en mar-quent les coins, & les couvrent de leurs feuillages. De cettetroisième cour on entre dans la quatrième par un escalier demarbre dé douze marches. Le Portail qui est au haut est sortmagnifique. II est revêtu en bas de marbre blanc transparent,qui ressemble à du porphirc & à de l’agathe. Le haut qui estun grand demi-dôme,est peint de moresques d’or 8e d’azur*appliquez fort épais. Cette cour a des chambres en bas SCaux cotez,où les Moullhas ou Docteurs, & les étudians qu‘vivent des rentes de ce lieu sacré ont leur logement. Àdmilieu de la même cour est un beau bassin qui se remplitcontinuellement par de petits canaux d’une eau courante qidtombe dedans, & qui se vuide à mesure par d’autres canau*qui vont donner de seau à divers lieux de ce grand enclos*En face est le corps de l’édifice, qui consiste en trois Cha-pelles fur une ligne. Celle du milieu a une entrée magnifi-que de dix-huit pieds de profondeur. C’est un Portail demarbre blanc, dont le haut fait en demi-dôme est incrust 6par dehors de grands quarreaux de fayence peints de mo-resques , 8e par dedans tout doré 8e azuré. La porte,dont RZbattans font tout revêtus d’argent avec des appliques rappor-tées de vermeil doré, de ciselé & de lissé , est de marbrétransparent, & a douze pieds de hauteur & six de largeur*La Chapelle est octogone , couverte d’un dôme élevé. T ebas est revêtu de grandes tables de porphire bordé à la hau-teur de six pieds, & peint de fleurs tirées avec de l’or 8e deScouleurs éclatantes. Le haut est de moresques d’or 8e d’azur,fort vives 8e fort brillantes, ainsi que le fond du dôme, q uíest fort gros 8e d’une grande beauté,incrusté en dehors com-me le Portail. Au dessus s’éleve une grande aiguille, surmon-tée d’un croissant,dont les pointessontallongées&renverséf®'Cette aiguille est composée de boules de différentes gros-seurs , posées Tune fur Tautre, & paroît d’en bas avoir pl uSde vingt pieds de hauteur avec le Croissant,le tout d’orAu milieu de cette Chapelle est le Tombeau de Fatima»long de huit pieds, large de cinq 8e haut de six , revêtu decarreaux de fayence peints de moresques, 8e couvert d’u 0drap d’or qui tombe jusques en bas. II est fermé d’une gri"*;d’argent massif, haute de dix pieds, distante de demi-pm®du Tombeau, 8e couronnée aux coins de quatre grossi