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Tome I. [A - D.]
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Pommes dé fin or. Des lez de velours vert tendus fur lagrille en dedans en interdisent la vûë au Peuple, & ce n’estMe par faveur ou pour de l’argent qu’on le volt. Le plan-cher est couvert de tapis de laine , & aux grandes fêtes on en^end par dessus de foye & d’or, Au dessus de ce Tombeau,à dix pieds de hauteur, pendent plusieurs vases d’argent quimnt des especes de lampes, dont quelques-unes pestent jfss-5 u es à soixante marcs. On n’y allume point de feu,& mêmeh n’y en peut avoir,parce que ces vastes n’ont point de fond.A la grille il y a des inscriptions en lettres d’or , suspenduesmr des vélins épais de la grandeur d’une feuille de papier,filles contiennent des éloges de la Sainte & de sta Famille,^elle qui est en face en entrant est la priere qu’ont accoûtu-mé de faire tous ceux qui viennent en pèlerinage à ceSepul-Cr e. Le Pelerin en entrant baise trois fois le seuil & la grille,& se tenant de bout le visage tourné au Tombeau , il vientMoulha, de ceux qui sont là jour & nuit en service,quimy fait dire cette priere mot à mot, aprés quoy le Pelerinbaise encore la grille & le pas de la porte. On met tout l’ar-& e nt que donnent ceux qui viennent à ce Tombeau, dans unPetit coffre de fer qui est à l’entrée de la Chapelle. On Fou-Vs e tous les Vendredis, & cequis’y trouve est distribué aux£ e ns d’Eglise qui desservent ce heu consacré. Fatima ayantamenée à Com par son pere ,à cause que les Califes de•Bagdad s’attachoient à persécuter fa Famille, ainsi que tous£ e uxqui tenoient Hali & fesDefcendanspour seuls légitiméssuccesseurs de Mahomet j elle y fit faire de beaux édifìces,&Courut. Le Peuple est persuadé que Dieu Fenleva au Ciel,que son Tombeau qui a été rebâti trois fois, n’est qu’une^présentation. Ceux de S -fi & d’Abas sont dans les Chapel-Eî des cotez. Les portes dont les battans sont revêtus de la-fUes d’argent,sont d’égal diamètre au bout d’une galerielarge de douze pieds & longue de trente-cinq ; mais le Por-tail de l’une & de l'autre n’est ni si haut ni si large que celuyue Fatima. La Chapelle où est enterre A bas est un dodecago-; celle où-est Sefi est un quarré, & tous les deux font irre-§uliers. De riches tapis couvrent les Sacristies, les Galeriesêc les Chapelles. Le bas de ces Mausolées est incrusté deSoudes tables de porphire peintes d’or & d’azur. Les voti-fs sont d’une architecture délicate , & tout est peint de ri-ches moresques avec des couleurs fi vives qu’elles ébloiiif-er >t. Lsor & Fazur est appliqué par tout fort épais, en forteqssil semble que ce soit du rapport. Le dôme est percé enbas d’un double rang de vingt-quatre fenêtres. II y en a unesert grande à fleur de terre qui donne fur un jardin, & uneMire petite à Foppofite qui donne fur la Chapelle. Le vi-dage est de glaces,de cristal,peint d’or& d’argent enchâsséesse argent massif. Le Tombeau d’Abas a quatre pieds dehauteur,autant de largeur,& huit de longueur.Trois lampesfin or massif pendent au dessus. L’une est de vingt-quatreîsercs, & les autres chacune de douze. Elles tiennent à desy er ges d’argent qui tombent du fond du dôme. Ce Tom-“Cau revêtu de briques fayencées, est couvert de ee richeseqcard de Perse, le plus précieux qu’on puisse voir, quisesste huit à neuf cens livres Faune, & une housse d’écarlate^Vec une crépine d’or est par dessus. Cette housse est atta-seée en bas au tapis de pied avec un lacet de foye, quiPasse en des anneaux d’or massif. Les agraffes & les crochetshçs coins sont de ce même métal. La galerie du Tombeau? Abas a une frise qui régné tout à l’entour, fur laquelle l’é-lo ge du fameux Haly , le grand Saint des Persans,est écrit en§ r os caractères d’or. Le Tombeau de Sefi, au dessus duquelPsed aussi une lampe de fin or massif,est un ouvrage d’ivoi-se, d’ébene, de bois de Brefil, de camphre, d’aloës & d’au-re s bois de senteur. II est de rapport fait à la Mosaïque, &sepercé fur un fond de brocard d’or à champ d’or, les pie-se S qui le composent font attachées avec de petites rivûres^ or fiu. Les enchassûres , les crochets, les goupilles , lesjsends, ses fermoirs, & enfin tout ce qui joint l’une à l’autrepieces de cet ouvrage qui se peut tout démonter, sont den or massif. Le pied qui supporte le Tombeau a un listonù milieu de deux frisés, & fur ce liston est écrit en caracte-,»■? d or de rapport le soixante & deuxième Chapitre deAlcoran. Ce Tombeau est couvert du même brocard quep. u y d’Abas. Les pupitres qui sont vis-à-vis sontplians &ses de bois de senteur. Tout proche en des niches, il y aMaritjso de Livres de laLoy enfermez en des sacs de bro-serd^for. _ *

î sesete la vaisselle appartenante à ces Chapelles est d’or &£ e nt, & consiste en de grands flambeaux de cinquante ou- J Xante marcs, en bassins plats où l’on donne à manger auxTome U

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pauvres, en crachoirs, èn rechauts ,en pelles à feU, en cas-solettes , en boettes à suif & à parfum. La vaisselle d’or nesert qu’aux Fêtes. Le soir on allume dans les Mausolées Sedans les galeries plusieurs flambeaux qui brûlent jusques aujour. On en fait brûler aussi dans la Chapelle du milieu & àFeutrée. Huit Prêtres font gagez pour y lire tour à tourl’Alcoran de jour & de nuit. Douze autres font la mêmechose au Tombeau de Sefi, & vingt-cînq autres à celuyd’Abas. Derriere les Chapelles & à côté il y a des cours fortjolies, des appartemens fort bien meublez, & de petits jar-dins tres-agréables. A gauche est un grand Cimetiere dequinze cens pas en quarré, où l’on voit une infinité dc Mau-solées vieux & nouveaux , 8 c où l’on apporte des corps detous les endroits de la Perse, ce lieu étant révéré comme uneterre sainte. Les Persans l’appellent Majfouma ,qui veut direY innocente, ou la Pure , à cause de la prétendue Sainte qui yest enterrée. Il y a trois mille deux cens romans de revenu ;fçavoir quinze cens pour le Tombeau d’Abas, mille pourceluy de Sefi , & sept cens pour celuy de Fatima. Ce fontcent quarante-quatre mille livres , qui s’employent aux ré-parations de l’édisice ,ou aux meubles, à l’entretien des lu-minaires , & à celuy d’un grand nombre de Regens, d’Etu-dians & de Pauvres. Trois grands Seigneurs de Perse ontl’intendance du lieu, chacun d’une Chapelle & de son reve-nu. A côté droit de cet édifice il n’y a rien qu’un haut murde brique , bien large & bien épais. Il sert. de digue au fleuvede Com qui coule au pied, & que l’on appell efoubadgan. Cen’est qu’un petit ruisseau de source l’Eté ; mais au degel iisc grossit tellement des eaux qui tombent des montagnes,que non feulement il remplit quelquefois tout son lit,qui n’apas moins de largeur qu’en a la Seine à Paris ; mais qu’il en-tre encore bien avant dans la ville, dont le séjour est fortagréable, à la chaleur prés ; car le Soleil y est plus ardentqu’en aucun autre lieu de Perse. II y a abondance de toutesfortes de vivres & de fruits,fur tout de pistaches.Le Peuple yest fort traitable & fort civil.La ville est entourée de jardins,il y en a de fort grands de l’autre côté de l’eau. On voit en.un des plus beaux, le Mausolée de Rustan Can, Prince de laRace des Géorgiens, qui embrassa la Religion Mahométane,pour avoir le Gouvernement de ce Royaume-là. Ce jardinest une des plus ordinaires promenades de la populace deCom. II y a deux beaux Quais le long du fleuve aussi longsque la ville. Quoy qu’elle ne soit pas un lieu d’un grandcommerce, il ne laisse pas d’y avoir de beaux & grands Ba-zars, où se tiennent les Marchez. On en transporte desfruits frais & secs, fur tout des grenades, beaucoup de savonqui est le meilleur de toute la Perse, d’excellentes lames d’é-pées, & de la poterie vernissée & blanche. Ce que cette po-terie blanche a de particulier,c’est qu’en Eté l’eau s’y ra-fraîchit merveilleusement bien & fort vîte,par le moyen dela transpiration continuelle. Ceux qui veulent boire frais &délicieusement, ae sc servent d’un même pot que cinq ousix jours tout au plus. On l’humecte d'eau rose la premierefois pour ôter la senteur de la terre, & puis on le pend àl’air plein d’eau,avec un linge mouillé à Fentour. Un quartde l’eau transpire en six heures la premiere fois j puis moinsde jour en jour, tant qu a la fin les pores sc bouchent par lamatière crasse & épaisse qui est dans l’eau,& qui s’arrête dansces pores. Dés que la transpiration est empêchée dans cespots, l’eau s’y gâte, & il en faut prendre de neufs. Le Peu-ple en va puiser pour boire dans de profondes caves, dont laplupart ont quarante à cinquante marches de descente. 11y en a quantité à Com , & l’eau en est aussi fraîche quandon la tire que celle qui est à la glace. Elle fort par des fon-taines qui sc ferment au robinet. C’est un grand régalé quecette eau l’Eté,qui est d’une chaleur excessive à Com &aux environs. * Le Chevalier Chardin ,Voyages de Perse,Tom. z«Qlearius, Tome 1.

Le Sieur Paul Lucas, qui passa par cette ville au com-mencement de l’année 1701. rapporte dans son Voyage duLevant Tome z. ch. 6. que depuis deux ans cette ville avoirété à moitié ruinée par des sources d’eau qui s’éleverent dedessous terre avec tant d’abondance, qu’outre les maisonsqu’elles renversèrent, elles firent enfoncer entiereroent lesriches Mosquées que l’on y voyoit ; en forte que la violen-ce de l’eau en fit périr les plus bellesj& qu'il n’y resta qu’unseul Bazar.

COM ou c hom. Petite vssle de F Anatolie propre, en La-tin chôma. Elle est située prés de la source du Xante,environà dix-huit lieues de Patera. Cette ville étoit autrefois Epis,copale. * Maty, But. de Holl. 1701,

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