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Tome I. [A - D.]
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COM. Ville de l’Anatolie dans l’Amasie,en Latin C'ananaPontïca. Elle est située fur la riviere de Cafalmach au dessusde la ville de Tocato, & elle avoir autrefois un Evêchésuffragant de Neocelarée. * Maty, Diét. de Hall. 1701.

COMAGENE. Petit Pays dans l’Aíìe , qui a fait autre-fois partie de la Syrie. Les Anciens le nommoient AugustePhratence ou Eupbratste , 8c aujourd’huy on f appelle Az.au .Il a pour bornes du côté du Levant, TEuphrate & la petiteArménie ; du Nord, le mont Aman ; du Couchant, la Seleu-cie, - & du Midy ,1a Celefyrie. Ce Pays commence au Dé-troit qui est au dessus du Golfe d’Ajazze, & fut réduit enProvince par les Romains. Strabon dit que Samozate ..célé-bré par la naissance de Lucien , en étoit la capitale. II a eudes Rois particuliers. Josephe parle d’un Antiochus Royde Comagene, qui fut vaincu par Marc Antoine , & d’unautre qui amena du secours à Vespasien. * Davity, Etats duTare en A fie.

On donnoit anciennement le nom de Comagene à un bourgde f Autriche qu’on appelle présentement Hambourg.

COMAGRE. Istes de TAmerique dans la mer du Nord.Elles font voisines de celles qu’on appelle captïvos , & dépen-dent du Gouvernement de Panama. Ces Istes font étenduesau devant de la ferre-ferme, & dangereuses pour les Mari-niers qui les évitent, à cause qtf elles font extrêmement baf-fes. Ciste de Pmps en est séparée par un petit espace vers leSud Est. * Laët, De fer. des Indes Occid. liv. 8- ch. 11.

C O M A N A ou c omona. Ville ancienne de la Pannoniefuperieure, qu’on a auffi appellée jEmoma. Les Géographescroyent que cette ville est celle de la Carniole nommée au-jourd’huy Labacb.

COM ANE. Ville de Cappadoce nommée communémentC omane Pont:que. Elle est située fur le fleuve Iris, & on l’ap-pelle d’ordinaire Tabachz.am.ll y avoit autrefois en cette villelà six mille Prêtres avec leur Pontife qui portoit le Diadè-me , comme étant le premier de la Cappadoce aprés le Roy.II y avoit auffi des Prêtresses, 8c toute cette multitude fai-foit le Service divin en l’honneur de la Déesse Bellone. L’onvenoit de tous cotez aux Fêtes de cette Déesse, que leshabitans nommoient f/ttër'La Religion de cette même Déessedéfendoit la chair de pourceau ; en forte qu’on ne pouvoitmener aucuns de ces pourceaux dans la ville. Les Ministresde ces Sacrifices ne répandoient point d’autre sang que leleur. Ils se faignoient aux épaules, & tenant un poignard àchaque main , ils couroient par les rues comme furieux , 8cs’en piquoient les cuisses. ADavity, Cappadoce.

COMANIE. Pays d’Asie, qui est borné au Levant par lamer Caspienne, & au Couchant par les montagnes qui le féparent de la Circaffie. 11 touche lá Moscovie au Nord , & ila la Géorgie auMidy. Depuis les montagnes qui le bornentà l’Occident d'Hiver, jufqu’à la riviere de Terki, qui fait laséparation de la Cornasse & de la Moscovie , c’eíi un platPays tres-excellent pour le labourage , & ou l’on voit debelles prairies. Toutefois il est assez mal peuplé, & cela estcause qu’on ne feme jamais deux années de fuite en un mêmelieu. Entre les rivières qui tombent des montagnes du Mi-dy, il y en a une fort grande qu’on ne peut passer à gué enquelque temps que ce soit. On l’appelle Coyafou, c’est-à-direEau épaisse, parce qu’elie est toujours trouble. Son cours estíí lent, que 1 œil a peine à juger de quel côté elle coule. El-le fe va rendreainíi doucement dans la mer Caspienne au Mi-dy des embouchures du Volga. Assez prés de cette riviere,le long des côtes de la même mer, il en fort dans les moisd’Octobre & de Novembre un grand nombre de poissonslongs de quatre pieds pour la plupart. Sur le devant ils ontdeux jambes semblables à celles d’un chien, & fur le derrièrece font quatre griffes. Ces poissons n’ont point de chair, cen’est cjue graisse, avec une feule arête au milieu. Comme ilsne peuvent marcher vîte quand ils font à terre , les Paysansles assomment à coups de bâton , & en font de l’huile, dontle Pays tire un revenu fort considérable. Les Peuples de laCornasse, appeliez Comoucbs , font Mahométans de Religion,& tres-fcrupuleux. Ils habitent la plupart au pied des mon-tagnes, à cause des belles sources qui én sortent en si grandequantité, qu’jl y a des villages qui en ont jusqu a trente cuquarante pour leur part. Ce n’est pas qu’ils n’en ayent auffibeaucoup dans la plaine ; mais les larcins qu’ils font souventfur leurs ennemis , leur attirant les courses de ceux qui en-tourent leur Pays, & qui vivant de brigandage comme eux,courent incessamment fur les terres les uns des autres,ils fontbien aises d’avoir au besoin des lieux de retraite dans lesmontagnes pour y pouvoir fuir avec leur bétail» Us font ha-

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' billéz tant hommes que femmes comme les petits TartareJjI & fe contentent du drap qui fe fait en leur Pays, quoyquSfort grossier ; mais pour les toiles 8c les foyes qui leur sontneceflàirçs, ils les tirent de la Perse où ils sont aimez, à causequ’ils gardent les passages de ce côté là contre les Kalmouchs,& autres ennemis des Persans.

II n’y a ni Villes ni Forteresses dans la Cornasse, 8c tousleSvillages y sont bâtis en rond avec une grande place au mi-lieu. Le Contour intérieur est pour les chevaux & autrebétail, & le grand Contour est occupé par les maisons deshabitans, au travers defquelles leur bétail entre & fort soir Símatin, quand il va aux champs & qu’il en revient. Ces mai-sons sont toutes égales. Ceux qui tiennent rang de Gentils-hommes parmi eux, font tout le jour fans rien faire, demeu-rent assis 8c parlent peu. Ils sortent quelquefois le soir à che-val, & ont certains rendez vous où ils fe trouvent trente oUquarante pour aller faire des courses. Elles fe font non feu-lement dans les terres de leurs voisins ; mais dans leur p r °"pre Pays, & ils en reviennent avec du bétail 8c des esclaves,ne faisant point de scrupule de fe dérober l’un â l’autre toutce qu’ils peuvent. Les femmes Nobles 8c leurs filles travail-lent à la broderie ,&à d’autres ouvrages à l’aiguille. On n £boit point de vin en ce Pays-là, & on ne s’y sort ni de tabacni de cassé. Tous les Paysans font Esclaves du Seigneur dUlieu où ils demeurent, & s’occupent a travailler à la terre, &à couper du bois dont ils confurpent une grande quantité > 1cause que n’étant pas bien vêtus, ils font obligez de tenir dufeu toute la nuit au lieu où ils dorment. Les femmes so sti:tres belles 8c tres-bien faites dans Ja Comanie, & paroissestoujours fraîches jufqu’à quarante-cinq ou cinquante an?'Elles sont toutes fort laborieuses, & vont elles-mêmes querhla terre aux mines de fer qu’elles fondent ensuite, & elles e slforgent plusieurs ustenciles. Elies font quantité de broderied’or & d’argent pour mettre fur les selles de cheval, fur l eScarquois, les arcs & les flèches, fur leurs escarpins, & fur dela toile dont elles font des mouchoirs. Leurs mariages se soffsans nulle cérémonie de Religion. Quand quelqu’un a vilune fille qui luy plaît, il envoye un de lés parens pour fç 1 'voir ce qu’il donnera à son pere & à fa mere, ou à son tu-teur. Ce font d’ordinaire des chevaux ou des vaches. L’aC-cord fait, si les deux parties sont du même village, les parefl 5& le fiancé avec le Seigneur du lieu , vont au logis de la filso& la menent chez celuy qui doit être son mary. On y trou-ve un festin tout prêt, 8c quand on y a fait bonne chere #bien dansé, l’Epoux &I’Epoufe vont fe coucher fans autr ecérémonie. Si k-s Fimcezsont de differens vil âges, on v*quérir la fille de la même sorte, & on l’amene au logis de so nEpoux. Quand il arrive qu’il fe passe plusieurs années fa^que le mary & la femme ayent des enfans, il est permis aUmary de prendre plusieurs femmesl’une aprés l’autre jufq u Jce qu’il ait lignée. La jalousie ne régné point parmi eux, $plus une femme a de galans, plus elle est honorée ; mais si ^mary & la femme ne peuvent s’accommoder fur les disse-rens qu’ils ont par incompatibilité d’humeur, le Seigneur ddlieu fait vendre le premier des deux qui va fe plaindre. II & lCla même chose lorsque les voisins vont luy découvrir ìedïmauvais ménage. II fait prendre la personne qui y contri-bue le plus, 8c la fait vendre à des Marchands Etrangers q ulviennent pour acheter des Esclaves, afin qu’elle soit emme-née hors du Pays, ce qui fait voir que ces Peuples font fafamis du repos. Dans leurs funérailles tous les parens 8c a® lSdu Mort accompagnent le corps en faisant des cris 8c d eShurlemens épouventables. Les uns fe coupent le visagebras avec des cailloux tranchans ; d’autres fe jettent par terreen s’arrachant les cheveux, & quand ils reviennent deferrement ils font tout en sang. Cette efpece de fureur e"toute la cérémonie qu’ils employeur, fans prier pouf ceiffqui les engagent à marquer ce désespoir. Quand on entendJe tonnerre, tout le monde sort auffi-tôt du village, 8c tod&la jeunesse de l’un 8ç de l’autre sexe commence à chanter #à danser en presence des vieilles gens qui font assis. Si quel-qu’un en est tué, il est tenu pour un Saint, & on fenterr®honorablement. Que si le tonnerre tombe fur quelque rai-son , quoy qu’il n’ait tué personne, la famille qui y demeu-re est entretenue un an fans rien faire, 8c l’on envoye aujmtôt par tout le Pays chercher un bouc blanc le plus fo rqu’on puisse trouver. Ce bouc est nourri par ceux du viu 3 'ge où le tonnerreUst tombé, 8c jufqu’à ce qu’il tombe en ut*autre lieu le bouc est gardé en grande Génération. dsossceux de cette famille avec leurs parens vont de village en vil-lage ; mais fans y entrer, 8c ils fe tiennent dehors à danser &