Band 
Tome I. [A - D.]
Seite
706
JPEG-Download
 

706 C O N

nés ; & outre ces Dignitéz, celle de Saint Triceiz a un Au-mônier.

II y a dans les montagnes de Conserans des mines d’or,d’argent, de cuivre, de plomb, d’étain commun , d’azur deroche , d’arfenic , & des marcaffites d’or & d’argent, & l’ontrouve dans la riviere de Salat des paillettes d’or, que leshabitans du côté de Salies ont grand foin de ramasser parmile fable qu’ils séparent dans des baquets après les déborde-mens de cette,riyiere, lur tout au temps que les neiges fon-dent dans les háutes Pyrénées. Davity, en fa Descriptionde la France, observe que dans la montagne de Riverenert,on trouve des mines d’or & de cuivre fort abondantes ; quedans les vallées d’Iutou, d’Ercé & de Massat , il y en a detoutes fortes de métaux ; & qu’on y a vu des trous des fon-tes anciennes, des soupiraux larges & profonds, les égoutspour détourner & pour recevoir les eaux, avec beaucoupde meules à moudre les mines. Il eonclud que c’est-là quepeuvent être les lieux qu’on appelloit autrefois les IndesFrançoifes, où les Romains ont beaucoup fait travailler ;mais on n’y a rien fait depuis plusieurs siécles, à cause désgrandes dépenses oùl’on fe trouvoit assujetti pour faire fau-ter dés rochers montueux qui rompent les sillons des mines.On trouve dans ces mêmes montagnes quantité de chamois ,& une efpece de perdrix blanches, dont les pieds, les yeux,& le bec font rouges. Ces oiseaux ont cela de singulier, quedurant l’Eté & l’Automne ils font d’un gris cendré, & qu’àmesure que les montagnes font couvertes de neige, leursplumes blanchissent insensiblement, & demeurent blanchesjufqu’à la fin du Printemps que la neige fond , & alors ellesdeviennent grises. Les chevaux qui s’elevent dans la monta-gne de Biros font d’une grande,réputation. Ils ont la gen-tillesse des chevaux d’Efpagne, & font d’un plus grand tra-vail & d’une plus grande ressource.

Le Conserans fut habité anciennement par les Confora-niens qui s’étoient liguez avec les Volées Tectosages. JeanArnaud d’Efpagne, Chef de la Maison de Montefpan leposséda en titre de Comté. De ses Defcendans il passa à Ef-quibat Comte de Bigorre, dont Simon Comte de Montfortson oncle fut le successeur. Ce dernier céda. ensuite sondroit à Thibaut VII. Roy de Navarre. * André du Chêne,Antquitez, des Villes de France . Audiífret, Geogr. Tome a. Mémoi-res manuscrits.

CONSEYVAN. Ville de l’Inde de-là le Gange. Elle estdans le Royaume de Siam,& la principale de lalProvince quiporte ce même nom. Les Géographes la placent fur la côtede la mer des Indes.

CONSILINUM. Ville ancienne que plusieursGeographes, disent être le bourg du Royaume de Naples nommé Amcito.Quelques autres mettent cette ville à la Motta Gioiofa,villa-ge voisin. & d’autres à Cassano.

CONSTANCE. Ville d’Alemagne dans la Suabe, avecEvêché suffragant de Mayence. Elle est située fur un Lacque les Anciens ont nommé Lacas Venems>Brigantinu; & Poda-m eus , & que l’on appelle communément le Lac de Confiance.Le Rhin qui en fort,la divise en deux parties, ou plutôt sé-pare la ville du grand fauxbourg de Peterhaufen , qui futfortifié de fosscZ à fond de cuve,de deux grands bastions,dehauts remparts, de quelques tenailles, & d’ouvrages à cor-nes jettez assez avant pour empêcher toute approche , lorsque l’armée de Suede vint assiéger cetteyille en 1633. fous laconduite du Maréchal Horn. Ce fauxbourg regarde la Sua-be par où ceux de Constance craìgnoient particulièrementî’attaque de l’ennemi. Ils ne fe contentèrent pas d’avoir misen défense ce côté-là de la ville, comme le plus facile à êtreinsulté, ils l’environnerCnt toute entiere de nouvelles for-tifications, comme de grands remparts, de grandes, demi-lunes terrassées , & de fessez larges & profonds, qui'enfer-ment une grande étendue au dehors des deux fauxbourgs,défendus feulement par une simple muraille, & par un fossésemblable à ceux qui les séparent d’avec le corps de la ville.Les nouvelles fortifications enferment un grand champ,qu’on appelle Degermos où est l’ancienne Abbaye de Creutz-lingen , qui fut ruinée quand les Suédois vinrent à Constan-ce, dont ils furent néanmoins contraints de lever le siégé*.Ainsi on peut faire trois parties de cette ville, fermées d au-tant de murailles & de fortifications. La première est la plusgrande, presque lans maisons. La íeconde consiste dans lesfauxbourgs, où font plusieurs Maisons de plaisance,avec desjardins tres bien entretenus, & abondans en toutes sortes defruits. Le fauxbourg du côté du Midy n’eít pas éloigné d’uncoteau de vignes* qui fournit du vin & de l’eau à la ville, à

CON

cause de beaucoup de grosses sources que l’on y conduit &qui servent d’ornementaux Places publiques,L’Eglisc Epis-copale , dédiée à Saint Etienne , est magnifique dans tout cequ’eile contient. S.on maître Autel est un des plus beaux desEglises Catholiques de la Suisse. Sa Tour est remarquablepour fa hauteur , comme ses Cloîtres le font par des peintu-res qui reprefentent diverses Histoires. La Maison defE-vêque est aussi fort belle. On y célébra un Concile fousl’Evêque Othon III. du temps de l’Empereur Sigilmond.Les deux Eglises de Saint Paul & de S tint Jean ônt été fon-dées par l’un de ses Evêques appellé Conrad,ainsi que l’Ho-pital de Saint Maurice. La plus belle rue de Constance estcelle qui va de la grande Eglise au Pont fur le Rhin. Ohvoit à côté de cette ruë une grande Place qui sert de Mar-ché public. Une autre des plus belles rues de la même ville»finit au Môle qui s’avance vers le Lac, dont est environnéeune grande Place , où l’on décharge toutes sortes de mar-chandises qui viennent des villes situées fur Ce Lac. II a plu*de douze lieuës de long & quatre de large, & reçoit plu-sieurs rivières, & fur tout le Rhin qui en fort à Constanceavec beaucoup de rapidité. C. Fleuve à demi lieue de là f erépand dans un autre Lac appellé Zelz,ée , qui est fort navi-gable, & fur lequel passent les marchandises, qui viennentparle Rhin de plusieurs villes jufqu’à Schafhoufe. L’Eglikdes Jésuites, qui ont un Coilege à Constance, est proche leConvent des Dominicains, qui occupe toute une petite Isisjointe à la ville par un Pont de pierre. Les Carmes & le*Augustins ont âussi des Convens dans la même ville, qu’oncroit avoir reçu le nom de Confiance A^ Constantius ChloruS»pere du grand Constantin. Eile a toûjours été ville libre jjufqu’à l’an 1548. què la Maison d’Autriche l’ufurpa dutemps de Charles Quint, fous prétexte de quelques mou-Vemens de Religion. Ensuite elle fit alliance avec les Suisses»comme en étant un passage de grande importance, & uneclef de la Province» -,

À l’égard de ì’Evêché de Constance, qui est à l’extrêmitede la Suabe, entre le Lac de ce nom, l’Àbbaye de S. Gai, leTúrgow,& le Landgraviat deNellenbourg , on ne peut rie»dire de certain touchant fa fondation. Ce qui paroît le plu*feur,c’est qu’on rétablit d’abord à Windiscn,qui fut ruinée»aprés quoy Ciotaire II. Roy de France, en transporta leSiégé à Constance, vers le.milieu du sixième siécle,fous l’E-piscopat de Maximin. Saint Conrad,de la Maison d’Alrorf,& qu’on dit en avoir été le vingt-quatriéme Evêque, dònnâtout son Patrimoine à son Eglise. Marc Knoringen y unitl’Abbaye de Reichenaw en 1540. Le Chapitre est compostde vingt-quatre Chanoines ; & ses Dignitéz font celles dePrévôt, de Doyen, de Chantre & de Custode. E’EvequSn’a aucune Jurifdiction temporelle dans la ville de Con-stance,& résidé tantôt à Meríbourg, & tantôt au fauxbourgde Peterhaufen. II est Prince de l’Empire, & a fa Chancel-lerie & fes Officiers. On prétend que Saint Beat ait été stpremier Evêque de Constance, & aprés luy Saint Paterne»Ce Diocèse est d’une grande étendue. Si l’on s’en rapporteaux Relations de Boterus,outre l’Eglife Cathédrale , il e»contient vingt-deux Collégiales, trois cens cinquante Mo-nastères , dont il y a quarante-neuf Abbayes,& plus de deu£mille Paroisses. 11 observe que sous l’Empire de Sigismond»on y compta dix-sept mille Prêtres en soixante & six Doyen-nez Ruraux. Le Pays qui en dépend est fort fertile , à caustdu voisinage du Lac & du Rhin, qui facilitent aux habitan*les moyens de faire trafic de leurs denrées. Les villes les plu*remarquables de ce Diocèse font Arbon , Meríbourg, Bischofzell & Marchdorf. * Jouvin de Rochefort, Voyage d’A'lemagne & de Pologne. Audiífret, Geogr. anc. & mod. Tome 3.

CONSTANTINA. Bourg d’Efpagne dans l'Andalouík»11 est situé à quinze lieuës de Seville vers l’Orient Méridio-nal , dans de grandes montagnes qu’on appelle du nomce bourg, D Sierra de Conflantina. Quelques Géographes stprennent pour l’ancienne lporci . * Maty , Diít. de Ho/l. 1701*

CONSTANTINA. Petite ville de la Catalogne,avec uuancien Château. Elle est divisée en ville haute & en vilstbasse,& on la trouve sur une éminence prés de la mer,aufl eliei ëde Tarragone du côté de l’Occident*

CONSTANTINA CASTRA. Lieu dont Ammien MaPcelhn fait mention. Ce que cet Auteur en dit fait croire aquelques-uns que c’est Coâtances ,ville de la basse Normandie»D’autres veulent que ce soit le Pays du Cotentin, dont elstest la capitale.

CONSTANTlNE. Province d’Afrique dans le Royau-me d’Alger. Elle est fur ks eôtes de la mer, & porte 1 e