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riviere qui vient s’emboucber dedans , & qui rnêlaiht seseaux douces aux eaux salées de la mer-, contribué’ à rendrece Port commode & agréable. Depuis cette embouchûred’eaux douces où se voit le Cimetiere des Juifs, ilyaparderriere la ville une fuite preique toute droite d’une doublemuraille plate,appuyée de plusieurs tours quarrées qui con-tinue de.la forte jufqu’au Château des Sept Tours , ce quifait que la figure de Constantinople est triangulaire òxygonassez semblable à une harpe, le haut étant attaché à la terre-ferme, & les deux autres côtez étant baignez des eaux du ca-nal de la mer Noire , & de celtes de la Propontide. Son cir-cuit est d'environ quatre lieues. IIy ëh a du moins une &demie depuis les Sept Tours jufqu’à la pointe du Serrai!nommée autréfòis Acropolis. On compte cinq grands quartsde lieue, depuis cette pointe jufqu’à Aivan-Sarai, qui est unfauxbourg proche du Cimetiere des Juifs ; & de là aux SeptTours il y a encore une bonne lieuë. Ce dernier côté estvers la terre-ferme, & les deux autres font fur le bord de lamer. Tout ce circuit est ceint de murailles simples,appuyéesen dehors de tours quarrées & rondes, & en dedans des mai-sons de la ville. II est ouvert de dix-huit portés, dont il yen a cinq vers la Propontide avec leurs échelles ou petitsports & descentes, six vers le Port, auffiavec leurs échelles,& sept du côté de terre-ferme , où les murailles & les fossezfont doubles. Ces dernieres murailles furent bâties par ladiligence d’un certain Cyrus, Gouverneur de Constantinò-plesousle régné deTheodofe le jeune, qui étant jaloux dela faveur quií s’étoit acquise par là auprès du Peuple , leconfina dans un Cloître où il mourut de chagrin. Le Châ-teau qu’on appelle des Sept T ours étoit autrefois une des por-tes de la ville formée de quatre grandes tours. On l’appel-loit la porte dorée , soit parce qu'elle étoit embellie d'orne-mens dorez , soit parce que c’étoit par cette porte que femontroit la dorure de Constantinople dans les plus belles’ entrées & réceptions qui fe faisoient ordinairement par là.Mahomet Ií. ayant pris Constantinople, ajoûta trois autrestours aux quatre anciennes de cette porte, afin d’en faire unChâteau qui fût assez fort pour y conserver la meilleurepartie dp fes trésors & de ceux de ses Successeurs. C’est àquoy ce’Château a long-temps servi, mais il n’est plus au-jourd’huy qu’une prison honorable où le Grand Seigneurtient ses'Ésclavés de qualité , & les Prisonniers d’Etat. Onpermet à ceux de cës Prisonniers qui font Chrétiens de fairevenir des Prêtres qui y célèbrent la Messe dans une petite'Chapelle , & quand ils font'Chevaliers de Malte, ils ont làliberté de sortir encore de ce Château pour aller sc prome-ner à la ville ou à la campagne durant quelques jours, pour-vu qu’ún Ambassadeur ou quelque autre personne considé-rable établie à Constantinople promette de les reprefenter àla premieré réquisition du Gouverneur des Sept Tours. Audehors des murs de ce Château, proche d’une des tours quifornrloient autrefois la porte dorée, il y a deux grands basreliefs de marbre blanc, dont l’un reprefente un homme en-dormi appuyé fur son bras , Lc une Déesse qui descend duCiel tenant un flambeau. 'Dans l’autre font les neuf Muscsavec le cheval Pegasc. ...
En allant par mer du Châtéàù des Sept Toúrs au Serrai!,on trouve à main gauche une Tour quarrée qui est dans lamer, éloignée dc vingt pas des murailles de la ville. Les gensdu Pays Tappellent la Tour de Beltfsaire, & disent qùe ce grandCapitaine y fùt enfermé par f ordre de f Empereur Justi-nien qui luy fit crever les yeux , & qu’il cfioit aux passàns,en laissánt pendre un petit sac attaché avec une corde âubout d’un bâton à une fenêtre de cette Tour, Donnez, uneobole au pauvre Belijsaire , a qui Tenvie ér non pas le crime a crevéìes yeux. Port proche du lieu où est cette Tour, il y avoitautrefois un Port de Galères ôù les Empereurs Theodoiè,Àrcadrus & leurs Successeurs, ont tenu long-temps leurChidtirme , & au dessus & vis à vis de ce Port étoit unegrande Place, au milieu de laquelle on avoit élevé la belleColomnè’que l’on voit encore fur pied, mais cette Place estaujourd’htìy remplie de maisons, dont quelques-unes fontappuyées contre le piédestal de cette Goldmne,& en cachentíout-à-fait la base. Elle est de marbre , toute entourée defigures assez bien taillées, qui repreíëntent une expéditiond^Arcadms, & creusée avec un escalier par lequel 011 peutaller jufqu’en haut. On découvre cette Colomne dé dessusla mer , mais pour le Port des Galères qui étoit vis- à-vis à larive, il n’y a présentement aucune marque qu’il y en ait euun , non plus qu’un peu plus avant vers le Serrai! où Julienf Apostat en fit faire un autre qu’on appel!» de son nom k
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Ton 'julien, & depuis fe Port Sophie , parce qu’il repondoit à I»place où est bâtie TËgfiie de Sainte Sophie, En continuanttbûjours le chemin vers le Port, & côtoyant les murs de laPropontide, on ne trouve rien de considérable que quandon approche du jardin du Serrai!. Vers l’endroitoù est bâtile Kiofc du Bostangis Bachi, il y a une fontaine pour la-quelle lesGrecs Ont Une devotiëm singulière pendant touteTannée ; mais fur tout le Jour de la Tránsfiguration du Sau-veur. Ils fe rendent en foule à cette fontaine* où ils fe lavent),fe couvrant du fable qui est à Tentour, Le Kiofc du Bostan-gis Bachi ou Grand Jardinier est tout proche. Cestun pa-villon ou grand balcon còuvert qui est en dehors des murSdu Serrail, & donne fur la Propontide doftt il découvre unegrande partie austi-bien que du Bosphore de Thrace. On yentre par dedans le Jardin du Serrai!, & Ton en descend parune petite porte avec son escalier qui donné sor le bord dela mer. Àu sortir de ce Kiofc, en côtoyant toujours lesmurs de la ville qui fervent de clôture au Serrail en cet en-droit, on voit quantité de canons braquez, la plupart à fleurd’eau, pour défendre l’entrée du Port & du Serrail. Le plusgros est celuy qui tira le dernier coup à Ja prise de Bagdat,& qui obligea la ville pàr le désordre qu’il y fit de sc ren-dre à Suìtan Murat. On luy a fait faire une chambre séparéeoù on le conserve bien plus que les a titres. Q^oyque ces ca-nons soient toujours chargez, on ne les tire j-nnais si ce n’estle premier ou second jour de la Lune du Éairàm qu’on ehtire quelques-uns pour avertir les Musulmans que le Rama-zan étant fini, ils ne sont plus obligez au jeûne. Ón les tireencore aux grandes réjouissances ; mais on ne s’en sert end’autres temps que pour empêcher d’entrér. ou de sortir unvaisseau qui voudroit le faire fans ordre , ou quand quelqueOfficier remarquable de la Milice est condamné d’être jettédans la mer. Alors on en tire un en Ty j et tan t. Au milieûde ces canons est une des quatre portes du Serrail. C’est cel-le des Jardins qu’on nomme Bofian Cupi. Elle est flanquée dedeux grosses tours rondes, couvertes chacune de son pavil-lon , & accompagnées de deux grands cyprez &■ autres ar-bres qui sont en dehors le SerraiHur le bord de la mer. Aubas de ces tours, il y a deux barrières de Bostangis, qui sontles Gardes de cette porte. C’est par elle que sortent les Sul-tanes quand le Grand Seigneur les mene promener fur lécanal de la mer Noire, ou quand elles vont au Serrail déScutaret, qui est presque vis à vis de cette porte. On appel-loit autrefois cet endroit Acropolis , parce que c’est l’extrê-mné de la langue de terre fur laquelle est située Constanti-nople. Aujourd'huy on la nomme Sardi-Boufnu ,Pointe diïSerrail.
Àrrés qu’on a doublé cette pointe , & passé une petitèfontaine où la plûpart des vaisseaux vont faire de Teau, ohs’approchede deux autres Kioses que Sultan Sòliman fit bâ-tir fur le bord de la mer pour voir de là plus commodémentavec fes Sultanes toutes les entrées & sorties de fes arméesnavales, qui de son temps étoient beaucoup plus nombreu-ses & en meilleur ordre qu’elles ne le sont présentement. Lèpremier qui étoit pour fes femmes, & qui est bien plus éle-vé que l’autre -, est bâti en long fur des arcades, & composéde trois belles chambres, chacune defquelles est ornée deplusieurs petits dômes dorez , avec des maniérés de petitesalcôves, où font les Sophas garnis de matelas & de coussinscouverts de riches tapis & de toiles peintes & brodées. CesSophas ont leurs jalousies, afin que les Sultanes puissent voirde ià tout ce qu’on faitau dehors, fans courir le risque d’ê-tre vues, qui leroit grand pour elles, & pour celuy qu’orifçauroit les avoir envisagées. On entre dans ce Kiofc par de-dans le Serrail fans être vû, & les enjolivemens en font pehconsidérables en comparaison de ceux du grand Salon quiest dans Tautre, & dont le marbre , les colomnes, les jetsd’eau artificiels,-les tapis précieux, les galeries qui règnenttout à Tentour, la charmante vûë que Ton a de tous côtezau dehors , & les riches lambris dorez & cizelez qu’on voitau dedans, font une efpece de lieu enchanté. Comme onn’a placé ces bâtimens fur le bord de Teau , que pour jouisdu plaisir qu’on peut prendre fur la mer, il y a tout prochecinq ou six remises de petites Galères, grandes Caiques, &autres vaisseaux legers , qui font toujours prêts à recevoir leGrand Seigneur & fa fuite lorfqu’il veut aller fe promenerfur le canal. Toutes ces petites galères font enrichies de mo-resques & peintes de tous côtez. Les rames, avirons & crocssont auflì dorez & peints depuis un bout jufqu’à l’autre. Ahsortir de ces Kiofcs, les murs qui enferment le Serrail, com-mencent à fe léparer de ceux de la vole, & montant proche