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Trib. poteft. XXI. Pont. Max. à Batte &fane Aug. ad Oceanum.
L-Xl- 111 .
Au dessous on lit dans des caractères plus nouveauxHoc anno natw est ftfus chriflus.
On ne peut lire que le commencement de Tínfcription sui-vânte, dont le numéro est LIIII.
Tib. Cafar D. Aug. F. D. fulti neposAugujius Pontifex Max. Cof.
•Ces piliers,qui font des Milliaires, c’est-à-dire 5 des pierresqûe les Romains avoient accoutumé de mettre par les che-mins pour marquer les lieues ou les milles, font connoîtrequ’il y avoit un Temple de Janus auprès du Vêtis, aujour-d’huy leGuadalquivir, & que de ce Temple un grand che-min conduifoit jufqu’à la mer, que les Empereurs avoientfait réparer, en mémoire de quoy on avoit mis ces Inscrip-tions fur les Milliaires. Si l’on s’en rapporte à Mariana , cechemin fut fait fous le huitième Consulat d’Auguste , furquoy il dit que le nombre de cent vingt, qui est fur un au-tre Milliaire dans le Monastère des Cordeliers, fe rapporteau nombre de trente lieues, qu’il y a depuis Cordouë jus-ques à la mer, qui font six-vingt milles. D’autres croyent-que c’étoit le grand chemin d’Hercule qu’il avoit fait répa-rer, & où peut-être il n’y avoit des Milliaires que depuis leTemple de Janus jufqu’à la mer. II est vray-femblable que,ça été de ce Templé & des autres lieux publics bâtis par lesRomains,que l’on a pris les Colomnes de TEglife de Cor-douë, l’une des plus belles de toute f Espagne. EUes fûfttd’un marbre & d’un jaspe fort poli, avec des bases & des•chapiteaux tres-délicatement travaillez. On en compte qua-rantê-íix rangs dans la largeur de TEglife, & vingt deuxdans fa longueur, ce qilifait environ mille colomnes. II n’ya rien de plus beau. On voit en entrant des allées de touscotez,à la maniéré des allées d’arbres d’un Parc, où on lesauroit plantez à droite ligne. Les Chrétiens ont fait au mi-lieu de cette Mosquée des Maures,une Cnapelle qu’ils ontélevée fort haut,St enrichie de belles fculptures;mais malgréeesornemens,& la beauté dei’entablement de l’Ajtel,Char-les-Quint en la voyant regretta le grand nombre de colom-nes qu’il avoit fallu abbattre pour bâtir cetteChapelle,& dit•que si ce dessein eût été pris de son temps, il eût empêchéqu’on n’eût détruit une antiquité si considérable. Ce quimarque la grandeur de la Mofquée,c’ert que cetce Chapelle,quoyque grande, & cpmposéed’une Nef &'d’un Choeur,ne se voit point au travers des colomnes -, qui par leurgrand nombre empêchent la vûë de la discerner. Les orgues& les sièges des Chanoines font remarquables, & le Servicey est chanté entierement en musique. On y voit un chande-lier d’argent de plusieurs branches , entremêlées de petitsAnges,d’un travail fort estimé. Cette nouvelle Eglise a pourornement une haute Tour,qui en est un peu séparée, quoyque ce ne soit que de la largeur du Cloître, où font debeaux orangers, & quelques fontaines qui les arrosent.
Cordouë est une fort grande ville, peuplée de quantitéd’habitans, la plupart fort riches, & où il y a de beaux Mo-nastères, entre autres celúy des Augustins, dont la menui-serie est tres-estimée. Les Cloîtres en font fort beaux , auffi-bien que l'Hôpital & la Maison de 1 Evêque , qui est un an-cien édifice, presque comme la Mosquée,bâti de pierres detaille dans une grande ruë qui descend à lariviere. La plus.grande partie des rues font droites, larges & tres-agréables,étant distinguées de belles Places & de grands Mai chez.Lesmaisons y font mieux bâties qu’en plusieurs autres villesd’Espagne, & il y a presque dans toutes des jardins & des•fontaines, ce qui fait connoître que la Noblesse s’est tou-jours fait un plaisir d’y demeurer. Le Château que l’on ap-pelle Il Palac e del Rey , esta l’un des bouts de la ville. II y ade fort grandes écuries,où font quantité de chevaux d’An-Halouíìe, qui est la partie d’Espagne d’où les plus beauxviennent. Ce Palais est grand; mats on ne l’entretienr pas.II a été bâti du temps des Maures, qui en falsifient beau-coup d’estime.. C’est où demeurait leur Roy. L’Eglise desJésuites est fort belle,& a été faite fur le modele de SaintPierre de Rome,don t elle a toute la forme.* fournal du Voya-ge d J Ejpagne. Jouvin de Rochefort , Voyage d’Espagne & dePortugal.
Cordouë a eu des Rois Maures durant deux ou trois sié-cles. Abderame,l’un des premiers de ces Rois,ayant envoyéMuça avec une armée nombreuse contre Bermude, Roy desAsturies & d’Oviedo, qui avoit refusé de luy payer un tri-but de cent filles, à quoy Maaregat son prédécesseur s’étort,
èngagé, Muça fut tué dans la bataille, & il y pérît soixantemille Arabes, ce qui obligea Abderame à faire une Trétfeavec Bermude. Ce Prince Africain étant mort vers fan7<?a. Osman son fils fut Roy de Cordouë, & essuya de fortgrands troubles causez par son frere Soliman.qui favorisé dequelques mutins,prit le titre de Roy d’Espagne. Cette guer-re ne finit entre les deux freres que par la retraite de Soli-man,qui après aVoir été battu en plusieurs rencontres,feretira en Afrique. Osman mourut peu de temps aprés qu£Charlemagne eut envoyé Louis le Débonnaire son fils pourchasser Siad de Barcelone. Aprés fa mort, les Maures deCordouë reconnurent Aliaton son cadet pour Souverain.Ornar son aîné,qui étoit passé en Afrique pour quelque con-quête, revint promptement en Espagne, & perdit la viedans une bataille donnée à son frere, Soliman qui avoit euguerre contre Osman,y repassa peu de temps aprés avec unearmée d’Arabes & d’Africains, Sc s’étant joint à un de sesfreres nommé Abdala, il se rendit maître du Royaume deValence, Sc s’empara de Tolede, dont il fit égorger la gar-nison. Ahaton le vainquit,& luy fit couper la tête,obligeantensuite Abdala à le reconnoître pour Souverain. Fier deson bonheur, il entra dans l’Aragon , & prit Saragosse, quiétoit restée fous Tobéïssance de Charlemagne. L’an 8021.Alphonse,surnommé le Chaste,Roy d’Oviedo,défit Aliatonauprès d’Alede ; soixante mille Arabes périrent dans cecombat. II appuya aussi la révolté de deux Seigneurs Mau-res,qui donnerent bien des assures à Aliaton pendant deuxans. L’an 812. Aliaton entra en Portugal avec une arméeconsidérable, prit Lisbonne & plusieurs autres Places; maispendant qu’il assiegeoit Ledefma, Alphonse vint au secours»luy donna bataille , & aprés un sanglant combat qui dura unjour entier , fans que la victoire se sût déclarée, Alphonserentra dans ses Etats, & Aliaton fe retira à Cordouë. L’an-née suivante Aliaton ayant reçu de puissans secours d Afri-que, fit deux armées, qui furent défaites, l’une fur la rjvie-re d’Ornese;& l’autre daps la plaine de Valdemore.Tant depertes l’obligerentà faire une Trêve avec Charlemagne, Scavec le Roy d’Oviedo, & il mourut en 84a. laissant douzeenfans mâles Sc vingt deux filles. Abderame son aîné luysuccéda, Sc devint Roy de Cordouë.
Ce Prince rompit la Trêve avec Ramire ,fils d'Alphonse»Roy d’Oviedo, à la persuasion d’Idriz Roy de Fez, & dequelques autres Princes Africains, qui luy ossrirent leurassistance ; mais quoy qu’il fût passé en Espagne une multi-tude infinie d’Arabes, Ramire ne laissa pas de bazarder lecombat, & il en défit soixante & dix mille. Le nombre desprisonniers ne fut guere moindre,& à peine Abderame trou-va-t il moyen de íè sauver à Cordouë. Il fit demander laPaix, & lors qu’il l’eut obtenuë, il s’occupa à fortifier & aembellir les Places de son obéissance. II fit venir de seau»bâtit des Mosquées, & manda des ouvriers de Damas, pourétablir des Manufactures de foye. II mourut quelque tempsaprés, laissant la Couronne à Mahomet, l’aîné de quarante-deux fils qu’il avoit. Ce nouveau Roy eut guerre contre unArabe appelle Omar fils de Cacem. II le vainquit, & par íàmort il appaisà les troubles. Les Maures, acccûtunjez à laguerre,se lassèrent du repos. Les habitans de Tolede fe loû-leverent fous les ordres de Muça,fils de Cacem, qui ayantpris les armes d’abord contre les François pourquelquesPla-ces qu’ils possedoient en Catalogne & en Navarre, les tournaensuite contre les Maures mêmes, & fe fit nommer Royd’Espagne aprés avoir vaincu Aben-Hamiza & Asporzi. IIentra dans 1 Aragon,-prit Saragosse & Guefcar, passa enCatalogne, vainquit Zenofré Barcino, & assiégea Barcelo-ne en 8)2.N’ayant pû la prendre,il ruina tout le«Pays,entraen France,où il prit Narbonne, & fut poursuivi l’année sui-vante juíqu’aux Pyrénées par Charles le Chauve, qui le dé-fit , laissant fur la place un fort grand nombre de Maures.Muça fit la Paix ensuite avec Mahomet Roy de Cordouë »qui luy donna l’investiture de tout ce qu’il possedoit, à 1*charge qu’il le reconnoîtroit pour Souverain. Les Infidellesayant mis fin à la guerre qu’ils faifoient entr’eux, Muça for-tifia la ville d’Aibadia prés de Logrogno. Ordono 1. Royd’Oviedo, en prenant ombrage , parce qu’elle étoit frontiè-re de ses Etats,alla Tassieger, & Muça s’étant campé fur unemontagne pour la secourir, Ordcno le combattit. Muça furblessé en trois endroits, & mourut peu de temps aprés aSaragosse. Le Roy d’Oviedo retourna devant Albadia, quifut emportée d’asíàut. Mahomet surpris de ses conquêtes,fit la Paix avec Lot, qui pour conserver Tolede, s’étoit faicVassal d’Ordoóoj dont U tiroit un puissant secours. II luy,