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tens Grenadiers ou Fuseliers choisis fur toute son Infante-rie, & quatorze cens Chevaux d’élite, & fe rendit la nuit dupremier au second de Février deux heures avant le jour, aupied des murailles dont on approche fans peine, parce qu’el-les n’ont aucuns dehors. II fit entrer aussi-tôt par un sou-terrain qui sert à faire écouler les eaux de la ville , la plusgrande partie de fes Grenadiers qui trouvèrent un trou faitdans la voûte par les soins d’un Prêtre qui les introduisitdans fa cave, & qui les rendit maîtres de fa maison, & d’uneChapelle voisine qui étoit fur le rempart. Cette troupe,aprés s’être bien afleurée de ce poste, marcha à la ported’Ognifanlli , dont elle égorgea la Garde, & en même tempss’empara de la porte de Sainte Marguerite. Tout cela futexécuté avec tant de promptitude & si peu de bruit.que lesennemis qui entroient en foule dans la ville par ces deuxportes, en apportèrent eux-mêmes les premieres nouvelles.Ils fe dispersèrent incontinent, conduits par les guides qu’ilsavoient à leur tête, les uns fur les remparts, où ils fe saisirentdes bastions & d’une grosse Tour quarrée ; les autres dansune grande Place de laquelle ils s’emparerent, ainsi que d’u-ne batterie de canon. Pendant ce temps,la plus grande par-tie de leur Cavalerie alla à toutes jambes pour fe saisir de laporte du Pô, asin de pouvoir faire passer fur le pont le Prin-ce Thomas de Vaudemontqui étoit de l’autre côté avec dixou douze mille hommes, & cinq pieees de canon ; mais leCapitaine qui commandoit la garde de cette porte avoit dé-jà fermé la barrière fur le bruit qu’il entendoit. Àiníi lesennemis fans perdre de temps fe jetteront fur leur gauche,& s’emparerent d’une batterie de huit grosses pieees de ca-non qui défendoient le pont. Tout leur avoit réussi jusque-là. Le Maréchal de Villeroy qui commandoit dans la Place,& la plupart des Officiers Généraux avoient été faits prison-niers, ou mis hors de combat ; mais on peut dire à I’avantagede la Garnison que jufqu’aux Soû-Lieutenans tout futOfficier General. Le Soldat plein de valeur & de rage alloit delui-même charger l’ennemi, & obéïssoit ou commandoit àson Camarade selon que le besoin ledemandoit. LesRegi-mens de Bourke & Villon Irlandois, & celuy de Beau joloissortirent de leurs Cazernes la plupart pieds-nuds & en che-mise, & allerent avec une valeur presque au dessus de l’hom-me, charger la Cavalerie ennemie , qui aprés un combat deprés de quatre heures à plusieurs charges disse rentes fut con-trainte fur le midy d’abandonner le canon. Ce fut là le coupprincipal qui sauva la ville , aussi-bien que la rupture quel’on fit du pont. Cependant le Régiment des Vaisseaux, &ce qui restoit de celuy du Royal, marchèrent à la tête detoute l’Infanterie fur le rempart. Le Comte de Revel quiles conduifoit, fit attaquer la Chapelle & la maison du traî-tre Chapelain qui furent emportées de même que le bastion
dont les ennemis s’étoient emparez. On poursuivit la vic-toire,& les mêmes troupes soutenues de quatre Compagniesde Cavalerie du Dauphin, & d’un escadron du Régimentde Narbonne occupèrent la porte d’ogni-fancli, qu’on enlevaaussi avec la même vigueur. Alors on marcha à la Tourquarrée qui étoit encore défendue par une vieille Eglise &par des maisons dont les Impériaux étoient les maîtres. Ceposte fut enfin emporté aprés deux attaques differentes, &les Dragons de Fimarcon acquirent beaucoup d’honneurdans cette action. II ne restoit plus qu’à fe rendre maîtrede la porte de Sainte Marguerite pour letre de toute la vil-le , & de tout ce qui étoit dedans ; mais ce fut aussi ce queles ennemis défendirent avec le plus d’intrepidìté voyantque c’étoit leur derniere ressource. La nuit qui survint fa 7vorifa le Prince Eugene, qui n’ayant plus rien à efperer fitsortir toutes fes troupes , & abandonna enfin une entreprisedont le succès l’auroit rendu maître de la moitié du Mila-nez , & qui auroit fait périr dix-huit mille François quin’auroient pû trouver de retraite. Ce Prince étoit íì per-suadé de réussir, qu’il avoit fait préparer son souper dans laville. II fut donné aux Soldats vainqueurs avec quantitéd’autres rafraîchissemens. * Mémoires du temps.
CREMONOIS, en Latin cremonenfis Ager. Pays d’Italie,Membre de l'Etat de Milan. Du côté du Nord , il confineau Bergamafque & au Bressan ; du Couchant au Territoirede Creme des Vénitiens & à celuy de Lodi, du Milanez ;du Midy, au Plaisantin , le Pô entre-deux & du Levant auMantoiïan. II contient quarante & une villes, châteaux oubourgades, que plusieurs Nobles tiennent en fief. Quelques-Uns qui font au Midy du Pô font possedez par ceux du Du-ché de Parme. Le Cremonois a la riviere d’Oglio qui courtentre le Levant & Tramontan ; & du côté du Couchant au-T orne I.
delà de la riviere d’Adde , qui divise ce Pays de celuy cíeLodi, il est arrosé du Serio qui descend des montagnes du.Bergamafque. Le Pô passe auprès de Cremone, qui en.est lacapitale. Ses autres principales villes font Pizzighton» CaíàlMaggiore & Soncino. *Davity, Etat du Milanez ,.
CRËNÌDES. Ville de Grece bâtie par les Thasiens.Philippe de Macedoine s’en étant rendu le maître, luy don-na son nom. Ce fut prés de cette ville, célébré depuis par ladéfaite de Brutus & de Cassius, qu’il ouvrit & fouilla desmines qui chaque année luy rapportoient environ deux mil-lions de livres, somme tres coníìderable pour ce temps îà „où les revenus d’Athenes qui passoir pour 1a plus riche Ré-publique Grecque , ne montoient point jufque-là à beau-coup prés. * Tourreil, Pbilippiques de Demojihene, PréfaceUt f torque.
CREONES. Peuples anciens de la Bretagne Ultérieure»Ils étoient du nombre de ceux que l’on comprenoit parmiles Calédoniens, 8c occupoient la Province de Lochquabiren Ecosse.* Audiffret, Geogr. Tome i,
CREPA ou Lyfy. Bourg de la Morée dans la partie Sep-tentrionale de la Zaconie , en Latin Crêpa ou Liftas. Í1 est si-tué entre les rivières d’AIphée & d’Orchomene, à sept ouhuit lieues de Mantinée vers le Couchant.* Maty, Di6t.deHoll. ijûï.
CREQUI. Ëóurg òu village de l’Artois, qui a donné son,nom à une ancienne & Illustre Maison de France , en LatinC requ'mm. II est situé à trois lieuës d’Helain du côté duNord , & a titre de Duché.* Maty, D:£t. de Holl. ijoi.
CRÈRRONESUS ou C berfinefus. Ville ancienne d’Eu-rope , qu’on a aussi appellée c berfo & Heracíea , & que lesGéographes disent être celle de Topetorkan dans la TartarieCrimée. Êìle a été autrefois Episcopale, & ensuite Archié-piscopale. C’est le lieu où Saint Clement Evêque de Romefut exilé, 8c où il souffrit le Martyre l’an ioi.
CRÈSPELLANO. Bourg considérable de 1 Etat de l’.E-glise dans le Boulonnois, en Latin c rejpellanum. 11 est situé àtrois ou quatre lieuës de la ville de Boulogne du côté decelle de Modenei, * Maty , Diótionnaire de Hollande îyoi.
CRESPI. Ville de l’Ifle de France , dans le Comté deValois, en Latin crepiacum. Les ruines & masures que l’onvolt aux environs, font connoître qu’elle a été autrefoisplus longue , plus large & plus spacieuse qu’elle n’est pré-sentement. Aussi semble-t-il que ce qui est maintenant en-vironné de murailles , construit, & amassé autour du Châ-teau , n’en étoit que la clôture &Ja bassecour , lorsque ceChâteau étoit en bon état & bien bâti fur le haut d’une col-line , cîont toutefois il ne reste que quelques masses de pier-res ouvragées par endroits en certains pans de muraille 8cdu donjon , avec apparence d’une Chapelle toute détruite,&une autre plus entiere avec la Conciergerie, &le Corps-d’Hôtel où se tient l’Auditoiredela Ville, & qui sont desdépendances logeables du Château.Quelques-uns le croyentbâti par Dagobert ,& les autres penient qu’il a été fortisiéou environné de murailles du temps du Roy Robert pàr uniChevalier nommé Gautier. 11 y en a qui attribuent les com-mencemens de la ville à un Seigneur appelle Etienne de Va-lois, ou à un Jean Tristan , ou aux premiers Chefs de 1$Maison de Crespi, d’où sont sortis Thiband de Crespi dicle Riche, sous Louis le Jeune, Philippe, Guy & Gautier deCrespi freres , sous Philippe Auguste. Plusieurs en font leprincipal Fondateur > Raoul Comte de Vermandois, Sei-gneur du Valois, nommé quelquefois Seigneur du fort Châ-teau de Crespi, comme dans l'accord fait entre luy, l’Evê-que & le Chapitre de Senlis pour les droits de la Basoche ;fur quoy l’on conjecture que la ville de Crespi n’étoit ence temps-là qu’une Forteresse environnée de plus de deuxmille maisons réduites aujourd’huy à cinq cens ou environfans murailles qui en fissent une ville close. Aussi les Latinsont-ils nommé Arx & Oppidum , c’est-à-dire, Bourg , un telamas de maisons, & cela se voit en la grande place du bef-froy de Crespi, où est la Croix-Boissiere , qu’on appelle UCroix au Bourg. A un jet de pierre plus avant étoient leslogis Seigneuriaux, dont on montre encore le double mur»faiíànt partie de l’Hôtel qu’on a depuis nommé d’Orleans „où l’on découvre encore un beau frontifpiccten façon d'Ar-cade triomphale. Les armoiries de cette ville , capitale duValois, sont composées d’un Tigre noir rampant aVee troisfleurs de lis en tête & en champ d’aZur, ce qui prouve qu’el-le est des dépendances de laMaison de France. Les bâtimensy sont assez beaux, & hors la ville il y a force jardins 8clieux de plaisance, comme celuy d’Aragon, qui vient d’uiq
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