nommé Agathe d’Aragon, qui vray-semblablement sondale Temple de Sainte Agathe qui étoit autrefois un Mo-nastère de Filles, & qui est présentement Prieuré & Cu-re. Crespi a Prévôté & Châtellenie, qui reiïortissent auPrésidial de Senlis, Cette ville est remarquable par le Trai-té de Paix qui y fut conclu le 18. de'Septembre 1544. entreFrançois I. & FEmpereur Charles- Quint. * André du Chê-ne , Ant quitez. des Villes de France.
CRESSENON. Petite ville de France en Languedoc.C’est une Châtellenie Royale. Élie est située fur FQrb,dans le Diocèse de Saint Pons. * Davity, Languedoc.
CRESSENTINO. Petite ville des Etats de Savoye dansle Marquisat d’Yvrée, en Latin Cuffentinum. Elle est situéesur le Pô vis- à-vis de Veruë , & les Géographes la prennentpour Fancienne Quadrata. * Maty deHoll. 1701.
CRESSONNE. Riviere de France qui naît dans le Ni-vernois, qu’elle sépare de la Bourgogne auprès deCrona &de Tanay. Elle fe décharge dans la Loire. * Davity, Niver-nois.
CREST. Petite ville de France dans le Dauphiné, enLatin C restidmm ScCnjhm. Elle est I quatre lieues de Va-lence , & rf étoit autrefois qu un Château des Comtes deDiois & Valentinois, situé fur la riviere de Drome. 11 estfait souvent mention de la tour de Crefl dans les démêlezque ces Comtes avoient avec les Dauphins de Viennois. Onvoir aux murs de la Cathédrale une Inscription qui parled’un de ces anciens Comtes appellé Ademarin de Pittavís , &une autre un peu moins ancienne d’un certain Pierre Evê-. que de Die. Cette ville est nommée enfla dans la premierede ces Inscriptions, & Creftitm dans la seconde ; mais dans lesreconnoiífances manuscrites de la même ville, elle est appel- •lée enfla Arnaudi apparamment de quelque Seigneur quiportoit le nòm d’Arnaut. Ce nom c rifìa ou Cr fiurfi vient deTa situation à l'extiêmité de la crête d’une montagne, quis’étend depuis Grenoble jufqu'à CVest.* Voyage de Sport , U. 1.chap. 1
CRESTE. Bourg ou village de France, avecúne Abbayede même nom, en Latin Creva 8 c enfla. 11 est situé fur lariviere de Regnon dans le Baffigny en Champagne, à troislieues de Chaumont du côté de f O rient.
L’Àbbaye de Creste est du Diocèse de Langre, & fut fon-dée le 30. de Juin iiii. Elle est de fOrdre de Cîteaux &Fille de Morimond. Saint Bernard en parle dans la Lettre 346.
CRETE, iste de FEurope en la mer Mediterranée au-jourd’huy candie, du nom de fa ville capitale que les Sara-fins y bâtirent vers fan 8rz Elle eut anciennement differensnoms, sçavoir , Cureté JEr e , à cause de lâ douceur de sonair, Macaros & Macaron fe, c'est à dire > Ille heureuse. ; &c elleest célébré par tout ce que les Poètes ont dit de l'enleve-ment d’Europe, des amours de Pasiphaé , de la cruauté duMinotaure, du labyrinthe bâti par Dedale, du séjour & dela sépulture de Jupiter , 8e de plusieurs autres Fables, dontleurs ouvrages font pleins. Cette Iste a du côté du Nordf Archipel, ôe fa mer particulière appellée erotique ; du Midyla mer Libyque ou d’Afrique ; du Levant celte qu’on hom-me Carpathienne, &du Couchant f Ionique, de sorte q tf el-le est comme Reine de la mer , étant au milieu de tant demers. Este a trois Caps, Sdomone, Capo L-on^et 8 c CapoSpata. Le premier est éloigné d'Alexandrie d Egypte dequatre cens cinquante milles ; de Cy pre de quatre cens ; duPort de Jaffa de six cens quatre vingt ; de Scarpam o de soi-xante, & de Rhodes de quatre-vingt c nq. Le second estdistant de Phycunte, Promontoire ou Cap de Cyrene d’Áfrique,de vingt cinq milles, ou selon les M odernes de centcinquante ; & le troisième est à quatre-vingt milles du CapMalio de la M orée, à quatre cens de Constantinople, à troiscens de Zante, & à cinq cens du Cap d Otrante qui est dansle Royaume de Naples. Les Anciens nommoient ces troisCaps, Salomonium , Èrmicum 8 c ejamum - L’Iíle est de figurelongue 8 c étroite , s'étendant de f Est â fOiiest par un longefpace.Sa longueur,selon les Anciens,est de deux cens soixan-te & dix milles, fa largeur de cinquante, & son tour de cinqcens quatre-vingt neuf.Les Modernes les font un peu moin-dres. Cette Iste eut autrefois prertiierement quatre-vingt-dix villes, 8 c les Dorienfes en ayant encore bâti dix après laprise de Troye , elle en eut cent 3 ce qui la fit appeller Heca-toìripolU. Les principales furent Gnossus, demeure du RoyMinos, dont il ne relie plus que le nom ; Gorryna, Cydonou Cydonieì,aujourd’huy Canise,Licte,Therapné & Scyl-setion, Sa principale montagne fut ïda, aujoura huy Piiio-
riti» Les autres étoient les monts de Leuci, Dictée & deLasti. Les deux premiers fe nomment présentement Madará& Setie.
Les Cretois étoient bons Soldats* recherchoient la fa geste& la science, & s’attachoient plus au bon sens «f un discoursqu’aux belles paroles. Ils mêloient les occupations sérieuses& rustiques parmi f exercice des armes & de la chaste,& sonenseignoit aux jeunes gens en chassant par des montagnes,& même en courant & en chantant ce qu’ils dévoient faire.On les faisoit aller pieds nuds à la chaste par des endroits ra-boteux, par lesquels on les exerçóit encore à la course. Ostfaisoit auffi combattre en de certains jours diverses troupesde jeunes gens les unes contre les autres, ou à coups de main,ou avec des armes de fer, & cela fe faisoit au son de la flûte.Ces troupes étoient conduites par celuy d’entr’eux qui étoitle plus puissant, & gouvernées par le pere du Conducteur,qui pouvóitlés mener à !a chaise, les faire exercera la cour-se, & punir ceux qui refusoiçnt d’obtïr. On leur faisoit auffidanser avec les armes la Dmfe Py rrhique, inventée par Pyr-richius de Cydonie, atìn que même leurs divertissemenseussent quelque image de la guerre. Qjant à Fétude desLoix, les enfans des nommes libres y étoient instruits avecun certain son mélodieux, afin que par ce plaisir ils pussentmieux les apprendre. On avoit soin qu’ils fçûssent les Hym-nes à la louange des Dieux, 8 c les actions dcS vaillans hom-mes. Les enfans n’avoient qu’un habillement de peu de va-leur qui leur servoit f Hiver & 1 Eté. Les autres étoient vê-tus & chaussez d’une maniéré guerriere comme la Loy for--donnoit. Pour ce qui regarde leurs repas, les hommes as-semblez en diverses troupes, les prenoient publiquementpauvres 8 c riches mêlez, atìn que tous se jugeassent de condi-tion égale. Ceux qui étoient d’un âge parfait, mangeoientaffis fur des íieges, 8 c les plus jeunes à terre , & s’il y avoitquelque Etranger , ils luy donnoient la plus honorable pla-ce. On le servoit le premier, & aprés luy l’Archonte ouïePrince, ì qui on servoit quatre portions, f une pour en fairepart à ceux qu’il confideroit le plus, Fautre pour luy, latroisième pou r ses Domestiques , & la derniere poufluy ai-der à fe meubler. Ils avoient deux maisons où se faisoientleurs festins, lune pour Ceux du Pays,f autre pour ses Etran-gers. On donnoit une portion égale à chacun, à la réservédes jeunes qui rfen avoient qu’une demie de chair, fansqu’il leur fût permis de toucher aux autres viandes. Onmettoit en chaque table un pot de vit) mêlé d’eau, dont tousceux de cette table bûvoient. Qjand il étoit vuide ouquand ils avoient soupé, on en apportoit un autre. LesVieillards pouvoient boire davantage s’ils vouloient. II yavoit une femme qui préíidoit au festin , & qui prenant lesviandes comme il luy plaifoit, en servoit aux plus sages &aux plus vaillans. Le festin fini, ils parloient premierementdes affaires publiques, & ensuite de ce qui s étoit passé enleurs guerres, loiiint ceux qui s’y étoient portez courageu-sement, & exhortant les jeunes à les imiter. Ils avoient desEsclaves appeliez Ephamietes, & quand ces Esclaves faisoientleurs festins durant les fêtes de Mercure , ils étoient servispar leurs Maîtres. Les plus anciens habitans de Crete,ap-peliez E teccntes, inventèrent plusieurs choses utiles à la viedes hommes, ce qui lesfit mettre au nombre des Dieux. LesDuctiles Idées trouvèrent en cette Iste f usage du feu, la na-*turc du fer & de Fairain, avec la maniéré de le fondre, &íesCuretés firent connoître comment il falloit amasser les trou-peaux des bêtes. On leur doit auffi la maniéré de trier lemiel & de s’en servir, de lancer un dard , de chasser 3 & devivre ensemble par troupes. Ceux de cette Iste surent lespremiers qui sc firent admirer par la navigation, & qui seservirent en guerre de flèches faites de roseaux. Ils s’y ren-dirent tellement adroits qu'avec ces armes ils chafsoient or-dinairement leurs ennemis. On faisoit un fort grand état del’arc Cretois. Ils userent auffi d’épées, & armèrent leur têted’une maniéré de casque. Ils eurent grand soin de nourrisforce chevaux , ayant été les premiers qui ayent fçû rangesleur Cavalerie par Escadrons. Leur puissance fut telle sousleur Roy Minos, qu’ils devinrent maîtres de la mer, donsils perdirent ensuite FEmpire, Du temps de Pompée ilsdonnèrent beaucoup d’exercice pendant trois ans aux ar-mées Romaines, par le moyen de vingt-quatre mille jeunesCretois qui avoient pour Chefs Panare & Lasthene, & quiétoient vîtes comme des cerfs & des plus adroits à tirer desflèches. Us sc servoient de flûtes au lieu de trompettes estleurs guerres,& combattoient même au son de la lire. Avantqu’ils entrassent au combat, ils pat oient leurs plus bell« s