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Tome I. [A - D.]
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CUN-ïON. Les Anciens appelloient ainsi le Cap de laSardaigne qui porte aujourd’huy le nom de F errata.

CUPA MONTANA. Ville ancienne du Picenum. Ontient que celle de Ripa , qui est dans la Marche d’Àncone enItalie , a été bâtie de ses ruines.

CUPRI MONS. Montagne de Suede, qu’on appelle àprésent Coperberg.

CUPRIMONT 1 UM Nom ancien de la ville dé Kopersberg•dans la Suede.

C’est aúffi celuy du bourg de Kupferberg qui est en Franco-nie ; & de la ville appellée aufli présentement Kupferberg, &qu’on trouve dans la Silesie.

CURACAO. Ifle de l'Amerique Méridionale,à iz.degrez& 40. scrupules de la Ligne vers le Nord, & éloignée deneuf lieues de Oíle de Bonaire, d’où on la voit dans untemps ferein.Elle s étend entre le Nord-Oiiest & le Sud-Est,& a de circuit neuf ou dix lieues. Il y a plus d’habitans quiBonaire,à cause que son terroir est meilleur.Us f employeurà y nourrir du bétail, & font tous les ans force fromages,dont ils ont un seur débit à la Terre-serme où ils les portent.11 y a moins d’arbres dans cette Iste que dans l’autre. Elle aune large Baye du côté du Nord- Est; mais les falaises font sidroites que fancrage y est incommode pour les grands na-vires. Les Hollandois enlevèrent liste de Curaçao aux Estpagnols fan 1632. C’est la meilleure qu’ils ayent dans les In-des Occidentales.

Au Sud de la partie Méridionale de cette Iste, est un bonhavre , nommé Santa Barbara ; mais le principal est à environtrois lieuës du Sud-Est de liste du côté de la partie Méridio-nale , où est une tres bonne ville, avec une forte Citadelle.II y a deux montagnes à f Orient, & Tune est beaucoup plushaute que f autre, & plus escarpée du côté du Nord. Lereste de liste est assez uni. De riches Marchands ont bâtidepuis peu des Manufactures de sucre dans ces lieux, quictôient autrefois des pâturages pour le bétail. On y en voitquantité avec de petites plantations de patates & d'yames.Cependant cette Isle est beaucoup moins estimée pour leschoses qu’elle produit, que pour l’avantage de íà situation,qui luy facilite le commerce avec les Espagnols. Le havren’étoìt jamais autrefois fans vaisseaux de Cartagene , & dePorto Belo , qui d’ordinaire achetoient des Hollandois milleou quinze cens Negres tout à la fois ; mais les Anglois de laJamaïque fe font emparez depuis peu de ce commerce. En-tre Curaçao & Bonaire,il y aune petite Isle que l’on appellele petit Curaçao. Ellen’est pas à plus d’unelieuë du grand.*Dampier, Voyages autour du monde .Tome 1. ch. 3, Laët, De fer.des Indes Occiâ. lu 18. cb. 16.

CURATAY. Riviere de l’Amerique qui a son cours en-tre celles de Mapo & de Maragnon. Son origine est dans laContrée de Macas de la Province de Kixo, & elle fe renddans le grand fleuve des Amazones, du côté du Mìdy , àdeux degrez de latitude Méridionale. * Le Comte de Pagan,Relat. Htst. & Geogr. du fleuve des Amazones.

CURATEO. Iste de l’Amerique, l’une desLucayes.EIIeest située au Sud de celle de Ciguateo, à la hauteur de 26.degrez, selon ce qu’en écrit Herrera, & distante de Guanimad’environ huit lieuës vers l’OLiest, &de la Ligne 26.degrez& dix scrupules. On y trouve de l’eau douce en quelquesétangs.

CURCE. Riviere de France quì coule dans l’Auxerrois.Elle vient du côté de la Haute Bourgogne, & fe déchargedans l’Yonne à six lieuës d’Auxerre. * Atlas.

CURDISTAN. Contrée en Asie qui s’étend partie dansla Grande Arménie, & partie vers la Perse. On l’appdleauffi c ordene & Cordoiiene , & Pays des Cordiaques ouCordians ,en Latin Curdi , curdia & Curdijtama. Jean Léon nomme cesPeuples c urdu , & quelques autres Courdmes. Ils font descen-dus des Chaldéens & des Mésopotamiens, selon quelques-uns , qui fe sondent fur ce que l’on trouve au Pays de Bag-dat, de Chaldée, de Carahemid Sc de Diarbekir , plusieursPrinces des Curdes, & même les Turcs & les Perses, nom-ment la Chaldée c urdtflan ou Pays des Curdes. Ils possedent laville de Bitiis & d'autres Citez, ainsi que quelques monta-gnes du Pays de Corduene, Sc une partie du Tauc, selonAnanie. Ils ont auffi la ville de Manuscute. La plupart desCurdes vivent dans des cavernes avec une grande simplicité,& toutefois ils volent ordinairement les Turcs & les Per-sans. Comme ils ne recueillent aucuns fruits de la terre , ilsse nourrissent du lait, du beurre & de la chair de leurs trou-peaux. Ils s’entretiennent presque toujours en guerre les unscontre les autres, & i.s la font íi cruellement, que Sherley

E alîânt un joûf par le Pays d’un Prince des Curdes, nomméìiderbeague, trouva que tout son Peuple avoit été mafia-cré,ou emmené captif par un autre Prince qu’on appelloitCobatbeague , & qu’Hiderbeague étoit demeuré dans unrocher, n’ayant que vingt hommes avec luy. Leurs armesfont des arcs & des flèches, des boucliers & des cimeteres,& avec les Turcomans ils peuvent faire prés de cent millehommes. Ils ont plusieurs Princes, dont les uns reconnoif-sent le T ure, & les autres le Persan, selon qu’ils sont voisinsdel’un ou de l’autre. Dix mille Curdes qui étoient sujetsdu Turc, abandonnant leurs Contrées, demanderent unautre Pays à Cha-Abas qui les reçût favorablement, ce quicauíà une grande guerre entre les T ures & les Perses. Quoyque ces Peuples reconnoissent ces deux Princes, ils ne lais-sent pas de vivre libres, & les Sangiacs ou Seigneurs desCurdes sujets au T ure, ne font pas établis comme les autresSangiacs} mais ils font semblables aux Vaivodes de Trans-ylvanie , de Moldavie Sc de Valaquíe, qui doivent être filsde grands Seigneurs, nez dans la Province, & élûs par lesplus Grands & par les Peuples. L an 1684. ils vinrent ren-dre obéissance au Roy de Perse, &' luy aidèrent à prendreBagdat. Quelques-uns les font tous Mahométans à la Tur-que ; & d'autres disent que leur Religion est mêlée de celledes Turcs , des Persans, des Chrétiens,des Nestoriçns & desJacobites. Ils rendent honneur au Diable, afin qu’il ne nuisenia leurs personnes ni à leurs bestiaux,ce qui est cause qu’onappelle leur Contrée le Pays du Diable. Ils usent de cruautéenvers toutes sortes de Chrétiens, & quoy qu’ils n’ayentjamais voulu être de la Secte des Persans, ils ne sont pastoutefois amis des Turcs. 11 y a proche de Manuscute, unHôpital dédié à Sain Jean-Baptiste, fréquenté des Turcs& des Chrétiens, dans la pensée que celuy qui y donnequelque chose, aura toute forte de bonheur. *Davity, Ar-ménie.

Tavernier dit que le Curdistan,qui étoit autrefois l’Assy-rie, s’étend le long du rivage Oriental du Tigre, depuis leLac de Van jufqu’aux frontières de Bagdat, & que ses villesprincipales font Ninive, Cherezoul, Amadié,Sneïrne,Betlís& Salmatre.

CURDO. Longue chaîne dé montagnes qui fait partie dumont Taurus, en Latin Curdtus mons. C’est le N yphates ouN yphates mons des Anciens, Cette chaîne de montagnes a sonétendue depuis l’Euphrate jufqu’à celles de Tchildir,qu’onappelloit anciennement Monts cajpiens. Ces montagnes, quiféparoìent autrefois la grande Arménie de la Mésopotamie ,& de l’Assyrie, séparent aujourd’huy entre l’Euphrate & leTigre, la Turcomanie du Diarbecx,aprés quoy elles tra-versent le Pays des Curdes, d où elles prennent le nom deCurdo. * Maty , Diít. de Holl. 1701.

CURE. Riviere de France en Bourgogne, en Latin curaSc choia. Este a fa source entre de grands bois du côté d’Au-tun, & va fe décharger dans f Yonne , aprés avoir reçu leCousin & deux autres rivières. * Atlas.

CUREN ou Curow. Bourg de la Livonie dans le Duchéde Curlande,en Latin Curiall est situé à l’embouchûre de lariviere de Massa dans le Golfe de Riga, huit lieuës au des-sous de Mittaw. C’étoit autrefois une ville Episcopale fousla Métropole de Riga. * Maty , Diâ. de Holl. 1701.

CURES. Ancienne ville d’Italie, qui fut capitale de laSabine. Elle étoit au lieu où l’on trouve aujourd’huy Curefe,en remontant contre le courant du Tibre, entre les deuxbras de la riviere Hymela. C’est la Patrie de Numa Pompi-lius , second Roy de Rome , & de l’Empereur Titus. Oncroit que Médius Fidius ia fonda fan 3307. du monde, & leseptième de la fondation de Rome. C’est de cette ville deCures que les Romains prirent le nom de Quintes ,aprés queTatius Roy des Sabins feut quittée^itour venir demeurer aRome avec fes Peuples. Selon Leandre Albert!, la ville deCures étoit bâtie dans l’endroit où est le village appelle Torre.* E. D. R. Nouveau Voyage d'Italie , Tome 2.

CURETES. Peuples de l’Ifle de Crete, originaires dumont Ida, aufquels Rhea confia la garde de Jupiter encoreenfant. Us celebroient leurs Fêtes au son des instrumens,demême que les Corybantes,& furent les Ministres de Cybele.Ces curetés ont été regardez comme propres à l iste de Crete,parce que le culte qu’ils obfervoient,passa de cette Iste dansle reste de la Grece & dans l’Italie.* Danet, Antiq. Grec.&

Romaines. . , . ■ -e

Plutarque, dans la Vie de Solon, dit qu’Epimenides natirde Crete, fut appelle le Ctirete, par excellence. Ce root neveut dire en cet endroit quun habitant de liste de Crete.Le